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Nouvelles sous toutes formes de mon village natal, Gourdon-Murat, terre de landes , de bois et de bruyères!
Recettes du terroir.
Généalogie
Balade en moto
Le "gars" c'est ainsi que l'appelaient ses copains d'enfance....
Ses camarades résistants l'appelaient Pierre.
Hélas c'est pour un dernier voyage que le 1er juillet Roger Bourdarias est revenu dans son village natal accompagné par sa
famille et des gens du village.
Né en 1925 à Gourdon-Murat, il a juste 15 ans quand il s'implique dans la résistance au sein des jeunesses communistes.
Dans le dernier livre de l'ANACR "Témoignages sur la Résistance dans le canton de Bugeat", deux pages lui sont
consacrées.
Affecté à la 232 Cie FTP, unité mobile,Roger servira dans cette unité du 15 janvier 1943 au 21 août 1944, unité FTP avec
laquelle il participera aux divers combats de celle ci , puis comme engagé volontaire, il rejoindra la Pointe
de la Grave en Gironde.
Homme réservé et discret il n'aimait pas se mettre en avant, raconter ses faits de résistance. Volonté que sa fille et sa
petite fille honoreront jusqu'au bout, il avait demandé qu'aucun discours ne soit prononcé sur sa
tombe;
Courage et volonté il en aura toute sa vie...... courage et volonté en partant dans le maquis pour résister à l'invasion
allemande, pour travailler et prendre des cours du soir afin d'avoir une situation qui mettra sa famille à
l'abri du besoin , pour construire une maison de ses mains avec l'association des Castors , courage enfin
devant la maladie qui l'a emporté.
Aujourd'hui il était important d'honorer la mémoire de ce "gars" là.
Merci à Fabienne sa fille et à Denise qui m'ont aidée à écrire ces quelques lignes.
Son maître est parti en ce matin de tempête, retourné à la terre qu'il a tant aimée .
Et je suis tellement triste aujourd'hui de penser à lui, en ce lendemain d'élections, lui qui a été pendant plus de 30 ans maire de Gourdon-Murat et qui a tant fait pour ce
village.
Baptème républicain de Julien
Gilbert Brette, que l'on aimait appeler Gilou, était le premier petit-fils d'Adrien et Joséphine, petit fils d'une longue
lignée.
J'aimais ce grand cousin, aux yeux si bleus, aux silences mesurés et à la grande générosité.
Resté au pays où il cultivera la terre, il aura à coeur de porter au plus haut la race limousine.
Dans notre région, il fut un des promoteurs de nouvelles méthodes qui ont révolutionné l'élévage des bovins. .... des troupeaux vivant à l'air libre....plein air intégral; il n'y a plus
d'étable! Rien que d'immenses prairies!
Ce n'est pas l'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux, mais bien plutôt à celles des vaches ou chiens...... tant il a aimé ces animaux.
Promenade avec Eliane, sa soeur et le chien Barry
Le passage d'un texte de Claude Duneton, parlant d'un vieux berger me fait beaucoup penser à Gilou et les chiens qui ont cotoyé sa
vie...... Rika, Scott, Barry ou le dernier Rocky!
Une telle complicité entre eux , à se demander comment c'était possible!
Voici ce texte ( il s'entend que là on parle de moutons, mais c'est au langage lancé au chien , auquel je fais référence!) "Tout à coup, il sursaute, il bondit, il se met à hurler:
- Tèh, tèh, tèh! Vira lo, vira lo, vira lo!....
Il se recoiffe à la volée.
-Tèh, l'ouilla!
Quand il reprend sa langue il remet son béret.
-Atssi l'ouilla!.... L'ouilla! Atssi, vira lo!
Il danse sur place, il fait des gestes désordonnés:
- Passa delaï! Delaï, delaï, delaï, delaï....
- Passa quéré!.....Vira lo! tèh.....
Sa voix aiguë se gonfle, épouvantable, déchire l'air, descend dans le vallon!
On ne s'attendait pas. Deux merles rasent la haie.
- Atssi! Aaa-tsi! Totsa! totsa! totsa!...
Delaï, delaï....totsa.....téh!
-Tèèèh! .....Ouïssii.....Tèh.......Tèèèèèèèh!!
C'est un poème lettriste! Ya que le chien qui comprend. Il gambade là-bas, à petits circuits violents. Il produit un ample moutonnement des "ouilles" qui s'éloignent
du maïs en tournant.
Les chiens, chez nous, ils sont comme ça! Tous des poètes!"
Claude Duneton
Avec Rocky, border collie
Né le 24 novembre 1926, aujourd'hui 12 mars, il rejoint pour l'éternité ceux qui l'ont porté et aimé.
Repose en paix Gilou.
