Le maire et le conseil municipal de la commune, avec le concours de la Chambre syndical des cochers-chauffeurs, des retraités taxis CGT et de la section PCF de Pradines-Bugeat invitent la population à rendre hommage à Damien Magnaval le dimanche 16 octobre à 11h devant la stèle (près de la mairie).
Né en 1904, il était secrétaire de la chambre syndical des cochers-chauffeurs. Engagé dans les brigades internationales, il est tombé en 1938 sur le Front de la Liberté en Espagne.
A voir le site "Amis des Combattants en Espagne républicaine"
Mr Christian Beynel a fait un exposé très riche sur les origines des cochers-chauffeurs, exposé qui s'appuie sur les recherches de sa fille Lauriane qui prépare un master d'histoire.
Mr Hasnoun , secrétaire des cochers-chauffeurs a également pris la parole .
Un verre de l'amitié aux couleurs espagnoles (tapas et sangria) nous a réchauffés et réunis autour de l'exposition sur la guerre d'Espagne, exposition très documentée, due à Mr Daniel Espinat (ancien résistant) de Chamboulive.
Et nous étions tous très émus lorsqu'Antoine a chanté pour nous l'Estaca ( le pieu) de Lluis Llach , chanson bien connue pour avoir été l'hymne officieux catalan de résistance au franquisme .
Je vous donne à lire cette lettre que je lirai aujourd'hui devant la stèle de mon oncle Damien.
D'abord une photo souvenir qui doit dater de 1936.
Mon oncle Adrien qui était aussi chauffeur de taxi, ma tante Louisette et mon oncle Damien devant la ferme que nous restaurons aujourd'hui.
Dernière lettre de Damien à sa soeur Louisette
Front de l’ Ebro, le 16 juin 1938
Mon cher Adrien, ma chère Louisette,
Voilà bientôt deux mois que je suis en Espagne sans vous donner de mes nouvelles. Je vous accorde que c’est un peu exagéré de ma part et vous en demande pardon. Toutefois, n’allez pas croire que
je vous oublie, non, je suis infiniment heureux de passer de temps à autre quelques instants avec les chères images que j’ai emporté de vous tous, et j’en suis reconnaissant à mon petit appareil
qui entre parenthèses, ici, ne me sert pas à grand chose.
J’espère que vous êtes en bonne santé et je suppose que Colinette est partie à la campagne, ainsi qu’Yvonne sans doute.
J'espère par retour du courrier une foule de détails que, malgré la petite peine que j’ai pu vous faire bien involontairement, vous ne manquerez pas de me donner sur tout ce qui se passe là-bas,
sans oublier le travail d’Adrien.
Je ne voudrais pas que vous voyiez dans cette demande autre chose que ce qu’elle comporte, car le moral est excellent et je me félicite à tous points de vue d’être aux Brigades internationales, à
côté de nos vaillants camarades espagnols pour combattre contre le fascisme international.
Il me faudrait de longues pages pour vous conter mon voyage dans le détail ; je m’en tiendrai pour aujourd’hui à vous faire part de quelques impressions parmi tant d’autres, dont j’aurai le
plaisir de vous entretenir plus tard.
Tout d’abord, le passage des Pyrénées, étape très dure surtout pour des gens peu entraînés comme j’étais moi-même, mais après avoir passé la frontière, il nous était donné d’assister à 2000
mètres d’altitude, à un spectacle vraiment beau, le lever du soleil avec dans le lointain la Méditerranée.
Ensuite on nous a acheminés vers le camp d’instruction. La Catalogne est un beau pays où il doit faire bon vivre en temps de paix mais présentement, la population qui est très courageuse, manque
d’une foule de choses de première nécessité ( toujours la non-intervention qui n’en a plus pour longtemps j’espère). Le 1er mai nous avons défilé dans Olot, jolie petite ville catalane dont la
municipalité avait organisé, avec le concours des organisations Front populaire, une manifestation en l’honneur des Brigades internationales : un grand meeting eut lieu dans les arènes où nous
pûmes entendre André Marty qui… comme l’inlassable lutteur qu’il a toujours été et qui , connu du peuple espagnol et catalan dont il est un des plus vaillants défenseurs, fut longuement acclamé ;
une cérémonie émouvante devait clore cette magnifique journée : la remise par la municipalité d’un drapeau aux couleurs de l’Espagne et de la Catalogne avec l’étoile antifasciste, que nous
avons juré de conduire à la victoire.
