Dimanche 21 janvier 2007
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Il n’était rentré qu’une seule fois dans la grande maison mais
il en gardait un souvenir très fort. Il était resté sur le pas de la porte et il avait respiré de bonnes odeurs…. de cire d’abeille, de pain chaud et d’une autre odeur qu’il ne connaissait pas.
Plus tard il saura que c’était une odeur de cannelle. Ce jour là sur le pas de la porte il avait vu la dame qui là aussi lui avait souri.
Mais ce sera un soir de veillée à Terracol qu’il apprendra vraiment qui elle était
.
Marie du Chaumadour qu’on appellait la Grande, cuisinière hors pair avait travaillé souvent
dans la grande maison et ce soir là avait parlé.
« C’est une femme bien brave, pas fière mais qui parle d’une drôle de façon. C’est que, elle
n’est pas de chez nous , elle vient de loin , elle vient d’une île appelée Irlande. Très jeune elle s’est occupée du fils de Napoléon III, Louis qu’on appelait « Loulou
».
Et un jour elle a rencontré un des Cent-Gardes, un gars de chez nous, Léonard Badadant. Et ma
foi ils se sont bien trouvés puisqu’il se sont mariés !
Faut dire que Le Léonard qui sortait de Tarnac était un beau gars, on n’en voit pas souvent comme
lui…un géant ! Il mesurait plus de 2m !
photo montage avec les traits de Léonard
Et un brave gars, toujours prêt à rendre service. Je pense qu’ils ont du acheté la propriété d’Arvis
vers 1880. Ils venaient souvent et ils ont bien arrangé la maison ma foi. D’ailleurs c’est Léonard qui a décidé de faire une bonne route pour monter jusque chez eux. Hé là là, le pauvre c’est
là qu’il a connu le malheur. Une charrette pleine de pierres avait ‘banlevée’ et ils n’arrivaient pas à la sortir de là. Et bien le Léonard est allé tout seul pour soulever cette
charrette, il croyait que ça allait le faire, mais la charrette l’a écrasé . Ah mon dieu c’est bien triste. Sa pauvre femme était bien en peine, elle l’a même emmené à Paris dans un grand
hôpital , mais rien n’a pu le sauver. Elle était bien malheureuse !»
C’était une histoire bien triste.
Martial pensif se rendait compte maintenant que là où s’élevait cette croix était l’endroit où le
géant Léonard Badadant avait eu ce terrible accident.
Ses moutons étaient arrivés en haut du puy…. Il courut les rejoindre.
Aquarelle de P Bassalert
Cette dame irlandaise s’appelait Jane Mac Sweeney née à
Irvinestown dans l’Ulster le 25 août 1842. Elle était la fille de Michel et Mary Mac Sweeney. Son père était lord, maire de Cork (Irlande).
Elle exercera les fonctions de préceptrice du jeune prince Louis, né en 1856, fils unique de
Napoléon III et de l’impératrice Eugénie.
Léonard Badadant était né le 29 décembre 1843 à Tarnac,
fils de Pierre et de Jeanne Sepière. A l’âge de remplir ses fonctions militaires, Léonard colosse de 2m 08 fut affecté dans l’unité d’élite « Les Cent-Gardes de Napoléon III.
Il mourut le 15 avril 1897 de la suite de ses terribles blessures et sera inhumé
au cimetière de Montparnasse.
Jane gardera encore quelques temps la propriété d’Arvis. En 1911 elle offrit à l’église de Bugeat
une cloche dont elle fut la marraine.
Elle décédera le 5 mars 1924 à son domicile parisien au 167 rue de Grenelle et sera inhumée aux
côtés de son mari.
Cette croix est toujours là pour témoigner de l’amour qu’elle avait, elle, l’épouse irlandaise pour
ce mari si beau, si fort, si courageux. Elle ira dans son île lointaine, reviendra avec une grande croix faite du granit de son pays et cette croix sera placée sur un socle taillé dans le
granit limousin. Deux granits mêlés comme leurs deux cœurs .
Des motifs seront sculptés sur le socle. On en devine encore certains : les armes de la ville de
Cork, le blason des Cent-Gardes et au centre l’Hermine qui témoignait de l’amour qui unissait l’épouse et l’époux au-delà de la mort.
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Mes sources :
-Site sur le Second Empire
- recherches personnelles au
cimetière Montparnasse , à la mairie de Paris 7ème et à la mairie de Bugeat -( Photos prises sur les lieux en 2005)
- Revue Lemouzi juillet 2005 article de Pierre Gandois
- Le Pays de Bugeat dans l’Histoire tome 1 de R. Pérel
- Châteaux et maisons anciennes dans le Pays de Bugeat de R. Pérel (dont les photos de L Badadant et J MCSweeney)
- La vie quotidienne en Limousin de Georges-Emmanuel Clancier
- Balade dans le Vieux Gourdon de Marcel Viossanges
Publié dans : Généalogie
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