Après avoir vu sur France 2 le docu-fiction "La Résistance", un temps fort de l'histoire de notre pays, il m'a semblé opportun de vous parler de nos résistants
gourdonnais.
Dans un premier temps je vous parlerais de ceux qui ont été déportés pour fait de résistance.
Yvonne FOURNIAL 1904-1997
Née le 19 juillet 1904 à Gourdon-Murat
En 1920 monte à Paris ( placée chez les "bourgeois" comme bonne à tout faire).
1928 : épouse Joseph Fournial, ouvrier du bois dans une usine de placages à Paris 12 ème.(militant syndical CGT et PCF depuis les années 20)
D' août 1940 au 16 janvier 1943, date de son arrestation par les brigades spéciales ( police de Pétain): chargée des liaisons elle faisait pour le Parti communiste français"la boîte aux lettres"pour le travail
illégal, .
Homologuée RIF (Résistance intérieure française), au grade de sergent, au titre du Front national de lutte pour la libération et l'indépendance de la France(*)
du 16.01.1943 au 30.06.1943: prison de la Petite Roquette (Paris 11ème)
du 01.07.1943 au 09.10.1943: prison de Fresnes (banlieu parisienne)
du 10.10.1943 au 10.04.1944: maison centrale de Rennes (Ille et Vilaine). Participe à la mutinerie contre les autorités pénitentiaires et les gendarmes venus à la
rescousse.
17.04.1944: camp de Romainville (banlieu Est de Paris)
Avril 1944 au 25 avril 1945: camp de Ravensbrück où elle est libérée par la Croix-Rouge suédoise. Elle avait pour compagne de travail Germaine Tillon.
25.04.1945 au 10.07.1945: en convalescence en Suède à Göteborg.
Depuis son retour des camps, a consacré son temps et usé toutes ses forces au sein de la FNDIRP (Fédération nationale des déportés, internés, résistants et patriotes)
à la reconnaissance des droits des survivants et des familles de disparus, jusqu'à sa retraite à Gourdon en 1969.
Décédée le 16.04.1997.
(a écrit une autobiographie à compte d'auteur:'Traumatisme psychique')
(*) Front national: mouvement français de résistance à l'occupant allemand, lors de la seconde guerre mondiale. Bien que créé à l'initiative du Parti communiste, il
recruta dans tous les milieux sociaux, politiques et confessionnels. A la fois politique et militaire, implanté dans les deux zones, il se proposait de faire en son sein l'union de tous les
résistants. Représenté au CNR par Pierre VILLON, il était à la libération le plus important des mouvements de la Résistance. ( Extrait du 'Grand Larousse universel')
à ne pas confondre avec Front national créé en 1972, parti politique d'extrême droite de Le Pen (ambiguïté,usurpation de titre).
Roger KLASSA 1921-1976 Né en 1921, de mère française et de père polonais.
Sa mère, née Triviaux, était originaire du Bourg de Gourdon-Murat. (proche parente de Jean Viossange, le sabotier, et de ses soeurs, Maria et Lisa.) C'est Lisa (épouse de Toinet Bourdarias) qui a
élevé Roger Klassa comme son propre fils, depuis l'âge de six mois.
Il a fréquenté l'école de Mme Barot à Gourdon, vers 1926 jusqu'en 1933. Ses copains d'école y compris 'la buissonnière" étaient Léon Bergeal, Joseph Magnaval, Albert Leygnac, François
Vinatier...... (se reporter au livre de Marcel Viossanges, 'Balade à travers le Vieux Gourdon')
Après le certificat d'études, a été placé à Prat chez les Gasparoux, Joseph et Germaine, dont le fils aîné en a surement le souvenir.
Il "monte" à Paris vers l'âge de 17 ans (1938). Il a travaillé dans le bâtiment, à Villacoublay, en région parisienne. Le monde du travail et ses injustices l'ont conduit à s'engager
politiquement au sein de Parti communiste français. Sous l'occupation nazie, il participait aux distributions de tracts clandestins appelant à la résistance et aux autes actions qui lui étaient
demandées, dans les années 1941-1942
Il est arrêté par la police de Pétain (probablement en 1943?), emprisonné et conduit à Compiègne ( Oise). C'est de ce camp qu'il est remis aux Allemands et déporté à Buchenwald. Il y a rencontré
Marcel Paul (devenu en 1945 ministre de la production industrielle dans le gouvernement du Général De Gaulle) et participé, avec les déportés dont l'état physique le permettait, à la libération de
Buchenwald, le 11 avril 1945, avant l'arrivée des troupes alliées. Il est resté pour aider à l'évacuation du camp, avant de retourner au pays. Il aimait à se retrouver à Gourdon. C'était un être
chaleureux et en même temps discret, sinon secret, sur ses activités et les souffrances endurées.