Puis, par étapes, ce fut la direction du Front : le 11 mai, nous prenions notre premier bain dans la mer sur une petite plage de toute beauté, le 14 j’étais affecté à l’unité à laquelle
j’appartiens présentement : la Cie mitrailleuse du bataillon « Commune de Paris » et le 18, nous montions en position. Certes, à travers toutes ces péripéties, nous avons connu quelques
petites misères, mais on se fait rapidement à tout et l’on arrive ainsi à avoir une plus juste appréciation des choses .
Je suis avec des camarades, des « tordus » comme on dit ici, qui ont en vu de toutes les couleurs et qui, après vingt mois de combats, ont toujours le mot pour rire, même sous les
rafales de mitrailleuses.
En ce qui me concerne, je crois pouvoir dire que pour mon baptême du feu, je ne me suis pas trop mal comporté ; il est vrai que ce n’est qu’un commencement, mais ce qui m’a surtout impressionné,
ce sont les rafales de mitrailleuses et le claquement des balles explosives ; inutile de vous dire que l’on n’attend pas le commandement pour se planquer.
Présentement, le secteur est calme et vraiment à certains moments on ne se croirait pas à 200 mètres des lignes fascistes.
J’ai déjà écrit, en collaboration avec les chauffeurs de taxi qui étaient partis avec moi pour le front, une lettre aux camarades du bureau syndical ( ma première lettre que voici devant être
pour vous) ; or je n’ai pas eu de réponse. Il est vrai que j’ai changé cinq ou six fois d’adresse et j’ignore si elle est arrivée à destination. Je dois vous dire également que lors de notre
affectation, nous avons été dispersés et que je n’ai plus de nouvelles de mes copains chauffeurs de taxi dont j’ignore l’adresse. Peut-être qu’Adrien pourra me donner quelques nouvelles
?
Quelles sont mes préoccupations du moment ? Apprendre à faire la guerre et à savoir utiliser au mieux les armes que nous avons entre les mains pour en finir rapidement avec le fascisme en
Espagne. Je m’applique également à apprendre l’espagnol.
Quels sont nos besoins ? Nous manquons de beaucoup de choses, mais ici sur le Front , si nous n’avons pas la variété, au mois avons - nous des vivres en quantité suffisante et si nous
avions les armes et les munitions qui nous manquent encore, nous aurions vite donné le coup de grâce à Franco, ce qui du reste ne saurait tarder.
A présent, les lettres, journaux et colis nous arrivent régulièrement ; presque chaque jour nous avons « l’Humanité » que nous lisons attentivement et qui est une grande chose du point de
vue moral.
Je n’ai pas besoin d’argent dont je ne saurai que faire, car il n’y a rien que l’on puisse acheter sur le Front, mais je vous demanderai de m’envoyer de temps à autre des journaux.
Les colis sont toujours les bienvenus et si vous aviez l’intention de m’en envoyer un, permettez-moi de vous indiquer les choses qui me seraient les plus utiles ou le plus agréable….(illisible)
c’est ce dont on est le plus privé ici…gauloises, un paquet de gris, une gitane serait un luxe ; pour se mettre sous la dent, un peu de chocolat et des confitures ; j’aimerais bien avoir un bon
bout de fromage fort et si possible, quelques morceaux de sucre.
Une petite cartouche en ébonite d’encre Waterman pour mon stylo, ainsi qu’un petit flacon d’alcool de menthe et un tube d’aspirine me seraient un cadeau des plus agréables, sans oublier un petit
sachet de bonbons pour les gosses, dès que l’on est à l’arrière.
Voici ce que l’on serait heureux de recevoir, mais surtout, éviter les gros colis, pas trop de choses à la fois et c’est exigible pour plus de garanties par l’intendance du Secours
rouge.
J’envoie à Louisette un petit bout du drapeau espagnol ;en attendant la joie de vous lire, je vous envoie mes plus gros baisers . Votre frère qui vous aime beaucoup.
