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Je vais la voir ce soir au Zénith de Limoges....
Je suis impatiente!
On fête les 140 de la Commune cette année...
Samedi, ce moment d'histoire était à l'honneur.....dans une petite église de village.
Sur cette terre de résistance qu'est la Haute Corrèze, nous avons eu à coeur de restaurer notre petite église qui date du 12ème siècle, par respect pour ceux qui croient au ciel mais aussi pour ceux qui n'y croient pas. Elle est notre patrimoine et nous en sommes fiers.
Ces chants de lutte ouvrière résonnaient haut et fort.
Riton la manivelle a chanté magnifiquement deux chansons de Jean-Baptiste Clément, 'le temps des cerises' et 'la semaine sanglante'.
Un petit rappel sur JB Clément
'Né dans une famille aisée, originaire de Nanterre, fils d'un riche meunier de Montfermeil, il quitte très jeune le foyer. Dès l'âge de 14 ans, il exerce le métier de garnisseur de cuivre, métier qu'il qualifiait lui-même de plus insignifiant de tous les métiers. Il exerce encore plusieurs autres métiers et rejoint Paris où il côtoie des journalistes écrivant dans des journaux socialistes, notamment « Le Cri du peuple » de Jules Vallès. En 1867, il doit se réfugier en Belgique, où il publie la célèbre chanson Le Temps des cerises. Revenu à Paris, il collabore à divers journaux d'opposition au Second Empire, tels que La Réforme de Charles Delescluze et Auguste Vermorel. Jean Baptiste Clément est condamné pour avoir publié un journal non cautionné par l'empereur.
Il est alors emprisonné à la prison Sainte-Pélagie jusqu’au soulèvement républicain du 4 septembre 1870. Membre de la Garde nationale, il participe aux différentes journées de contestation du Gouvernement de la Défense nationale le 31 octobre 1870 et le 22 janvier 1871. Le 26 mars 1871, il est élu au Conseil de la Commune par le XVIIIe arrondissement. Il est membre de la commission des Services publics et des Subsistances. Le 16 avril, il est nommé délégué à la fabrication des munitions, puis, le 21 avril, à la commission de l'Enseignement. Dans Le Cri du peuple, il proteste contre la fermeture de certains journaux d'opposition à la Commune. Combattant sur les barricades pendant la Semaine sanglante, il écrit peu après la chanson La Semaine sanglante qui dénonce la violente répression contre les communards.
La Semaine sanglante, du 22 au 28 mai 1871, est l'épisode final de la Commune de Paris, où celle-ci est écrasée et ses membres exécutés en masse.( source Wikipédia)
Quelques extraits de ces chants...
Paroles : Jean-Baptiste Clément
Sauf des mouchards et des gendarmes,
On ne voit plus par les chemins,
Que des vieillards tristes en larmes,
Des veuves et des orphelins.
Paris suinte la misère,
Les heureux mêmes sont tremblants.
La mode est aux conseils de guerre,
Et les pavés sont tous sanglants.
- Refrain :
Oui mais !
Ça branle dans le manche,
Les mauvais jours finiront.
Et gare ! à la revanche
Quand tous les pauvres s'y mettront.
Quand tous les pauvres s'y mettront.
Les journaux de l'ex-préfecture
Les flibustiers, les gens tarés,
Les parvenus par l'aventure,
Les complaisants, les décorés
Gens de Bourse et de coin de rues,
Amants de filles au rebut,
Grouillent comme un tas de verrues,
Sur les cadavres des vaincus.
- Refrain -
On traque, on enchaîne, on fusille
Tout ceux quon ramasse au hasard.
La mère à côté de sa fille,
L'enfant dans les bras du vieillard.
Les châtiments du drapeau rouge
Sont remplacés par la terreur
De tous les chenapans de bouges,
Valets de rois et d'empereurs.
- Refrain -
Nous voilà rendus aux jésuites
Aux Mac-Mahon, aux Dupanloup.
Il va pleuvoir des eaux bénites,
Les troncs vont faire un argent fou.
Dès demain, en réjouissance
Et Saint-Eustache et lOpéra
Vont se refaire concurrence,
Et le bagne se peuplera.
