Mardi 5 mai 2009
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suite de l'histoire tirée du livre de Jean Vinatier " Histoire génrale de Treignac-sur-Vézère."
Qui est il donc,ce jeune Charles Lachaud, avocat:
La photographie qu'en a fait alors le célèbre Nadar nous montre un jeune homme éclatant de santé, sûr de lui, le visage prêt au sourire et les yeux tournés vers l'avenir.
Quant à Marie Capelle, il émanait d'elle le charme indéfinissable et romantique d'une jeune femme fine, intelligente, sensible et gracieuse, et en même temps transfigurée par son malheur.
Que se passa-t-il entre le jeune avocat et la jeune accusée?
Il est indéniable qu'un sentiment de tendre compassion grandit peu à peu dans le coeur de Charles Lachaud.
...... Le public des Assises le voyant si dévoué, si empressé, tout rayonnant d'ardeur et de jeunesse, et ne cessant de proclamer bien haut l'innocence de l'accusée, ce public unit rapidement leurs
deux noms et ils le sont restés pour la postérité.
Marie Capelle, il est vrai, a pris soin dans ses mémoires et sa volumineuse correspondance -(elle reçut près de 6000 lettres à la prison de Tulle!) de mettre en relief les qualités de coeur de son
défenseur.
Lorsqu'elle est transférée à la prison de Montpellier, M° Lachaud qu'elle appelle 'mon étoile de Tulle' obtient qu'elle ne parte pas dans un fourgon cellulaire, mais dans une voiture plus
confortable.
Lui avait-il fait quelques promesses au cours de ses nombreuses visites à la prison de Tulle? Les lettres de cette femme tour à tour énigmatique et passionnée, résonnent d'étranges accents.
Dès le 25 juin 1840 elle lui confiait:" le malheur m'a brisée. Mon âme s'est habituée à des sentiments intimes, calmes, réfléchis. Elle cache bien avant son idole, les mots qu'elle lui dit tout
bas, elle n'ose les traduire, il semble qu'elle se briserait de honte et de bonheur....Oh! je vous accepte cher absent, mais je n'espère pas vous faire oublier mon passé. Je ne suis pas capable de
vous rendre heureux. Je pleure et je regarde notre beau ciel. Là je serai toute à vous.... Alors quand vous me prendrez la main, en me demandant les plus douces paroles de la vie, je vous les dirai
de toute mon âme pour vous les redire encore pendant l'éternité."
Huit jours après le verdict, elle écrit au jeune avocat, parti se reposer dans sa ville natale:" Bonjour, cher hôte de mon coeur....Je veux que la poste vous apporte une heureuse minute. Je vais
entendre la messe, prier pour vous... Adieu mon ami. Je pense à vous. Je regarde le ciel. Je suis de l'âme et des yeux un flocon de nuage qui va vers Treignac et qui passe au-dessus de votre tête.
Je lui confie toutes mes pensées afin que dans vos promenades solitaires, il s'acquitte de mon message."
Enfin dans une lettre sans date, mais qui semble avoir été écrite après les fiançailles de Charles Lachaud, à Paris:" Vous avez fait tomber une larme sur le coeur de l'amie, vous avez blessé
l'orgueil d'une femme....j'ai dit peut être que je comptais sur votre affectueuse amitié, j'ai dit sans doute que je vous rendais de tout mon coeur cette amitié, mais lorsque je savais que vous en
aimiez une autre, avez vous pu croire que mon amitié ait été de vous créer un amour imaginaire et impossible pour m'en glorifier. Oh! non Monsieur une pareille légèreté est indigne de mon coeur...
Tenez, voici ma main, prenez-là dans les vôtres; elle est digne de l'amitié la plus profonde, elle l'accepte avec fierté, elle est indigne du plus petit amour qu'elle ne saurait accepter ni
comprendre."
Elle lui dira aussi un jour:"Je suis heureuse que mon malheur serve à votre fortune. Paris vous appelle. Partez je vous en prie."
Ainsi, après avoir un instant, semble-t-il espéré l'impossible, Marie Capelle a conclu avec sagesse, en s'en tenant à l'amitié.
"Sphynx féminin, ange ou démon du Glandier?" comme le dit Marcelle Tinayre. Qui le saura jamais?
Ce que nous savons avec certitude, c'est que Charles Lachaud, crut de toute l'ardeur de sa jeunesse et jusqu'à sa mort, à l'innocence de Mme Lafarge.L'ayant crue, il fut fidèle à sa mission de
défenseur de l'innocence.
Après cette tragique affaire, Charles Lachaud fut appelé à Lyon pour plaider une autre cause qui fit grand bruit "l'affaire Marcellange" ou le meurtre d'un jeune noble du Puy-de-Dôme. Charles
Lachaud ne put sauver l'assasin présumé, un domestique du château. Mais sa plaidoirie avait suscité, de la part du tribunal, une admiration sans réserve.
C'est alors que, brusquement, il se décida à suivre les conseils de Marie Capelle. malgré la tristesse de son père qui aurait désiré qu'il restât en Corrèze, il "monta" à Paris. Et pendant que la
diligence l'emportait vers cette capitale, où se concentraient alors toutes les gloires, le jeune avocat repassait dans sa mémoire le souvenir de ses années de jeunesse.(à suivre)
Quant à Marie.... (source Wikipédia)
Sa condamnation fait des remous jusqu’à Paris : George Sand écrit au peintre Eugène Delacroix et parle « d’affaire mal menée (…) et salement poursuivie par le ministère public ».
Elle est envoyée au bagne de Toulon ; la rapide dégradation de son état de santé conduira Louis-Philippe Ier à commuer sa peine en détention criminelle à perpétuité.
Transférée dans une des tours de la prison de Montpellier, elle contracte la tuberculose et est libérée par le prince-président Louis-Napoléon Bonaparte en 1852. Elle meurt le 6 septembre de la
même année.
Durant toute la durée de son emprisonnement, elle écrivit un journal intime d'une grande qualité littéraire, publié sous le titre Heures de prison (éditions Librairie nouvelle).
Elle est inhumée au cimetière d’Ornolac - Ussat-les-bains Ariège.
« Coup monté », « erreur judiciaire », « crime parfait » … « L’affaire Lafarge » restera pour l’opinion publique une des plus grandes énigmes judiciaires, à l’image de « l’affaire Dreyfus » ou de «
l’affaire du collier de la reine ».
Écrivains, journalistes, juristes s’intéressent encore aujourd’hui à cette mort suspecte. En 1937,
« L’affaire Lafarge » a même été adaptée au cinéma par le réalisateur Pierre Chenal…
Une enquête, menée en 1978, aurait démontré que Charles Lafarge serait en réalité mort de la fièvre typhoïde, dont le bacille était, à l’époque, mal identifié. (source
Wikipedia)
Publié dans : Echos de Liberté
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