Mercredi 24 janvier 2007
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L'hiver 1954 fut un hiver terrible. La neige pour un temps
avait étendu son blanc manteau sur la montagne limousine mais un vent glacial soufflant du nord avait accroché une glace tenace sur toutes choses . Un monde iréel qui clouait dans leurs
maisons les bêtes et les gens .
Au collège Lakanal les élèves, les internes, n'étaient pas mieux lotis. Des chandelles pendaient aux
robinets des lavabos et seuls les téméraires tentaient de faire une toilette des plus sommaires. Une fine couche de givre recouvrait les couvertures, tout était glacé. A cette époque là il y
avait beaucoup de pensionnaires et une annexe avait été ouverte dans les locaux de l'école communale. Seuls y demeuraient les 'grands' élèves. Au petit jour alors qu'il fallait aller déjeuner et
se rendre en cours, ils sortaient et remontaient très vite la rue générale. A l'angle qui faisait le coin entre le collège et l'hôtel Nony, les téméraires qui s'étaient risqué à faire une
toilette de chat, voyaient leurs cheveux gelés et sur la peau de leurs visages se cristallisaient de petites étoiles de glace.
Le Principal du Collège , Mr Melou, avait à sa façon répondu à l'appel radiophonique de l'abbé Pierre.
Mr Melou était un homme rude, très autoritaire, craint des élèves......mais à ses heures il était poéte et musicien.
Et une chorale spéciale dirigée par Mr Courtaud chantait toutes ses chansons.
Je n'ai pas connu cette époque là , j'étais encore à l'école primaire. Mais mes frères et soeurs ont encore en tête
deux de ses nombreuses chansons:
Les papiers jaunis..... chanson triste et mélancolique au possible
et la ballade des Sans Logis
Elina s'est souvenu de quelques paroles.
La ballade des Sans Logis
Vous qui dormez au chaud dans vos maisons
Quand vous rêvez pendant la nuit
En cauchemars vos rêves tourneront
Si vous pensez aux sans logis
Mon fils dort sans berceau
Faut pas crier misère
Et surtout pas pleurer
Le jour viendra bientôt
Où sur toute la terre
Luira pour tous la liberté.
………………….
Max Melou
Je voulais par ce témoignage rendre hommage à l'abbé Pierre, à cet homme héros malgré lui qui n'a vécu que pour les autres.
Lu dans la presse hier
Emotion générale après la mort de l'abbé Pierre
22.01.07 | 17h04
PARIS (Reuters) - Les réactions émues se sont multipliées en France après le décès lundi de l'abbé
Pierre, ardent défenseur des sans-abri et fondateur du mouvement Emmaüs, pour qui un deuil ou un hommage national devrait être organisé.
De son vrai nom Henri Grouès, celui qui fut longtemps la personnalité préférée des Français, jusqu'à
ce qu'il demande à ne plus figurer dans les enquêtes de popularité, est mort à 5h25 à l'hôpital parisien du Val-de-Grâce, où il avait été admis le 14 janvier pour une bronchite. Il avait 94
ans.
"LOI DU TAPAGE"
L'association des Enfants de Don Quichotte, qui a contraint le gouvernement à prendre des mesures
d'urgence pour les mal-logés en établissant des campements à Paris et en province, a jugé qu'"il y a urgence à donner raison à l'abbé Pierre".
Les Enfants de Don Quichotte ont demandé dans un communiqué l'application immédiate des promesses
faites le 8 janvier par le gouvernement, dont l'ouverture de 27.000 places d'hébergement.
Pour l'ancien ministre socialiste et fondateur de Médecins sans frontières Bernard Kouchner, le prêtre
à la barbe blanche et à l'éternelle soutane avait "inventé la loi du tapage" pour faire avancer la cause des déshérités.
