Partager l'article ! Voici venir l'orage.....: Marie entourait les épaules de sa mère. Elle la sentait si vulnérab ...
| Juin 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | ||||||||
| 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | ||||
| 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | ||||
| 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | ||||
| 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | |||||
|
||||||||||
Marie entourait les épaules de sa mère. Elle la sentait si vulnérable.
Des éclats de terre sèche firent un bruit inhabituel en effleurant le linceul d'Estienne!
Dans le lointain on entendait encore le glas de l'église...
Le ciel déjà paraissait chauffé à blanc, les abeilles bourdonnaient comme en plein midi alors que la matinée en était encore à sa prime. Elles butinaient le petit bouquet de
campanules et de marguerites que Jeanne la première petite fille de la maisonnée avait cueilli pour son grand père.
Le regard de Léonarde s'accrocha à ce doux bruit et à la valse incessante des butineuses.
Elle revivait ce dimanche 13 août 1769.....
Depuis des jours et des jours le soleil plombait toute vie sur terre. On n'arrivait même plus à se souvenir de la dernière pluie bienfaisante. Une chaleur comme personne au village n'en avait
encore connue.
Et ce dimanche aux matines, l'Estienne était parti avec le voisin, l'Estienne Marouby, pour voir s'il ne pouvait pas trouver un peu de cette eau qui leur faisait tant défaut! Toutes les
sources semblaient se tarir, même celle du pré de La Fond.
Il avait dans l'idée que celle de l'étang de Gourdon pouvait peut être les tirer d'affaire.
C'était sans compter avec les caprices du ciel.
Déjà aux laudes de gros nuages noirs montaient derrière la Jarousse! Un noir bleuté et inquiétant. Voici venir l'orage et la délivrance.
Tous le guettaient, le redoutaient mais l'espéraient. Mais d'un coup, tout devint inquiétant. Le chant des grillons stoppa net, le chien rentra dans la maison, la queue entre les jambes, les
martines se serrèrent un plus , les hirondelles rentrèrent au nid à tire d'aile..... et le vent se leva puissant et violent! Un éclair blanc zébra le ciel et fit sursauter ceux qui
regardaient, un énorme coup de tonnerre suivit aussitôt et de grosses gouttes chaudes de pluie déferlèrent sur le pays.
Peur et bonheur étaient mêlé sur le visage de la famille Orluc.
Rentrés et autour du cantou, Léonarde dit alors:
- ' j'espère que votre père a pu s'abriter!"
Jacques son gendre esquissa un sourire et dit :
-'Pas sûr la mère! il avait tellement soif, qu'il doit en prendre de grandes goulées en ce moment!"
"Tais toi donc! dit elle , tordant ses mains noueuses sur son tablier de devant.
La pluie dégringolait du ciel comme une cascade et s'écrasait sur un sol sec et aride.
Des rigoles creusaient les chemins. Le tonnerre roulait toujours mais s'éloignait déjà.
"Ca ne va pas suffir...... il faudrait qu'il pleuve encore! annonça Jacques en passant le pas de la porte.
Et le ciel dégagé affichait à nouveau un bleu éclatant. Cet orage avait été généreux!
Passé le midi de la journée, les deux Estienne n'étaient toujours pas rentrés.
Jacques jeta un coup d'oeil à Léonarde sa belle mère et vit bien qu'elle semblait soucieuse!
"Je vais aller à leur rencontre dit il en passant la porte....
Bien plus tard , les femmes le virent revenir à pas lent, portant à bout de bras le corps d'Estienne. Sa chemise de toile et ses brages étaient trempées, ses pieds nus..... Estienne Marouby
suivait complétement hagard.....
Quand il allongea le père sur la table , Marie comme Jeanne virent tout de suite que la vie l'avait quitté.
Alors Léonarde approcha de son homme, lui caressa le visage ..... il semblait dormir.
Elle se tourna vers Estienne et lui adressa une question muette.....
Le tisserand du village, si sûr de lui d'habitude, ne disait rien, n'arrivait pas à parler.
Ses mains boueuses et tuméfiées parlaient pour lui.
Il regarda alors le Jacques et dans un souffle dit:
- Quand l'orage est arrivé, il était vers la digue de l'étang.
- la digue? mais pourquoi?
- il étouffait qu'il disait et il a voulu aller se rafraîchir, se baigner quoi!
Un silence pesant s'installa.... personne n'y croyait! se baigner? mais quelle idée saugrenue!
Et l'Estienne Marouby dit encore:
- et quand ça a commencé à épargner, je lui ai dit de sortir! Mais avec le bruit de l'eau, il n'entendait rien!
La pluie s'est mise à tomber à seau, l'eau est montée et elle a passé par dessus la digue!
Et déjà je ne le voyais plus.
J'ai pu descendre plus bas vers la berge, mais je ne le voyais toujours pas..
L'orage grondait et je n'étais pas très fier, là sous la pluie! Je me suis abrité sous le gros chêne et j'ai attendu d'y voir quelque chose!
Quand la pluie s'est arrêtée, j'ai pu descendre plus bas........ il était là coincé dans les ajoncs et les branches mortes.....
