Vendredi 14 novembre 2008
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Je voudrais partager aujourd'hui avec vous ma lecture du journal 'La Montagne', article concernant les derniers évènements à Tarnac.
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"Le plateau de Millevaches, terre de terroristes ?
Une chose est sûre, ce territoire est depuis des décennies un lieu de refuge et d'accueil.
Leur décision de venir s'installer en haute Corrèze, à Tarnac, n'était pas le fruit du « hasard ». Les jeunes du présumé groupuscule « ultra-gauche » ne s'en sont
jamais cachés. « Il y a une tradition d'ancrage à gauche, ici. C'est une terre de résistance, marquée par les combats du maquis de Guingouin », nous avait ainsi expliqué l'un d'entre eux en janvier
dernier. Les propriétaires de l'épicerie de la petite commune ne faisaient pas plus mystère de leur net penchant à gauche, illustré, justement, par le portrait du « Préfet du maquis » accroché dans
la partie restaurant-bar du magasin.
"Espace refuge"
Les arrestations du 11 novembre viennent, en effet, rappeler que le plateau de Millevaches, aussi bien dans sa partie corrézienne que sur ses flancs creusois et haut-viennois, n'est pas une terre
tout à fait comme les autres. Parce que reculée et isolée. Au cours du siècle dernier, elle a accueilli pêle-mêle des républicains espagnols fuyant la dictature de Franco, des juifs pourchassés par
le nazisme, des réfractaires au STO, les maquisards réunis autour de Guingouin... Et, plus récemment, des post-soixante-huitards, des anarchistes ou des terroristes de l'ETA. Bref, des gens qui
n'ont pas grand-chose en commun, si ce n'est une volonté, comme l'explique l'historien d'origine corrézienne Jean-Pierre Rioux, « de se protéger des curiosités des plats pays ».
« Le plateau de Millevaches, comme d'autres lieux d'altitude, mélanges de landes et de bois, est un espace refuge pour des gens qui veulent ou ont voulu un lieu déserté où concrétiser leur utopie
et préparer des actions futures ». À ce titre, « il est depuis longtemps un territoire de rébellion et de résistance vis-à-vis de la société », souligne l'historien. Pour autant, « il ne faut pas
fantasmer et penser qu'il y a une prédestination historique derrière tout cela », précise encore Jean-Pierre Rioux.
(...)
Michaël Nicolas
michael.nicolas@centrefrance.com
le plateau refuge de toutes les utopies
Au lendemain de l'opération policière en Haute-Corrèze, notre journal a rencontré des amis des jeunes gens interpellés. Et des habitants de la commune qui prennent leur défense...
« Terroristes, nous ? C'est du n'importe quoi. Croyez-moi, on ne pensait pas un jour être réveillés à 6 heures du matin, un flingue devant le visage.» Le ventre légèrement rebondi, Mélanie (*) nous
accueille devant la ferme de Tarnac en Haute-Corrèze, où a eu lieu l'interpellation la veille de cinq de ses amis. « Encore déboussolée », cette jeune femme enceinte était présente quand les
policiers de l'anti-terrorisme et ceux de la police judiciaire de Limoges ont débarqué dans la ferme. « Ils n'ont, j'en suis sûr, rien à voir avec ce qu'on leur reproche ».
"Absurdité"
A ses côtés, Cédric (*), 30 ans, vêtu d'un jean et d'un pull accepte de répondre à quelques questions. Il se dit musicien, donne un coup de main pour retaper la ferme, va bientôt aider à la
construction d'appentis pour le bois. Pour lui ces interpellations sont « une absurdité totale. Les analogies avec l'ETA, ou Action Directe, c'est incroyable. Le gouvernement cherche à faire
revivre des spectres enterrés depuis longtemps pour susciter la peur. » Le discours est politisé. Il le reconnaît. « Effectivement, notre idée de l'humanité ne correspond pas aux canons de la
droite ! » lâche-t-il. Mais il assure que « le passage à l'acte est hors de question ». Etonnamment, ce n'est pas ici, auprès des amis, que l'on entend les plus vives réactions. Mais dans le
village. La plupart des habitants rencontrés hier étaient particulièrement remontés. Et n'hésitaient pas à prendre la défense des jeunes gens. Comme Laurent, employé communal depuis 16 ans. « Vous
ne les connaissez même pas et vous les jetez en pâture ! Les jeunes, nous on les connaît. Ils ont fait plein de choses pour notre village. On ne peut rien leur reprocher. Pour moi, c'est un coup
médiatique du gouvernement. Ils n'ont jamais fait de mal à personne ici. Et certainement pas fait ce qu'on leur reproche!. »
(*) Les prénoms ont été modifiés
Franck Lagier
franck.lagier@centrefrance.com
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J'avoue avoir bien aimé la réaction des gens du village.
Publié dans : Echos de Liberté
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