L'abbé Pierre est resté célèbre par l'appel à "l'insurrection de la bonté" qu'il avait lancé le 1er
février 1954, pendant un hiver particulièrement rigoureux, en faveur des sans-abri et des mal logés, après la mort, à cause du froid, d'une femme sur un trottoir du boulevard Sébastopol à Paris -
un épisode dont a été tiré un film.
"Chaque nuit, ils sont plus de 2.000, recroquevillés sous le gel, sans toit,
sans pain, plus d'un presque nu", déclare-t-il alors sur les ondes de Radio-Luxembourg, ancêtre de RTL.
"Il faut que ce
soir même, dans toutes les villes de France, dans chaque quartier de Paris, des pancartes s'accrochent sous une lumière dans la nuit, à la porte de lieux où il y ait couvertures, paille, soupe et
où on lise sous ce titre, 'Centre fraternel de dépannage', ces simples mots : toi qui souffre, qui que tu sois, entre, dors, mange, reprends espoir, ici on t'aime",
ajoute-t-il.
Cinquième enfant d'une famille aisée - son père était négociant en textile à Lyon - Henri Grouès avait
été saisi par la vocation religieuse dès l'adolescence et était devenu franciscain.
Il s'était engagé dans la Résistance pendant l'occupation allemande de la France, sous le nom d'abbé
Pierre. Il avait alors caché des juifs et rencontré le général Charles de Gaulle, chef de la France Libre, en 1943 à Alger. Après la guerre, il avait été député de Meurthe-et-Moselle de 1945 à
1951.
Le cercueil de l'abbé Pierre sera exposé à partir de mercredi dans la chapelle de l'hôpital du Val de
Grâce.
Ses obsèques auront lieu en fin de semaine, a-t-on précisé à Emmaüs France, où l'on a évoqué la
possibilité d'une messe à Notre-Dame-de-Paris. L'abbé Pierre sera ensuite inhumé dans la plus stricte intimité à Esteville, en Seine Maritime, où le mouvement Emmaüs possède une
"halte".
Jeudi 9 novembre 2006
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Entendu dans l'émission 'En aparté' de Pascale Clark, Guy Bedos demande l'indépendance de l'île Saint-Louis (il y habite!) et il voudrait en être le gouverneur!!!
Qu'il fasse gaffe!! cette île là aime la liberté!
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Aujourd'hui 13 octobre Montand aurait 85 ans. Né en Italie à Monsummano en 1921, il nous a quitté un jour gris de novembre 1991. J'étais dans la foule d'anonymes qui l'ont accompagné au Père Lachaise.
J'aimais ce chanteur et cet acteur aussi.
Une chanson à partager avec vous que je chantais quand j'étais petite.... cet air de liberté et de mystère du monde gitan me fascinait.
Et de ma vie d'enseignante j'ai le souvenir très fort de deux gamins gitans Fortuné et Marco avec qui le mot partage avait une grande signification! Je leur apprenais à lire et eux m'apprenaient le manouche ! Que de souvenirs émouvants!
Jeudi 9 novembre 2006
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Il y a des coïncidences troublantes......
je ne sais si vous avez vu le lien que j'avais mis à Louis Martin dans ma nouvelle 'Recherche Line désespérément....
Louis Martin fut un des premiers en 1916 à manifester énergiquement son indignation à propos de ce génocide arménien.
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M. Louis Martin, Sénateur du Var,
à M. de Margerie, Directeur des Affaires politiques
Lettre.
Sans lieu ni date.1
J'ai l'honneur de vous envoyer ci-inclus une lettre sur l'Arménie pour M. le Président du Conseil. M. le Président a préféré cette procédure à celle de la question à la Tribune, cette lettre et la réponse devant être ensuite communiquées à la presse, dans les termes dont nous conviendrons. J'ai voulu laisser à M. le Président, car notre conversation est déjà ancienne, le temps de régler d'autres questions urgentes avant mon retour.
Sentiments distingués et haute considération.
(Archives du ministère des Affaires étrangères, Guerre 1914-1918, Turquie, tome 888, folio 67).