- Refrain -
Demain les manons, les lorettes
Et les dames des beaux faubourgs
Porteront sur leurs collerettes
Des chassepots et des tambours
On mettra tout au tricolore,
Les plats du jour et les rubans,
Pendant que le héros Pandore
Fera fusiller nos enfants.
- Refrain -
Demain les gens de la police
Refleuriront sur le trottoir,
Fiers de leurs états de service,
Et le pistolet en sautoir.
Sans pain, sans travail et sans armes,
Nous allons être gouvernés
Par des mouchards et des gendarmes,
Des sabre-peuple et des curés.
- Refrain -
Le peuple au collier de misère
Sera-t-il donc toujours rivé ?
Jusqu' à quand les gens de guerre
Tiendront-ils le haut du pavé ?
Jusqu' à quand la Sainte Clique
Nous croira-t-elle un vil bétail ?
À quand enfin la République
De la Justice et du Travail ?
Jeudi 3 mars 2011 avait lieu un meeting en soutien aux candidats "Corrèze Terre de gauche", Jean-François Ensergueix et Monique Plazanet. voir le blog ici
Beaucoup de monde..... et beaucoup d'espoir pour la réussite de cette élection.
Nous avons apprécié ces orateurs dont Jean-françois Ensergueix, Christian Audouin et François Hollande....
Ce dernier a vraiment beaucoup d'humour!
Un petit clip pour vous faire apprécier!
Je viens vous voir dès que possible!
Ce poème d'Aragon pour illustrer les dernières semaines dans le monde.
JE CHANTE POUR PASSER LE TEMPS
Je chante pour passer le temps
Petit qu'il me reste de vivre
Comme on dessine sur le givre
Comme on se fait le coeur content
A lancer cailloux sur l'étang
Je chante pour passer le temps
J'ai vévu le jour des merveilles
Vous et moi souvenez-vous-en
Et j'ai franchi le mur des ans
Des miracles plein les oreilles
Notre univers n'est plus pareil
J'ai vécu le jour des merveilles
Allons que ces doigts se dénouent
Comme le front d'avec la gloire
Nos yeux furent premiers à voir
Les nuages plus bas que nous
Et l'alouette à nos genoux
Allons que ces doigts se dénouent
Nous avons fait des clairs de lune
Pour nos palais et nos statues
Qu'importe à présent qu'on nous tue
Les nuits tomberont une à une
La Chine s'est mise en Commune
Nous avons fait des clairs de lune
Et j'en dirais et j'en dirais
Tant fut cette vie aventure
Où l'homme a pris grandeur nature
Sa voix par-dessus les forêts
Les monts les mers et les secrets
Et j'en dirais et j'en dirais
Oui pour passer le temps je chante
Au violon s'use l'archet
La pierre au jeu des ricochets
Et que mon amour est touchante
Près de moi dans l'ombre penchante
Oui pour passer le temps je chante
Je passe le temps en chantant
Je chante pour passer le temps
(Le roman inachevé, 1956) Louis ARAGON
J'ai emprunté ce clip très bien fait!
Semaine un peu difficile aussi pour nous.......
la diablesse avait décidé de vivre sa vie, des grues se sont perdues une nuit et avaient pris notre toit comme repère et ces mirages qui volent si bas au dessus du plateau qu'on se demande toujours s'ils ne vont pas se scracher sur nos petits villages...on ne fait pas grand cas de notre désert vert.... hier un mirage 2000 s'est abîmé en Creuse....
PS le plombier a fait un passage éclair.... juste une journée! mais promis il doit revenir!
Et on le porte en toutes saisons!
Pour continuer dans la couleur que je donne à cette année nouvelle, je voulais vous faire lire quelques mots écrits par Jean-Marc à l'occasion de l'année nouvelle, mots qu'il adresse à ses anciens de Pradines , à ceux qui ont encore la fibre solidaire et fraternelle (le quatrième et cinquième âge... de plus en plus en voie de disparition).
Il s'adresse aussi à ce grand homme trop tôt disparu Jean Ferrat....
Une balle en plein cœur les avait fusillés.