Il est décédé le 14 juillet 1976 à Périgueux et repose dans le cimetière d'Argentat.
Roger THOMAS 1924-1995
Métallo à TULLE aux usines de la MARQUE
Membre de l'ARMEE SECRETE, participe à la grève patriotique du 20 septembre 1943.
Arrêté à 20 ans, le 9 juin 1944 par les S.S. de la division "DAS REICH", plusieurs fois placé dans la colonne des suppliciés pour être pendu, il est déporté à DACHAU.
Depuis 1984, il vivait une retraite active, témoignant contre les crimes monstrueux du nazisme, tant auprès des jeunes lycéens de la Corrèze, qu'au travers de son activité
au sein de la FNDIRP et de l'ANACR.
Son dernier message a été pour les jeunes: "Nous n'avons pas de conseils à donner aux jeunes: ils forgeront eux-mêmes leur destin de leurs propres mains.
La seule chose que nous puissions faire...c'est de les informer...qu'ils sachent à quoi peuvent mener les méthodes fascistes ou nazies, pour qu'ils puissent s'en prémunir."
A voir - Peuple et Culture
Une stèle a été érigée à Gourdon en leur honneur.
Les documents concernant cette page m'ont été confiés par
Denise Brédimus-Fournial fille d'Yvonne Fournial
Eliane Brette-Thomas épouse de Roger Thomas
Monique Lefèvre-Roucard cousine de Roger Klassa
*12 avril 1999 (biographie de Roger Klassa reconstituée grâce à Roger Bourdarias, le plus jeune des fils de sa mère nourricière, qui fut également, bien que plus jeune, son compagnon
d'enfance. Né en 1925, ce dernier s'était engagé au maquis, dans la région de Treignac, Gourdon, Pradines ( Camp des Espagnols)
Marie entourait les épaules de sa mère. Elle la sentait si vulnérable.
Des éclats de terre sèche firent un bruit inhabituel en effleurant le linceul d'Estienne!
Dans le lointain on entendait encore le glas de l'église...
Le ciel déjà paraissait chauffé à blanc, les abeilles bourdonnaient comme en plein midi alors que la matinée en était encore à sa prime. Elles butinaient le petit bouquet de campanules
et de marguerites que Jeanne la première petite fille de la maisonnée avait cueilli pour son grand père.
Le regard de Léonarde s'accrocha à ce doux bruit et à la valse incessante des butineuses.
Elle revivait ce dimanche 13 août 1769.....
Depuis des jours et des jours le soleil plombait toute vie sur terre. On n'arrivait même plus à se souvenir de la dernière pluie bienfaisante. Une chaleur comme personne au village n'en avait
encore connue.
Et ce dimanche aux matines, l'Estienne était parti avec le voisin, l'Estienne Marouby, pour voir s'il ne pouvait pas trouver un peu de cette eau qui leur faisait tant défaut! Toutes les
sources semblaient se tarir, même celle du pré de La Fond.
Il avait dans l'idée que celle de l'étang de Gourdon pouvait peut être les tirer d'affaire.
C'était sans compter avec les caprices du ciel.
Déjà aux laudes de gros nuages noirs montaient derrière la Jarousse! Un noir bleuté et inquiétant. Voici venir l'orage et la délivrance.
Tous le guettaient, le redoutaient mais l'espéraient. Mais d'un coup, tout devint inquiétant. Le chant des grillons stoppa net, le chien rentra dans la maison, la queue entre les jambes, les
martines se serrèrent un plus , les hirondelles rentrèrent au nid à tire d'aile..... et le vent se leva puissant et violent! Un éclair blanc zébra le ciel et fit sursauter ceux qui
regardaient, un énorme coup de tonnerre suivit aussitôt et de grosses gouttes chaudes de pluie déferlèrent sur le pays.
Peur et bonheur étaient mêlé sur le visage de la famille Orluc.
Rentrés et autour du cantou, Léonarde dit alors:
- ' j'espère que votre père a pu s'abriter!"
Jacques son gendre esquissa un sourire et dit :
-'Pas sûr la mère! il avait tellement soif, qu'il doit en prendre de grandes goulées en ce moment!"
"Tais toi donc! dit elle , tordant ses mains noueuses sur son tablier de devant.
La pluie dégringolait du ciel comme une cascade et s'écrasait sur un sol sec et aride.
Des rigoles creusaient les chemins. Le tonnerre roulait toujours mais s'éloignait déjà.
"Ca ne va pas suffir...... il faudrait qu'il pleuve encore! annonça Jacques en passant le pas de la porte.
Et le ciel dégagé affichait à nouveau un bleu éclatant. Cet orage avait été généreux!