Annexe
M. Louis Martin, Sénateur du Var, à M. Aristide Briand, Président du Conseil,
Ministre des Affaires étrangères
Lettre.
Sans lieu ni date.
Tandis que les événements les plus favorables à la grande cause de la civilisation se produisent, diplomatiquement et politiquement, sur tous les fronts, les événements les plus douloureux pour l'humanité continuent de se produire dans toutes les parties de l'Arménie possédées encore par les Turcs.
Les massacres d'Arméniens qui ont constitué si longtemps le fond de la politique hamidienne, et que l'Europe libérale croyait avoir supprimés par le projet de réforme de 1913, ont redoublé. Sous la domination des Jeunes Turcs, depuis surtout la guerre actuelle, les souffrances de l'Arménie ont été portées au comble : le sang arménien a coulé à torrents ; jamais la barbarie n'avait atteint ce degré d'horreur. Les Jeunes Turcs, en leur délire, ont juré l'extermination de ce peuple, d'une civilisation si ancienne, et poursuivent implacablement leur but.
L'Arménie ne périra point. La victoire des Alliés brisera le joug de fer sous lequel on veut l'anéantir. Cette race, honneur de l'humanité, a produit, dès les premiers siècles, des historiens, des poètes, des littérateurs illustres, donné à Byzance quelques-uns de ses empereurs les plus remarquables et un grand nombre d'hommes d'État et de généraux fameux, à la reine Tamara, la Sémiramis de la Géorgie, ses plus grands capitaines, au tsar Alexandre II des hommes d'État de premier ordre, tel Loris Melikov et de brillants généraux comme Lazarev et Der-Ghou kassov, à l'Egypte son grand réformateur Nubar pacha, au monde contemporain une foule d'hommes éminents de tout ordre. Cette Arménie poétique, berceau d'antiques et vénérables légendes qui ont ravi les divers âges de l'humanité, qui fut pour les Croisés une alliée si utile, qui a manifesté tant de fois, avec tant de force, sa vitalité, et dont le génie a vaincu le temps et les persécutions, resplendira encore au monde pendant de longs siècles. Mais nous ne saurions assister, impuissants et impassibles, aux scènes abominables dont l'Arménie turque est le théâtre permanent et ses habitants les incessantes victimes, et qui ont fait de cette merveilleuse contrée un immense océan d'horreurs, de sang et de larmes. Les Turcs ont passé par là.
Massacres sans nombre, exécutés contre des populations paisibles et sans défense, avec les plus horribles raffinements, accompagnés des plus ignobles attentats à la dignité humaine : les femmes, les enfants vendus comme esclaves, les jeunes filles des meilleures familles parquées dans des maisons et livrées pour quelques piastres à la lubricité des amis et des clients de leurs bourreaux. Des populations entières ont été arrachées par milliers aux hautes montagnes et aux douces vallées tapissées d'ombre et de verdure de leur pays natal, transportées dans les déserts de la Mésopotamie où la chaleur dépasse parfois 60 degrés et, poussées sous le fouet, comme des bestiaux, de localité en localité. D'après les plus récents détails donnés par le Temps qui reproduit le dernier rapport du Comité suisse de secours aux Arméniens, les femmes ont été séparées de leurs maris, les mères de leurs enfants : interdiction absolue de tout travail pour gagner leur vie ; à part quelques distributions de pain noir, dans de rares localités, obligation générale de vivre de mendicité ou des secours envoyés par les philanthropes d'Europe ou d'Amérique, mais la plupart du temps, au sein de cette détresse sans nom et sans exemple dans l'histoire contemporaine, les malheureux Arméniens exténués par la faim ou les maladies tombaient chaque jour par centaines, tandis qu'à côté d'eux, les survivants étaient, aux termes mêmes du dernier rapport du Comité américain de secours aux Arméniens, réduits à manger les cadavres de leurs compagnons morts d'inanition.