Le sang avait coulé de leurs maigres dépouilles
En un rouge idéal au bout des doigts perlé,
Puis mourant dans le sable, aussitôt épongé…
Mais comme grain germant quand la terre se mouille,
D’autres s’étaient dressés pour les continuer…
Ils préféraient mourir plutôt que de crever,
Ne pas se résigner, faire face à la tempête,
Car lutter valait mieux qu’avoir tête baissée.
Ils avaient combattu sans jamais hésiter,
Espérant que l’issue serait journée de fête,
Nourrissant l’avenir au chaud d’un poing dressé.
Ils nous ont tant appris, ils nous ont tant acquis,
Révoltés de l’Histoire et rebelles d’hier,
Tous ceux des barricades et ceux de l’ombre aussi,
Femmes et hommes fiers, héritiers de Valmy,
Ceux du Front Populaire, des grèves ouvrières,
Tous ceux de la Commune et tous ceux du maquis.
Mais qu’en restera-t-il, de ce qu’ils ont bâti,
Mais qu’en restera-t-il, du fruit de leurs combats,
Que chaque jour effrite, chaque jour démolit…
Il faut faire de la place à messieurs les nantis.
Et pendant que somnole, hagard, un peuple las,
Enfle le bruit des bottes, monte l’ordre en kaki.
Pourtant Ferrat, mon frère, tu l’avais dénoncé…
Toi qui les fustigeais de ta plume en colère,
Dresse-toi dans ta tombe, voilà les Pinochet,
Voici l’intolérance, la chasse à l’étranger,
Les trop mauvais Français conduits à la frontière…
Auront-ils une étoile sur l’épaule épinglée ?
Pourtant Jean Tenenbaum, tu nous les as chantés,
Les camps de déportés et les trains du malheur…
Beaucoup ont dit alors que c’était du passé,
Que la bête était morte, jamais ne reviendrait.
Nuit et brouillard toujours estompent les horreurs,
Mais le jour les découvre : la bête est réveillée.
Pourtant Jean, mon ami, tu l’as si bien écrit :
Les maîtres ont encore une âme de valet.
Pour jouer au puissant, il faut être poli,
Remercier le prince, mériter son profit…
La grasse servitude est unique pensée
Et les Lumières de France se fondent dans la nuit.
Que sera donc demain si l’espoir est banni,
Si le chemin des urnes devient voie sans issue ?
Se fermeront les portes de la démocratie…
Restera la révolte, la voie des insoumis,
Ferrat de ma jeunesse chantera dans les rues,
Et cerise et grenade seront de la partie.
Une balle peut-être viendra nous fusiller
Et le sang coulera de notre corps meurtri
En un rouge idéal au bout des doigts perlé,
Puis mourant dans le sable, aussitôt épongé…
Mais comme grain germant dans une terre nourrie
D’autres se dresseront pour nous continuer…
Ils se battront pour l’Homme et pour sa dignité,
Ils auront la jeunesse et sa belle énergie,
Et sur eux fleurira le grenat des œillets…
L’aube se lèvera qui les verra graver
Rêve et évolution en un seul mot unis,
Et sur eux fleurira le grenat des œillets…
Jean-Marc Laurent
Lors de l'exposition sur la guerre d'Espagne à Gourdon, alors que les visiteurs étaient en petit nombre, nous avions été très surpris de voir arriver deux journalistes de Libération, Lilian Alemagna et Marc Chaumeil.
Ils n'étaient pas là pour l'expo... mais pour parler avec Denise à propos des 90 ans du PCF.
Nous attendions Libé avec impatience!
Ce numéro est paru le 21 décembre 2010.
Voilà l'article dans son intégralité. Il est un peu long.... mais je sais que beaucoup le liront jusqu'au bout!
Libération 21/12/2010
Les Millevaches, toujours en résistance
GRAND ANGLE
Par LILIAN ALEMAGNA Envoyé spécial à Bugeat (Corrèze)
1920-2010, les 90 ans du PCF (1/2) Terre d’émigration et de révoltes paysannes, la Corrèze fut l’un des creusets du communisme rural. Elle en reste un bastion, forte de la mémoire du maquis.