Passé le midi de la journée, les deux Estienne n'étaient toujours pas rentrés.
Jacques jeta un coup d'oeil à Léonarde sa belle mère et vit bien qu'elle semblait soucieuse!
"Je vais aller à leur rencontre dit il en passant la porte....
Bien plus tard , les femmes le virent revenir à pas lent, portant à bout de bras le corps d'Estienne. Sa chemise de toile et ses brages étaient trempées, ses pieds nus..... Estienne Marouby
suivait complétement hagard.....
Quand il allongea le père sur la table , Marie comme Jeanne virent tout de suite que la vie l'avait quitté.
Alors Léonarde approcha de son homme, lui caressa le visage ..... il semblait dormir.
Elle se tourna vers Estienne et lui adressa une question muette.....
Le tisserand du village, si sûr de lui d'habitude, ne disait rien, n'arrivait pas à parler.
Ses mains boueuses et tuméfiées parlaient pour lui.
Il regarda alors le Jacques et dans un souffle dit:
- Quand l'orage est arrivé, il était vers la digue de l'étang.
- la digue? mais pourquoi?
- il étouffait qu'il disait et il a voulu aller se rafraîchir, se baigner quoi!
Un silence pesant s'installa.... personne n'y croyait! se baigner? mais quelle idée saugrenue!
Et l'Estienne Marouby dit encore:
- et quand ça a commencé à épargner, je lui ai dit de sortir! Mais avec le bruit de l'eau, il n'entendait rien!
La pluie s'est mise à tomber à seau, l'eau est montée et elle a passé par dessus la digue!
Et déjà je ne le voyais plus.
J'ai pu descendre plus bas vers la berge, mais je ne le voyais toujours pas..
L'orage grondait et je n'étais pas très fier, là sous la pluie! Je me suis abrité sous le gros chêne et j'ai attendu d'y voir quelque chose!
Quand la pluie s'est arrêtée, j'ai pu descendre plus bas........ il était là coincé dans les ajoncs et les branches mortes.....
Le 15 août 1769, tout un village porta en terre Estienne Orluc. Le soleil n'en finissait pas de briller et d'écraser tout sous sa chaleur. Jamais il
n'avait fait aussi chaud sur cette terre corrézienne.
Ce même jour naissait sur l'Ile de Beauté celui qui par ambition démesurée entrainera, bien des annés plus tard, tout un pays dans des guerres meurtrières. Parmi ces soldats, ceux qu'on
appelait les grognards , mon ancêtre, Pierre Borzeix dont je vous conterai bientôt les mésaventures.
Estienne Marouby était mon ancêtre.
Lexique martines: de vieilles brebis qu'on engraissait pour la Noël. brages : pantalon épargner: action de l'éclair
J'ai écrit ce texte à la lecture de documents d'archives.... merci Gaby! mais c'est tout à fait imaginaire à partir de faits réels. Voilà venir l'orage rappelle la
chanson'Il pleut, il pleut bergère" que Fabre d'Eglantine écrivit à cette époque;
Il a été noté aussi que cet été de violents orages éclataient dus à une chaleur excessive.
Vers la fin juillet la faille de San Andréa commençait à faire parler d'elle!
Je voudrais commencer à vous parler de mon village en rendant hommage à notre doyenne de Gourdon, Jeanne Négrerie que l'on a
toujours appelé Léontine et même La Tine. Je l'avais photographiée en juillet 2005, à la fête du village.
Née le 6 janvier 1909 à Gourdon, elle part à 17 ans avec ma tante Louise se placer comme bonne à Paris.
Mariage de ma tante Louise et
mon oncle Adrien
Louis , mon père joue de
l'accordéon.
Et La Tine est là aussi , entre mon oncle Damien et mon oncle Elie.
Dans les années 40, elle entre aux PTT comme factrice et pendant plus de 30 ans elle distribuera le courrier rue Mouffetard,
cette rue symbolique du vieux Paris, qui a gardé toute son authenticité et son esprit de village, en plein quartier latin.
En 1968 La Tine revient au pays, à Chemin, pour y vivre une retraite heureuse entre son mari et sa fille Jacqueline.
Sa maison est là toute blanche, à droite.
Femme étonnante, marcheuse infatigable, d'une gentillesse extrème, à l'esprit et à la mémoire vifs, nous aimions la rencontrer pour bavarder avec elle, toujours étonnés de la voir aussi
pleine d'allant. Elle n'avaitpratiquement jamaisété
malade.
Mercredi dernier, 30 janvier 2008, les gens de Gourdon, sa famille et tous ses amis l'ont accompagnée dans sa dernière demeure.
Elle venait d'avoir 99 ans.
Qu'elle repose en paix.
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