Damien
P.S. :Je vous prie de faire part de mes amitiés et de mon bon souvenir à tous les amis de là-bas : Maria et Joseph Rivière, à chez…. , à Milou et sa femme, je vais écrire à mon ….J’oubliais de
vous dire que je me propose d’écrire à mes parents et je compte sur vous pour qu’ils n’aient pas de peine à cause de moi. Si la Colinette n’était pas à la campagne, embrassez-la fort pour moi. Je
vous prie de me donner des nouvelles de mon filleul.
MAGNAVAL Damien, 494 Secours rouge international 494
Plaza Altazano Barcelon( Espagne)
Un apéritif aux couleurs de l"Espagne sera servi à l'issue de la cérémonie.
Le mois d'octobre et le souvenir de Damien reviennent......
Le sumac de Virginie a mis ses couleurs rouge de circonstance.
Kléber a nettoyé la stèle.
Demain,à 11 heures aura lieu la cérémonie habituelle à la mémoire de ce héros de la guerre d'Espagne.
Il y a 70 ans Damien Magnaval mourrait en terre
espagnole.
Pour rendre hommage à ses actions et à sa mémoire,
la municipalité de Gourdon-Murat
le syndicat CGT des Taxis parisiens
les anciens des Brigades
organisent une cérémonie aujourd'hui dimanche 19 octobre à 11h 30 devant la stèle.
Le clip de la cérémonie!
1938 - 2008_0002
Vidéo envoyée par ionard
Hommage à Damien Magnaval, secrétaire du syndicat des cochers-chauffeurs, tué sur le Front de l'Ebre à la tête du bataillon "Commune de Paris" de la 14ème Brigade "La marseillaise".... il y a 70 ans!
A voir aussi sur ce blog cet article d'octobre 2006! clic
Lu dans l'ECHO du Pays d'USSEL (Corrèze) samedi 20 octobre 2007
Gourdon-Murat
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Devant la stèle près de sa maison familiale, la mémoire de Damien Magnaval, tombé sur le Front de l’Ebre en 1938 aux côtés des républicains espagnols à l’âge de 34 ans, a été honoré le 14 octobre
dernier à Gourdon-Murat.
Une forte délégation du syndicat CGT des chauffeurs de taxi –dont Damien avait été le secrétaire- actifs et retraités du Plateau de Millevaches s’était déplacée.
La municipalité de la commune était représentée par le maire ,Jacques Joffre, et deux conseillers municipaux ; celle de Tarnac par Jean Plazanet et Pradines par Jean Madranges et Pierre Lagnitre,
responsable de la section PCF de Pradines/Bugeat.
Etaient présents également, Albert Laurent pour l’ANACR de Bugeat et la famille de Damien : sa sœur Yvonne Cavalli et ses neveux et nièces, dont Eliane, veuve de Roger Thomas, ancien déporté.
Les porte-drapeaux de la commune et de l’ANACR ouvraient le cortège conduit par le maire jusqu’à la stèle où il a accueilli les participants et salué la présence de M.José Fortuny, âgé de 88 ans,
ancien combattant de l’armée républicaine espagnole sur le front de l’Ebre, réfugié en France et habitant Tarnac.
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Au nom du syndicat des retraités taxis, René Tert a évoqué l’engagement de Damien , entré en Résistance dès 1936 contre les généraux rebelles, soutenus par Hitler et Mussolini.
C’est ensuite André Bonetto qui a lu le message d’André Ducouret(immobilisé pour raison de santé, mais actif par la pensée), préoccupé par une actualité faite de démolition des conquêtes sociales
issues du Front populaire et du Conseil National de la Résistance. M. Asnoun, secrétaire de la Chambre syndicale des cochers-chauffeurs, a également rendu hommage à l’un de ceux qui ont marqué
l’Histoire.
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La cérémonie s’est terminée autour du verre de l’amitié offert par la municipalité et par un repas festif à l’auberge de Pradines.
Correspondance de Denise Brédimus à Gourdon-Murat.
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Une vue de la maison familiale.
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Pour lire la dernière lettre de Damien c'est ici!
Et un article déjà paru sur ce blog ici!
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Sans oublier l'anniversaire aujourd'hui de mon grand frère Damien .