Un béret vert et usé sur le crâne, les avant-bras posés sur la toile cirée de sa salle à manger surchauffée, Jean Plazanet, 72 ans, fronce un œil, esquisse un sourire et une fausse menace : «Le Parti communiste, on l’a déjà enterré plusieurs fois… Mais faites attention, des fois, les morts, ils se réveillent.» En Haute-Corrèze, chez cet ancien maire de Tarnac, le PCF est bien vivant. Vieillissant mais plutôt en forme. Ici, dans le canton de Bugeat, la moitié des maires ont l’étiquette PCF. Aux dernières élections régionales, la liste d’union «Limousin, terre de gauche» - qui regroupait notamment le PCF, le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon et le Nouveau Parti anticapitaliste - a raflé 40,7% des voix au second tour. Ajoutez-y les voix de la liste socialiste et vous obtenez une gauche qui culmine à 70%.
Certes, «ce résultat est d’abord lié à Christian Audoin, [tête de liste PCF et ex-conseiller général du canton]. C’était d’abord une candidature qui rassemblait plus largement que les voix communistes», tempère Danielle Terracol, maire du petit village de Toy-Viam. Mais sur une terre qui a choisi le communisme dès le congrès de Tours, la strate rouge PCF est encore épaisse. «Au conseil municipal de Tarnac, sur treize membres SFIO [Section française de l’Internationale ouvrière], dix sont passés à la SFIC[Section française de l’Internationale communiste]» fin décembre 1920 avant de prendre l’étiquette PCF en 1921, raconte Jean Plazanet. Son grand-père était l’un d’eux. Comme 80% des militants et élus SFIO corréziens de l’époque, il a fait le choix de la IIIe Internationale pour une raison principale : «La collaboration de la SFIO avec la droite et la boucherie de 1914... Ça, ils ne l’ont pas accepté», appuie le vieil homme.
Sur ce plateau de Millevaches, au-dessus de Tulle et Limoges, le communisme rural germe avec l’émigration des paysans vers Paris à la fin du XIXe siècle. Les Auvergnats avaient choisi les bistrots, les Creusois voisins s’étaient fait un nom dans la maçonnerie, les Corréziens ont fait dans le transport : cochers de fiacre. Six mois à la ville à faire «l’expérience de la conscience de classe» dans les syndicats, puis six mois de retour sur les contreforts du Massif central à s’occuper du bétail et de champs difficiles. «Expérience» reproduite par les ouvriers installés tout au long du XXe siècle dans la banlieue rouge de Paris. «Quand on fait ces mouvements, on est confronté à d’autres idées», dit Jean Plazanet. «Celles de la CGT pour défendre le monde du travail», précise Maurice Fournial, 72 ans, ancien agriculteur et trente-deux années de secrétariat de cellule à Bugeat.
Jean-François Ensergueix
Dans la salle gelée du conseil municipal du village de Grandsaigne, on avance d’autres raisons : les révoltes paysannes du XIXe siècle, la culture «rebelle», de «résistance» sur une terre au climat rude, l’isolement sur un plateau coupé du reste de la plaine les mois l’hiver, le travail en commun dans les petites fermes.«Quand on devait battre le seigle ensemble, la question du collectif ne se posait pas, elle se faisait», assure Pascal Bagnarolle, responsable de la fédération de Corrèze. Pour lui, les petites exploitations, le refus - et l’impossibilité - d’une agriculture intensive et productiviste, les difficultés face à la concurrence des grands exploitants ont maintenu en partie le vote PCF. Jusqu’à remettre en cause le principe de la propriété privée ? «Ici, on n’est pas dans un système soviétique, dit en souriant Pierrot Lagnitre, 71 ans et responsable de la petite section de Bugeat (cinquante-six adhérents). Les gens avaient tellement eu de mal à avoir un petit bien, un bout de terre qu’il était impossible de mettre les terres en commun. Le Français n’est pas dans cette optique, même communiste.»