Le 15 août 1769, tout un village porta en terre Estienne Orluc. Le soleil n'en finissait pas de briller et d'écraser tout sous sa chaleur. Jamais il
n'avait fait aussi chaud sur cette terre corrézienne.
Ce même jour naissait sur l'Ile de Beauté celui qui par ambition démesurée entrainera, bien des annés plus tard, tout un pays dans des guerres meurtrières. Parmi ces soldats, ceux qu'on
appelait les grognards , mon ancêtre, Pierre Borzeix dont je vous conterai bientôt les mésaventures.
Estienne Marouby était mon ancêtre.
Lexique
martines: de vieilles brebis qu'on engraissait pour la Noël.
brages : pantalon
épargner: action de l'éclair
J'ai écrit ce texte à la lecture de documents d'archives.... merci Gaby! mais c'est tout à fait imaginaire à partir de faits réels.
Voilà venir l'orage rappelle la chanson'Il pleut, il pleut bergère" que Fabre
d'Eglantine écrivit à cette époque;
Il a été noté aussi que cet été de violents orages éclataient dus à une chaleur excessive.
Vers la fin juillet la faille de San Andréa commençait à faire parler d'elle!
Bisous Dany
Coup de bol. Je réinstalle ma livebox. Tout remarche. Je fonce chez les copines. Je trouve la Luciole en pleine déprime. Ca commence mal. Je me pointe chez toi. Et ne voilà-t-il pas que j'assiste à un décès en direct. Mais là, je suis pris au piège. Je ne peux plus me défiler. Je suis contraint de lire jusqu'au bout. Et me voilà à relire. Finalement, je suis impressionné. Pas triste, non. Mais je ressens tellement que tu es accroché à tes racines, que tu t'en nourris, que tu m'impressionnes. Et je te le dis au fur et mesure que les mots me viennent au bout des doigts... comme je les pense.
Et un petit bisou d'un bon vieux sanglier ardennais ? T'en veux-t-y ?
quelle belle histoire et si bien racontée, c'est encore plus agréable
bravo!
bonne soirée
doque
tu as très bien interprété ce fait, les cates de sépultures sont souvent si courts mais parfois il a dû se passer des choses très tristes : par exemple trois actes qui se suivent , les décès de deux enfants et de leur mère. Je vais essayer de retrouver ces actes
"Du sang sur le green" Harlan Coben est une enquête de Myron Bolitar et de son associée Esperanza, ancienne catcheuse. J'aime beaucoup le style du récit
On dirait qu'il est vrai.
Merci.
coucou dany
tout d'abord merci pour ma fête
et ensuite pour te féliciter de ces écrits qui sont plaisants à lire. les scènes de ce jour d'été torride suivi d'un orage violent sont fort bien décrites ; pauvre estienne mort noyé en se baignant après avoir eu trop chaud !
bises de béa
tu as fait une jolie découverte là , pas pour les faits eux-mêmes qui sont tristes comme dit précédemment mais pour la richesse de ton patrimoine personnel ,
c'est surement du a des recherches importantes de ta part ?
bisous bravo
Iris
Bises à toi
Bises
Michelle
je ne peux que lire, mais quel plaisir !
bizzz et bonne journée - estelle
Je suis revenue deux fois pour tout lire et c'est très émouvant. Au risque de me répéter, j'aime cette atmosphère d'avant.. Et tu sais si bien la restituer... Pourquoi ai-je la nostalgie d'avant?
Je me rends également compte qu'il existe encore des familles, des grandes familles avec de grandes histoires. J'insiste... tu devrais te pencher sur Jean-Pierre Chabrol, il raconte la vie "d'avant' par exemple celle de "la lebro" (qui courait comme un lièvre) un de ceux qui se louaient pour installer les poteaux de la "létrécité"... passionnant.
Je connais bien Jean-Pierre Chabrol et j'ai lu avec passion beaucoup de ces livres
Canon fraternité et aussi "le bonheur du manchot"
la vie de nos ancêtres a aussi ses lots de bonheur et de malheur...merci pour ce beau récit!
Et oui, j'ai mon 2ème fils qui habite à 30 kms au sud de Toulouse dans un petit village npommé Cessales près de Villefranche de Lauragais ! Nous y descendons dès que l'on a quelques jours car nos 2 petits fils nous manquent beaucoup !
Bonne journée
Alain
Le document m'avait accroché parce que ça démontrait qu'en 1769 l'étng de Gourdon existait déjà!
Puis cette baignade en plein mois d'août m'avait fait gamberger!
J'ai consulté beaucoup de documents pour ne pas écrire trop d'âneries et puis mon imagination a fait le reste!
Félicitations
Bonne journée, bisous
Bisous
françoise
Bonjour Dany
Tu as une jolie façon de raconter l'histoire ! Cest un beau texte qu'il va falloir que j'épluches d'un peu plus près !Je reviendrai !
Bises
Alain
Cela dit, super ton texte
bises, bon mercredi
françoise
Je repasserai lire, en entier, demain. Pour l'heure, je dois aller au pieux puisque je pique du nez.
Je répondrai à tes questions, dès que possible.
Bises