L’an mil neuf cent quatre le dix sept novembre à deux heures du soir (heure
légale)
acte de naissance de Magnaval Damien Louis de sexe masculin, né le jourd’hui à onze heures du matin au domicile de Léonard Prévot au village de Gourdon en
cette commune., fils de Magnaval Adrien Léonard maçon domicilié à Lestards âgé de 28 ans et de Peyrat Marguerite Joséphine son épouse sans profession âgée de 21 ans demeurant à Lestards.
Dressé par nous Hippolyte Bourdicaud-Dumay, maire officier de l’état civil de la commune de Murat sur la présentation de l’enfant et la déclaration faite par le père déjà cité.
En présence des témoins Ritoux Jean cultivateur âgé de 52 ans demeurant au Bourg de cette commune et de Gourdon Léonard cultivateur âgé de 56 ans demeurant au lieu dit Le Bourg.
Et ont les comparants
signé avec nous après lecture
Extrait du livre ‘ Le pays de Bugeat dans l’histoire’ tome 2 page 101
« Certains militants n’hésitaient pas à s’engager pleinement et parfois loin du pays. C’est le cas de Damien Magnaval. Originaire de Gourdon, celui-ci
est monté à seize ans dans la région parisienne travailler comme terrassier et maçon, puis chauffeur de taxi. Membre du Parti Communiste, syndicaliste, il se fait remarquer lors de la grève des
chauffeurs de taxi en 1929. Un an plus tard, il est nommé au poste important de Secrétaire de la Chambre syndicale des cochers-chauffeurs du département de la Seine. Mais la lutte contre le
fascisme, qui se répand alors en Europe, devient à ses yeux prioritaire. En mai 1938, il décide de rejoindre les rangs des Brigades Internationales, en compagnie de plusieurs de ses camarades
syndicalistes. Il est aussitôt plongé dans la terrible bataille de Madrid au cours de laquelle les républicains résistent difficilement à l’assaut des troupes franquistes. Commissaire politique
du Bataillon « Commune de Paris », il est tué sur le front de l’Ebre moins de trois mois après son arrivée en Espagne. Une stèle évoque sa mémoire au cœur du bourg de Gourdon. Un autre militant
communiste, Léon Pradeloux de Pérols, s’est engagé dans les Brigades Internationales. Il ne connaîtra pas heureusement le destin tragique de Damien Magnaval.
Le drame espagnol sera d’ailleurs vécu de près par la population du canton. Au lendemain de l’effondrement du gouvernement républicain, de nombreux
Espagnols, souvent accompagnés de leur famille, viendront se réfugier dans la Montagne limousine. Les municipalités communistes veilleront à faciliter leur accueil et à leur venir en aide. Ainsi
à Bugeat, plusieurs familles seront hébergées dans l’ancienne « maison Verdeaux » récemment acquise par la Municipalité. Quelques uns de ces réfugiés espagnols de la première heure ont fait
souche dans le pays, où eux-mêmes ou leurs enfants vivent toujours. »
Voir un petit clip sur Ay carmela!
Aujourd'hui 15 octobre 2006 les Gens de Gourdon-Murat se sont
rassemblés autour du monument élévé à la mémoire de Damien Magnaval , mon oncle.
A l'initiative du Syndicat des Cochers-Chauffeurs de Levallois-Perret, il est de tradition de lui rendre hommage tous les ans au mois
d'octobre.
Je regrette beaucoup de n'avoir pu être là.
Photo de la plaque de bronze du
monument prise par Gaby Dubois
Si il y a une commémoration qui a été plus
marquante que d'autres c'est bien celle qui eût lieu en 1988. Ce jour-là le colonel Rol-Tanguy parlait de son compagnon Damien Magnaval.
Voici un large extrait de son dicours .
"En ce moment toutes nos pensées vont au souvenir d’un militant ouvrier
exemplaire, responsable syndical d’une vaillante corporation parisienne , ‘les Chauffeurs de Taxi ‘, qui chaque année rendent hommage à sa mémoire, à Damien Magnaval.
Responsable syndical, militant communiste, il en avait les qualités, acquises dans les rangs de son parti….