Marcel Plas et Pierrot Lagnitre
«Il faut que je continue à militer»
Plutôt que la «collectivisation», on opte pour la «mutualisation» des outils et d’une partie de la production : coopérative entre les villages de Grandsaigne et Pradines, l’achat d’un premier tracteur pour permettre à tous de transporter les bêtes à la foire.«C’est le vécu qui fait que l’idée de communisme reste enracinée ici», dit d’une grosse voix Marcel Plas, 63 ans, adjoint au maire de Grandsaigne. L’homme n’a plus sa carte au PCF depuis la période Robert Hue. Mais les «idées», on ne les lui «enlèvera pas» surtout avec les difficultés économiques que les agriculteurs connaissent aujourd’hui. «Vous ne pouvez pas sortir le canton du contexte national et international», fait valoir Pierrot Lagnitre. Ni des événements historiques.
Jean Madranges
Les réfractaires du STO, communistes ou non, sont venus grossir les petites unités résistantes cachées dans les forêts alentours. La figure du «préfet» communiste, Georges Guingouin, leader de la Résistance en Limousin, revient dans toutes les conversations. La Résistance - et aujourd’hui son souvenir - maintient une sympathie pour le PCF. «Guingouin était assis là. A votre place», pointe du doigt Jean Plazanet, racontant comment il écoutait, sous la grande table de la salle à manger, les conversations entre le chef de la Résistance locale et son grand-père. «La Résistance a eu un fort impact ici. Plus moral que militaire», poursuit-il. Le vieil homme évoque quatre communistes assassinés à la sortie de Bugeat, les rafles de familles juives sur dénonciation... Rien sur l’épuration. «Tout cela a maintenu un climat et des communistes actifs», termine l’ex-maire de Tarnac. La période exacerbe aussi la méfiance envers les cousins socialistes. Charles Spinasse, ministre du Budget dans le gouvernement du Front populaire et conseiller général du canton voisin d’Egletons a fait dans la collaboration active avec Vichy. Alors, quand on parle de socialistes à d’anciens résistants comme Jean Madrange, 85 ans, la réponse est claire : «Ils ont trop trahi ! De tout temps ! Ici, quand on a une parole, on la tient !» Fatigué, le vieil homme rondelet a du mal à sortir de son fauteuil. Béret brun sur la tête, le sourire ne le quitte pas lorsqu’il parle du «Parti» : «J’ai adhéré au PCF en 1942 et j’y suis toujours. J’ai fait toutes les fêtes de l’Humanité. Sauf la dernière.»
Denise Brédimus
Depuis soixante ans, on cultive à Bugeat la mémoire de cette Résistance en partie rouge. Fille d’un père ouvrier dans une usine de bois et d’une mère déportée à Ravensbrück pour son aide apportée aux maquisards, Denise Brédimus, 82 ans, écharpe rouge sur col roulé vert pomme, dit avoir «hérité du gène communiste de ses parents». Militante en région parisienne, elle a perdu une «camarade» en 1962 lors de la manifestation contre la guerre d’Algérie, métro Charonne, réprimée par la police. Pour sa retraite, elle est revenue dans son village de Gourdon-Murat. Dans la salle des fêtes du village, elle tient une exposition sur Damien Magnaval, un communiste du coin, mort à 34 ans lors de la guerre d’Espagne. «Avant d’aller au cimetière, il faut que je continue à militer», dit-elle. Lecture de l’Humanité et de l’Echo, quotidien «coco» de la région, réunions de section, manifestations à Tulle contre les retraites ou les fermetures de bureau de poste. Elle se désole de la perte des services publics en milieu rural. Comme Pierrot Lagnitre : «Nous sommes dans une région où tous les services publics foutent le camp, ça incite à se bouger ! Pour un permis de construire, il faut aller à Ussel, à 60 kilomètres !»
«Les déceptions ont fait pas mal de dégâts»
«On se bagarre au quotidien pour nos services publics», confirme le conseiller général du canton, Christophe Petit, 42 ans et maire de Lestards, 113 habitants. L’élu est UMP. Tendance chiraquien. «Mais là-dessus, y’a pas de couleurs politiques», défend-il. Si Christophe Petit a été élu en 2004, en partie grâce à l’absence sur le terrain du sortant PCF Christian Audoin, l’élection d’un UMP dans ce canton interpelle. «La tradition communiste se perd», confirme Danielle Terracol. Exemple à Tarnac : le maire est de droite. «Le vote communiste reste mais il s’effrite, poursuit l’élue. Les gens meurent et les retraités qui viennent s’installer ici ne sont pas forcément acquis au PCF.» Ils sont plutôt socialistes, voire de droite.