J'emprunte au Journal de Genève, du 17 août 1916, les extraits suivants d'une lettre publiée par les Basler Nachrichten2 et adressée par quelques professeurs de l'école allemande d'Alep de Syrie à l'Office des Affaires étrangères de Berlin.
« En présence, écrivent-ils, des scènes d'horreur qui se déroulent chaque jour sous nos yeux, à côté de notre école, notre travail d'instituteurs devient un défi à l'humanité... Des 2.000 à 3.000 paysannes de la Haute-Arménie amenées ici, en bonne santé, il reste 40 à 50 squelettes. Les plus belles sont les victimes de la lubricité de leurs gardiens. Les laides succombent aux coups, à la faim, à la soif ; car étendues au bord de l'eau, elles n'ont pas la permission d'étancher leur soif. On défend aux Européens de distribuer du pain aux affamées. On emporte chaque jour d'Alep plus de cent cadavres. Et tout cela se passe sous les yeux de hauts fonctionnaires turcs. 40 à 50 fantômes squelettiques sont entassés dans la cour vis-à-vis de notre école. Ce sont des folles : elles ne savent plus manger ; quand on leur tend du pain, elles le jettent de côté avec indifférence. Elles gémissent en attendant la mort : « Voilà, disent les indigènes, Ta-â-lim el Alman (l'enseignement des Allemands) »... « On peut s'attendre encore à de plus horribles hécatombes humaines d'après l'ordonnance publiée par Djemal pacha (il est interdit aux ingénieurs des chemins de fer de Bagdad de photographier les convois d'Arméniens ; les plaques utilisées doivent être livrées dans les 24 heures sous peine de poursuite devant le conseil de guerre). C'est un aveu que les autorités influentes craignent la lumière, mais ne veulent point mettre fin à ces scènes déshonorantes pour l'humanité ».
Ceux qui s'expriment ainsi, et leur témoignage n'en est que plus accablant, appartiennent, je le répète, à la nation qui gouverne souverainement l'Empire ottoman par la main sanglante des Jeunes Turcs.
Or, « il est maintenant établi, dit le Comité suisse de secours aux Arméniens dans son dernier rapport, que la conduite des Turcs à l'égard des Arméniens ne dépendait en aucune façon des exigences de leur situation militaire, il ne s'agissait uniquement que de l'extermination de cette pauvre nation ».
C'est donc bien là un crime aussi injustifiable qu'il est inouï dans l'histoire, et contre lequel doivent s'élever toutes les nations qui ont le sentiment de l'honneur de l'humanité. Laisser se consommer un pareil attentat sans faire tout le possible pour l'empêcher, c'est s'en rendre complice.
Le gouvernement des États-Unis a fini par obtenir, après combien d'efforts restés vains, d'envoyer à ces persécutés, des secours en argent recueillis par souscription et distribués par les consuls et missionnaires américains. Mais les vivres manquent dans le pays ; le gouvernement turc s'oppose énergiquement à l'envoi, par les Américains, de missions composées de neutres, venant, avec des vêtements, des provisions et des remèdes, ravitailler les malheureux Arméniens et leur créer du travail. Et toujours l'angoissante menace de massacres possibles qui ne cessent en un endroit que pour recommencer, au moindre prétexte, en un autre endroit.
