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Lundi 31 décembre 2007
Cette fin d'année de par le monde me semble terrible  .....
Ce poème retrouvé dans mes cahiers d'écolière illustre bien la terrible épreuve que traverse tant de gens...... avec les nantis qui s'en mettent toujours plein les poches...
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Plateau de Millevaches janvier 2007 Photo de Richard

Première gelée
Voici venir l'Hiver, tueur des pauvres gens.

Ainsi qu'un dur baron précédé de sergents,
Il fait, pour l'annoncer, courir le long des rues
La gelée aux doigts blancs et les bises bourrues.
On entend haleter le souffle des gamins
Qui se sauvent, collant leurs lèvres à leurs mains,
Et tapent fortement du pied la terre sèche.
Le chien, sans rien flairer, file ainsi qu'une flèche.
Les messieurs en chapeau, raides et boutonnés,
Font le dos rond, et dans leur col plongent leur nez.
Les femmes, comme des coureurs dans la carrière,
Ont la gorge en avant, les coudes en arrière,
Les reins cambrés. Leur pas, d'un mouvement coquin,
Fait onduler sur leur croupe leur troussequin.
Oh ! comme c'est joli, la première gelée !
La vitre, par le froid du dehors flagellée,
Étincelle, au dedans, de cristaux délicats,
Et papillotte sous la nacre des micas
Dont le dessin fleurit en volutes d'acanthe.
Les arbres sont vêtus d'une faille craquante.
Le ciel a la pâleur fine des vieux argents.

Voici venir l'Hiver, tueur des pauvres gens.

Voici venir l'Hiver dans son manteau de glace.
Place au Roi qui s'avance en grondant, place, place !
Et la bise, à grands coups de fouet sur les mollets,
Fait courir le gamin. Le vent dans les collets
Des messieurs boutonnés fourre des cents d'épingles.
Les chiens au bout du dos semblent traîner des tringles.
Et les femmes, sentant des petits doigts fripons
Grimper sournoisement sous leurs derniers jupons,
Se cognent les genoux pour mieux serrer les cuisses.
Les maisons dans le ciel fument comme des Suisses.
Près des chenets joyeux les messieurs en chapeau
Vont s'asseoir ; la chaleur leur détendra la peau.
Les femmes, relevant leurs jupes à mi-jambe,
Pour garantir leur teint de la bûche qui flambe
Étendront leurs deux mains longues aux doigts rosés,

Qu'un tendre amant fera mollir sous les baisers.
Heureux ceux-là qu'attend la bonne chambre chaude !
Mais le gamin qui court, mais le vieux chien qui rôde,
Mais les gueux, les petits, le tas des indigents...
Voici venir l'Hiver, tueur des pauvres gens.

Jean Richepin (1849- 1926) La chanson des gueux
*************

Alors pour cette année nouvelle qui est là et pour réchauffer nos coeurs, je vous promets un bon feu dans le cantou!
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Publié dans : chansons et poèmes
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Dimanche 30 décembre 2007
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Cette petite primevère, courageusement,  s'est  risquée la première à fleurir avant le printemps!
La gelée a passé dessus, mais vaillante, elle résiste.
Et si je vous disais que je l'ai emmenée dans mes bagages un jour.... elle est originaire du jardin de Gourdon!
C'est vous dire si je tiens à elle!
Je la dédie à celle que l'on attend toujours , Ingrid!
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Publié dans : Libre cours
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Vendredi 28 décembre 2007

Bon OK c'était pas génial!
J'ai voulu faire la maline! Et certains m'ont dit
-" Quand je vois un truc comme ça, je cherche même pas,  je zappe..... carremment!"
D'autres ont pensé que j'avais fumé la moquette ou bu un petit coup en douce!
C'est la fin de l'année..... mon imagination dérape un peu!

La photo d'origine était un bout d'orange et j'avais pensé à cet extrait du poème de Louis Aragon!
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Voilà ce que le poète a dit!
Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange
Un jour de palme un jour de feuillages au front
Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche

(extrait du poème "Un jour, un jour")

Et comme j'avais quelques jolies épaules à vous montrer.....
Promis je ne me lancerai plus dans des trucs aussi tordus..... jusqu'à la prochaine fois!
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Et le temps est tellement gris....
Publié dans : chansons et poèmes
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Jeudi 27 décembre 2007
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Je ne vous dis pas ce qu'il a dit......

A vous de deviner le sujet de cette photo!
Publié dans : défi
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Mercredi 26 décembre 2007
    
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Facile et délicieux!
    