En 1920, après le congrès de Tours, la Corrèze comptait 3 000 adhérents PCF. Ils ne sont plus que 900 en 2010. «On est loin de ce qu’on pouvait avoir il y a des années. On n’a pas d’université. Les jeunes partent à Limoges ou sur Toulouse, justifie Pascal Bagnarolle. On arrive à faire se rencontrer tout un paquet de gens mais les faire passer à l’adhésion, c’est plus compliqué, poursuit-il. Et puis, à une époque, on a été frileux pour pousser aux adhésions avec ce qu’il se passait dans les pays de l’Est. On était sur le retrait alors que lorsqu’on prend leur demande, ils ne disent pas tous non.» Le rapport Khrouchtchev, l’après programme commun, les participations aux gouvernements Mauroy puis Jospin.«Les déceptions ont fait pas mal de dégâts», dit Jean Plazanet. La relève ? «On ne la voit pas trop», regrette Denise Brédimus. Les réunions de sections se font plus rares, autre signe du vieillissement : «C’est pas du tout le même rythme ici. Autrefois, il y avait des réunions de cellules une fois par semaine ou tous les quinze jours. Aujourd’hui, on se rencontre selon les événements», ajoute-t-elle. Le déclin s’illustre aussi à travers les fêtes de de section. Celles de Tarnac et de Bugeat ont disparu. Il ne reste plus que celle de Pradines : 300 participants chaque année pour un village de 100 habitants.
Dans le canton de Bugeat, le communisme rural arriverait-il à la fin d’une existence que ses acquis historiques maintenaient encore active ? «Non ! On a des enfants qui votent communistes !», lance Danielle Terracol dans un cri de survie. Mais l’élue concède dans la foulée : «Quand on perd des cantons, c’est que quelque chose se passe.» «Si on repart sur de bonnes bases, on peut retrouver une influence dans les urnes», espère Jean-François Ensergueix, maire de Grandsaigne et candidat à 50 ans aux prochaines cantonales. Devant sa cheminée, Jean Plazanet parle des jeunes venus s’installer à Tarnac, Julien Coupat en tête. Eux sont anticapitalistes, pas au PCF. Le vieil homme en est persuadé : «Le vote communiste va repartir. Peut-être sous une autre forme, une autre appellation.»
Il y a eu "Ceux qui marchent debout" ou CQMD ..... vous ne connaissez pas? alors c'est ici!
"Ceux qui marchent contre le vent" est le nom d'une nouvelle collection, nom emprunté aux Ohamas, peuple indien des plaines d'Amérique du Nord, rattaché à la famille des Sioux et qu'on désigne par cette expression;
Oserai-je dire que cette nouvelle collection a le vent en poupe avec ce petit livre qui décoiffe!
Tout le monde en parle !! Patrick le premier!
Et je trouve que commencer l'année 2011 avec ces quelques lignes nous donne du coeur à l'ouvrage!
Chez nous il circule beaucoup ! Il véhicule des idées auxquelles on adhère depuis longtemps!
Il y a peu , on pouvait lire dans Libé "Millevaches toujours en résistance"
Si je n'ai pas le bec trop gelé, je vous en parle très bientôt!
Merci Mr Hessel de nous réveiller si hardiment!
Dans de très nombreuses villes et villages, la date du 27 mai, anniversaire de la création du CNR en 1943, est la journée lors de laquelle est rendu un hommage particulier au rôle de la Résistance dans la libération de notre pays et la restauration des libertés, en même temps qu'au sacrifice des Résistants qui les ont permises.
Le 27 mai dernier à Bugeat avait donc lieu cet hommage à la Résistance.
Ce fut aussi le moment où Albert Laurent secrétaire général du Comité cantonal de l'A.N.A.C.R. passa le flambeau à Bernard Bouche.
Albert Laurent
Maurice Champseix, René Leygnac ,Andrée Laurent étaient remerciés aussi pour toutes ces années de dévouement pour le bon fonctionnement de toutes ces cérémonies et commémorations.
Un moment convivial pour nous tous aussi.
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