« éducateur et formateur d’hommes, de patriotes, de cadres de l’héroïsme français ! » disait Aragon
Au delà des luttes en France, qui aboutirent en 1936 à la victoire du Front Populaire, Damien était sensibilisé, alerté par le danger des menaces
hitlériennes, contenues dans le livre de Hitler ‘Mein Kampf’ qui disait sans détour « L’ennemi à abattre, c’est la France ! »
Et pour que nul n’en ignore, M.Thorez lisait des passages entiers de cette bible hitlérienne, à la tribune même de l’Assemblée Nationale
!
On sait que nos gouvernements d’alors, les Daladier et les Bonnet , n’en tinrent aucun compte et que leurs capitulations successives devant Hitler
et Mussolini, de mars 1936 à septembre 1938 à Munich, firent perdre un à un tous ses alliés à la France, qui se trouva pratiquement isolée lorsque Hitler l’attaqua en mai 1940.
C ‘est bien d’abord pour joindre le combat à la parole, pour préserver la France de la guerre, pour faire la preuve que le fascisme – fauteur de guerre –
pouvait être dissuadé de déclencher la deuxième guerre mondiale, que des patriotes comme Damien Magnaval, sont partis se battre en Espagne. Combattre aux côtés du peuple espagnol pour sa liberté
et pour la nôtre.
Damien Magnaval fut de ceux qui se levèrent avant le jour…..
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J’ai bien connu Damien, commissaire de compagnie au Bataillon « Commune de Paris » de la 14 ème Brigade Internationale « La Marseillaise » dont j’étais le commissaire….
Commissaire politique, pour nous, c’était revivre, dans cette responsabilité, l’épopée de la Grande Révolution Française, la légende des Commissaires aux
Armées de la Première République désignés par l’Assemblée législative de 1791-1792, alors seule mandataire de la souveraineté nationale.
Les Commissaires aux Armées étaient eux, investis de pouvoirs illimités, placés aux côtés de généraux ou chefs.
Ils devaient en gagner la confiance, les seconder mais aussi étudier leur conduite et surtout, fraterniser avec les soldats, de veiller à leurs besoins,
être pour eux des pères ou des amis, inculquer par leur exemple la discipline librement consentie…
L’Armée du Rhin manquait de chaussures…. Saint-Just en une journée fit déchausser tous les bourgeois de Strasbourg….
Et à Landau, il marchait le fusil à la main, à la tête des Volontaires.
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Certes nous n’avions pas, dans les Brigades de l’armée Républicaine Espagnole, les pouvoirs des Commissaires aux Armées de la 1ère République
Française…
Mais à tous les échelons, de la Brigade aux sections, nous devions veiller à l’élévation du moral, à la flamme révolutionnaire qui nous avait entraînés
en Espagne.
Nous devions être attentifs aux conditions matérielles, nourriture, hygiène…conforter la discipline par l’explication des buts démocratiques, pour le
peuple espagnol, pour la paix mondiale, buts fixés par le gouvernement de la République.
Etre des adjoints attentifs du commandement et aux combats se porter aux points décisifs, dans l’offensive comme dans la défensive.
Ce rôle Damien Magnaval l’a rempli avec courage et intelligence, un don total de lui-même….jusqu’au sacrifice suprême.
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J’ai vu d’abord son bataillon ‘La Commune de Paris’ franchir l’Ebre le 25 juillet 1938, ce fut le seul bataillon qui réussit cette
nuit là le franchissement du grand fleuve espagnol.
Pour mieux assurer le succès de l’offensive générale de l’armée de l’Ebre, la 14ème brigade attaqua........plusieurs heures avant
l’offensive générale….
Si vous allez en Espagne , sur l’Ebre, entre Tortosa et Amposta, se trouve un village Compredo, c’est là que combattit la ‘Commune de Paris’ et Damien Magnaval.
Il fut de ces rescapés d’une action, qui avait attiré en ce point du fleuve, les réserves franquistes et assuré le succès de l’offensive
républicaine.
Franco mit 100 jours pour reconquérir le terrain repris en 5 jours par les Républicains.
Et ce fut la dure, acharnée action défensive - de la Sierra Cabales – pour la 14ème Brigade, pour ses bataillons,
dont la Commune de Paris.
Si vous allez à Gandesa, ville peu éloignée de Mora de l’Ebro, vous pourrez voir se profiler sur l’horizon
les puissants contours de la Sierra Cabales, position défendue par la 14ème Brigade en septembre 1938.