Préparation : 20 mn
Cuisson : 10 mn
Repos : 0 mn
Temps total : 30 mn

Pour 6 personnes :
-  une pâte feuilletée pur beurre, toute prête
- un bloc de foie gras de 200 g environ (qui ne soit pas en bocal ou conserve de préférence pour pouvoir faire des tranches)
-  une pomme Boskoop

  
    * Préparation
      

   1.          Dérouler votre pâte et découper 12 disques de taille égale (utiliser un bol pour vous aider).
   2.          Découper 6 tranches de foie gras de 1 cm d'épaisseur et les placer sur les disques de pâte.
   3.         Eplucher et découper la pomme en fins quartiers et en placer 2, ou 3 selon la taille, sur les tranches de foie gras.
   4.          Placer les autres disques sur les premiers, souder les bords .
   5.         Préchauffer le four à 165°C et enfourner les feuilletés placés sur une plaque recouverte de papier sulfurisé. Laisser cuire environ 10 minutes, le temps que les feuilletés dorent.
   6.         A déguster avec une petite salade bien vinaigrée.

Publié dans : Cuisine
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Mardi 25 décembre 2007
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Je vous souhaite une belle journée  à tous où que vous soyez!
Et la bonne nouvelle ....... les jours rallongent!
Publié dans : Libre cours
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Lundi 24 décembre 2007
Dernière page aujourd'hui sur cette femme d'exception.... la Marcèla.

Après des études secondaires puis un an d'Arts décoratifs, elle retourne dans la ferme familiale qu'elle cultive jusqu'à sa retraite.
La voilà jeune et belle chez mon amie la Luciole de l'Aubrac ici!

Oeuvre poétique immense (ballades, psaumes, proses poétiques, poèmes dramatiques, etc...) tant en occitan qu'en français  ou dans les deux langues mêlées.
Ethnographe exigeante (nombreux recueils de contes et proverbes, Bestiari lemosin, Lo Libre de l'Erba e daus Aubres et ethnologue inspirée (Le Tombeau des Ancêtres, le Bourgeois et le Paysan - analyse des contes du feu, etc..)
Mémorialiste méticuleuse de ce qu'elle percevait comme la fin de la civilisation paysanne (sept gros volumes de souvenirs, des Chemins Creux à la Fin de la Fable) et chroniques incisives (des colonnes du Courrier du centre dans les années 50 à celles du Populaire dans les années 80).





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Photo de l'Aubrac de P. Desmichel
 
Lo chant de la terra


Zo vos dise, perfum, passarai tala 'na ombra.
E pus redde qu’un fum passarai tras lo riu.

L'arcana dins lo ciau durara mai que ieu.
E n'ai pas tant de temps coma l'aur de la ròsa.

Zo te dise, mar prionda, e sorda a mos prepaus,
Zo te dise, me'n vau – a penas si 'riebe.

Un rire de luna sus la cresta d'una onda,
E l'ai pas vist 'chabar. Un rai dins 'na gota d'aiga.

Ai l'atge, o es pertant ai l'atge de l'estiala.
E la solelh m'a coat dempuei lo primier jorn.

E la terra m'a portat, e me laschara pas,
Que lo fuec li cremava lo ventre.

E l'aiga m'a menat davant que fugués l'aiga
e que lo vent fugués lo vent. En la negror dau temps
ieu germenave. Que sui faugiera, aubre mai blat.
Que sui la peira e sa poussiere, e l'arma que lai duerm.

Que sui lo rire, la raior, la dança, e lo sang de l'eternitat.

**********
Je vous le dis, parfum, je passerai telle une ombre.
Plus vite qu’un brouillard je passerai près du ruisseau.

L'arc-en-ciel dans le ciel durera plus que moi.
Et je n'ai pas autant de temps que l'or des roses.

Je te le dis, mer profonde et sourde à mes propos,
je te le dis, je pars – à peine si j'arrive.

Un rire de lune sur la crête d'une vague,
Je n'en vois pas la fin. Un rayon dans la goutte d’eau.

J'ai l'âge, oui pourtant j'ai l'âge de l’étoile,
le soleil m'a couvé depuis le premier jour.

La terre m'a porté, elle ne me lâchera pas,
que le feu ne lui brûle le ventre.

L'eau m'a mené avant que d'être l'eau,
que le vent fût le vent. Dans la noirceur du temps
je germais. Je suis fougère, arbre et blé.
Je suis la pierre et sa poussière, l'âme qui dort dedans.

Je suis le rire, la lumière, la danse, et le sang de l'éternité.

Marcelle Delpastre, extrait de Paraulas per questa terra
(édicions dau chamin de Sent-Jaume)

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L'ensemble de mes articles sur Marcelle Delpastre est extrait de ce petit recueil hommage édité en septembre 2005, lors d'une rétrospective de l'oeuvre de ce poète limousin que j'aime tant!
Publié dans : Femme d'exception
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Dimanche 23 décembre 2007

Quelques mots encore sur Marcelle Delpastre.....

Poète (elle détestait le terme de poétesse qu'elle faisait rimer avec de mes fesses...), conteuse, romancière et ethnologue, Marcelle Delpastre est aujourd'hui reconnue comme l'un des dix plus grands écrivains occitans du 20ème siècle (au côté de Jean Boudou, Bernard Manciet, René Nelli ou encore Max Rouquette). Le message de cette femme, elle qui n'a jamais quitté sa terre limousine, s'étend à l'universel et parle pour tous les hommes, c'est ce qui fait la force et la beauté de son oeuvre.