Les sympathies de la France, plus profondes que jamais, se sont déclarées par la voix de la presse, fidèle organe de l'opinion publique et par la récente et grandiose manifestation de la Sorbonne. J'ai l'entière certitude de correspondre aux sentiments de votre c?ur en vous demandant si vous ne croyez pas le moment venu de prononcer à votre tour, comme chef du gouvernement et ministre des Affaires étrangères, les paroles réconfortantes qui iront annoncer aux Arméniens persécutés, ainsi que l'a déjà fait l'Angleterre, le jour prochain de leur libération et du châtiment de leurs bourreaux. Ces paroles seront d'autant plus puissantes dans votre bouche que vous les direz, Monsieur le Président, avec tout le prestige de la grande nation que vous représentez et l'autorité personnelle que vous vous êtes acquise en Europe. Vous avez flétri les déportations des populations du Nord et de la Belgique, et le monde entier s'est ému. Qui sait si, lorsque votre voix se sera élevée de nouveau en faveur de ces autres victimes des barbares, les nations neutres, dont la plus puissante a déjà manifesté ses sentiments, ne jugeront pas l'heure arrivée de faire savoir au gouvernement turc qu'elles considèrent, elles aussi, le massacre systématique d'un peuple opprimé, par ses oppresseurs, comme l'opprobre de l'humanité.
1) Nous avons retenu la date de classement des archives : 12 septembre 1916.
2) Sur cette lettre, voir aussi ci-dessus le n° 248 (annexe).
Ce matin très tôt j'écoutais la radio et on parlait de l'inauguration de 'La Place France' en Arménie par le président Jacques Chirac.... et je pensais comme on peut avoir quelques fois des associations d'idées à Missak Manouchian cet Arménien qui avait donné sa vie pour la France... l'affiche rouge!
Quelques minutes après Yvan Levaï évoquait la mémoire de Manouchian!
Missak (Michel) Manouchian, militant communiste de la MOI, commissaire militaire des FTP-MOI parisien, est né le 1er septembre 1906 en Turquie et mort le le 21 février 1944, fusillé au fort du mont Valérien.
Enfance, jeunesse
Missak Manouchian est né dans une famille de paysans arméniens du village d'Adyaman en Turquie. À huit ans il perd son père, tué par des militaires turcs lors du génocide arménien. Il est recueilli, avec son frère, dans un orphelinat du protectorat français de Syrie. En 1925, il débarque à Marseille, puis remonte sur Paris et se fait embaucher aux usines Citroën comme tourneur. À son arrivée en France, il apprend la menuiserie et adhère à la CGT. Au début des années trente, il crée, avec des amis arméniens, une revue littéraire progressiste Tchank (l'Effort) qui devient ensuite Machagouyt (Culture).
En 1934, il devient membre du groupe communiste arménien de la Main d'œuvre immigrée (MOI). Il est également responsable du journal Zangou (nom d'un fleuve arménien). En 1938-1939, il est secrétaire de l'Union populaire arménienne, un mouvement qui regroupe les Arméniens de gauche, et qui est de la mouvance communiste. Manouchian écrit également des poèmes et pratique la gymnastique.
Le contenu de l'affiche
Le slogan de l'affiche est "Des libérateurs? La libération par l'armée du crime!"
En dessous, figurent les noms et les actions menées par 10 résistants, dont le chef du groupe Manouchian :
GRZYWACZ : Juif polonais, 2 attentats
ELEK : Juif hongrois, 5 déraillements
WASJBROT : Juif polonais, 1 attentat, 1 déraillement
WITCHITZ : Juif hongrois, 15 attentats
FINGERCWAJG : Juif polonais, 3 attentats, 5 déraillements
BOCZOV : Juif hongrois, chef dérailleur, 20 attentats
FONTANOT : Communiste italien, 12 attentats
ALFONSO : Espagnol rouge, 2 attentats
RAYMAN : Juif polonais, 13 attentats
MANOUCHIAN : Arménien, chef de bande, 56 attentats, 150 morts, 600 blessés
Voir ce lien sur le site Hérodote
Le magnifique poème de Louis Aragon est encore à lire, à entendre et à ne pas oublier...
Vous n'avez réclamé ni gloire ni les larmes
Ni l'orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servis simplement de vos armes
La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans
Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants
Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents
Tout avait la couleur uniforme du givre
A la fin février pour vos derniers moments
Et c'est alors que l'un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand
Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan
Un grand soleil d'hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le cœur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant
Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient le cœur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant
| Clip vidéo sur l'Affiche rouge |
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