Pour nous en déloger, Franco, grâce aux avions, aux canons, aux munitions fournis par Hitler, n’y réussira qu’en octobre 1938.
J’y suis retourné depuis, j’ai parlé avec un paysan espagnol, lui ai désigné les positions que nous avions défendues…..il ne voulait pas croire qu’il
avait devant lui un des survivants de ces combats. Il a dit en espagnol… « es un milagro… »….c’est un miracle !
Il ajouta « des ruisseaux de sang coulaient dans les sierras »…..
déjà la légende populaire !
Commissaire de compagnie, Damien fut à la hauteur de ses responsabilités….
C’est le 21 septembre, la veille de la relève définitive des Brigades des Fronts d’Espagne, qu’il fut tué, fidèle au mot d’ordre des
commissaires
le premier à avancer……le
dernier à reculer.
La mémoire et le souvenir des combattants des Brigades sont honorés en Espagne.
A chacun de nos voyages depuis la mort de Franco en 1975, nous les survivants, recevons l’hommage et l’expression de la reconnaissance de nos anciens
frères d’armes et en particulier de la jeunesse espagnole, qui connaît l’épopée extraordinaire des Brigades Internationales et nous témoigne un respect chaleureux et de bon aloi.
Au cimetière de Fuencarral près de Madrid les tombes de nos frères sont entretenues et fleuries. Oui la
belle figure d’un Damien Magnaval a toute sa place parmi nos héros, pour qui la vie ne comptait que pour défendre la liberté, la liberté qui ne connaît pas de frontière.
C’est bien grâce à l’exemple d’hommes comme Damien, notre frère, que nous avons continué le combat dans notre résistance, pour la libération, et là nous
avons retrouvé tous ceux , rescapés des Brigades, et à leur côté, nos camarades républicains espagnols.
Il n’est pas une région de France, et d’abord Paris, qui ne les aient compté parmi leurs défenseurs et leurs libérateurs ! Honneur à eux
!
De nos jours une aube nouvelle se lève ! Elle est portée par des années de combat et des milliers de sacrifices, tous donnés pour que la guerre soit mise
hors la loi universelle.
Aujourd’hui on parle de la paix avec assurance, on prend des mesures concrètes.
Des armes sont détruites avant d’avoir servi. Un début qui est le fruit d’une bataille soutenue, persévérante de toutes les forces de paix dans le
monde.
(………………………………..)
La Paix………….ce bien le plus précieux des hommes !
Et dans cette tâche universelle, ceux qui sont tombés, avec au cœur cet espoir, d’une Paix enfin triomphante , comme Damien Magnaval …..oui comme l’a dit
le poète :
« Les morts sont des vivants toujours présents à nos combats »
ROL-TANGUY octobre 1988 à Gourdon-Murat
La chanson que j'aurai bien aimé vous faire entendre mais je ne
l'ai pas!
Il y a 68 ans ....la bataille de l'Ebre
« Ay Carmela! »
« El Ejército del Ebro,
rumba, la rumba, la rumba, ba,
el Ejército del Ebro,
rumba, la rumba, la rumba, ba,
una noche el río pasó, ¡Ay Carmela!, ¡Ay Carmela!,
una noche el río pasó, ¡Ay Carmela!, ¡Ay Carmela!,
y a las tropas invasoras,
rumba, la rumba, la rumba, ba,
y a las tropas invasoras,
rumba, la rumba, la rumba, ba,
buena paliza les dio, ¡Ay Carmela!, ¡Ay Carmela!,
buena paliza les dio, Ay Carmela!, ¡Ay Carmela!'.
Malheureusement, la vieille chanson des guérilleros espagnols, composée en 1808 dans la lutte contre Napoléon Ier et actualisée 130 années plus tard par les soldats républicains pendant la Guerre Civile espagnole (1936-1939) pêchait d'un optimisme
exagéré. La Bataille de l'Ebre, qui a duré 114 jours, l'une des plus longues de l'histoire, s'est soldée par 100.000 morts des deux camps et a laissé littéralement exsangue l'armée populaire qui
menait alors sa dernière offensive. Cet événement épique fut en effet la dernière tentative de la République pour freiner l'avance des armées de la coalition de droite dirigée par Franco qui
s'était soulevée deux ans plus tôt, le 17 juillet 1936.
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