Marcelle Delpastre est retournée à la terre dans le cimetière de Chamberet au mois de février 1998. Son œuvre est semée. Elle germe déjà. Puissante, pleine. Une œuvre littéraire. Encore méconnue, mais déjà en route pour la postérité. Marcelle Delpastre est un grand écrivain du XX° siècle à qui nous voulons rendre hommage. Un double écrivain, occitan et français.
*********

La clau

Fuguet un jorn, perdei la clau - la clau de ma chambra o la clau de mon cor, non sabe - oquela dau ciau.
Dempuei, ne'n trobe, de las claus. Las claus , quo es pas ço que manca.
Mas pena duebre quela porta, e ma vita lai es darrier.

La clef

Vint un jour, je perdis la clef - la clef de ma chambre ou la clef de mon coeur, je ne sais - ou la clef du ciel.
Depuis j'en trouve des clefs! Les clefs, ce n'est pas ce qui manque.
Mais aucune n'ouvre cette porte, et ma vie est là derrière.

Paraulas per questa terra (tome 1)
Edicions dau Chamin de sent Jaume, 1997.

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Jeune femme pensive de Marie Laurencin - 1901 Pastel
Marcelle avait des traits rudes qu'elle n'aurait enjolivés pour rien au monde.
Ce portrait sobre exécuté par Marie Laurencin me laisse à penser que jeune, Marcèla était ce genre de femme .
Nouvelliste, d'un univers angoissant à l'érotisme cruel et ambigu.
Demain ...... la terre.

Publié dans : Femme d'exception
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Samedi 22 décembre 2007
Ce sera mon cadeau de fin d'année.....quelques lectures de l'oeuvre de Marcela.
Avec une pensée particulière pour la Luciole de l'Aubrac qui se gèle en ce moment!
Elle connait tout de la Marcèla!
                                       ****************
  Marcèla est née à Germont, commune de Chamberet en Corrèze, le 2 septembre 1925.
Elle y est morte dans son lit le 6 février 1998.
Entre temps, elle a beaucoup voyagé. Sur place. Ces voyages là ne sont
pas donnés  à tout le monde. C’est aussi pour ça, sans doute que ses écrits sont déchirants, profonds et beaux. Ils contiennent peut-être quelques secrets sur la grouillance de la terre et quelqu’autre à propos de la béance céleste. Lisez-les, vous les sentirez affleurer ces secrets, lisez-les à haute voix et vous frissonnerez. C’est ainsi que parlent les grands poètes : ils vous font voir le vent invisible et toucher l’impalpable. C’est ainsi qu’ils sont, comme Marcelle Delpastre, comme les arbres, avec des racines qui sucent la terre nourricière et des branches où fleurissent couleurs et senteurs, où mûrissent les graines qui essaiment au moindre souffle. (dixit Térésa Canet)
Elle laisse derrière elle une oeuvre immense et un public admiratif de plus en plus nombreux.
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             Les moutons du Bourg sous la neige                                                Elina

Moi qui

 

Moi qui voulais être les arbres, dans le souffle puissant de la pluie et le balancement des branches au soleil.

Moi qui voulais être les prés, longuement mûrissants de tous les parfums de leurs herbes.

Moi qui pensais être la terre sombre et toute ruisselantes d’eaux, grosse de la germination des graines et pleine de racines.

Qui croyais être ce pays, dans ma bouche avec ma parole.  Qui croyais être ce que sont les arbres, les moissons, le sol.

Et qu’en moi s’accomplit le cycle des saisons, la pesanteur des roches et des plantes, l’engrangement et les semailles.

Le poids des bêtes chaudes, et la profonde respiration des plumes et des pelages, la coulée de la sève et du sang ; le sommeil.

Moi qui croyais être le nom de ce pays sauvage. Planté dans l’épaisseur du sol entre la source et la montagne.

Moi qui meurs lentement comme meurent les arbres, et qui m’arracherai, branche après branche.

Moi qui meurs comme meurent les pierres, mûres de l’air brûlant qui vont à l’eau dormante.

Moi qui meurs sans mémoire et qui n’étais que l’ombre d’une ombre et le murmure d’un frémissement.

 

 

                                                                                              14 mars 1969

(L’araignée et la rose et autres psaumes (1969 – 1986)

Edition dau Chamin de Sent Jaume , 2002

Marcèla Delpastre

 

Publié dans : Femme d'exception
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Vendredi 21 décembre 2007
Un clin d'oeil ce matin pour ceux qui habitent dans  le coin!

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Merci pour tous vos conseils! Très sympa cette solidarité !
Mon problème qui n'en était pas un en fait est résolu! J'ai encore de la marge pour héberger mes photos donc la vie est belle!
Publié dans : Carnet de France et d'ailleurs
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