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Femme d'exception

Lundi 14 juin 2010 1 14 /06 /2010 22:39

J'aurai bien aimé publier cet article ce matin 14 juin 2010...... mais j'ai eu des problèmes pour mettre ma petite vidéo en ligne..... c'est rageant!

Je voulais vous parler de mon amie Denise qui m'avait confié ses souvenirs d'écolière au temps du chaos en juin 1940.

Denise vit au pays depuis de nombreuses années avec une belle Lola....

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et parmi les fleurs de son jardin

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Mais elle est bien connue et fort appréciée pour son militantisme et son engagement à l'A.N.A.C.R. 

C'est une battante et sa silhouette juvénile fait oublier son âge!

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Toujours prête pour aider!

Mais écoutons là!

 

 

 

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Samedi 28 février 2009 6 28 /02 /2009 00:58
César de la meilleure actrice dans le rôle de Séraphine!
Voilà bien une actrice qui me plait énormément et je crois bien que beaucoup de gens l'aime tout autant ! C'est l'anti star qu'on aime!


"La Yolande, c'est une fille qui se fait des rêves dans sa tête, qui pousse sans qu'on la remarque, comme une herbe folle" Yolande Moreau
Elle a joué des rôles de bonnes, de concierges ou d'ouvrières chez Varda (Sans toit ni loi),  Jeunet( Le destin d'Amélie Poulain) ou Chatilliez (Le bonheur est dans le pré)
"Faut croire que j'avais un physique de princesse", dit-elle en montrant ses mains de paysanne!
Elle s'impose comme un membre à part dans la famille des Deschiens
.
En 2004 avec"Quand la mer monte", elle s'offre le rôle qu'on ne lui proposait pas. une histoire d'amour pour sa ménopause. Avec ce film elle rafle déjà deux Césars!
Et là dans le rôle de Séraphine de Senlis, peintre d'art naïf, film de Martin Provost, elle démontre encore une fois tout son talent et sa popularité!
Son dernier rôle une ouvrière rustre et vengeresse dans le film "Louise Michel"
".... et puis un jour, dit-elle, j'ai vu un spectacle de Zouc..... j'ai découvert qu'on pouvait jouer autrement.Donner une lecture de la vie comme on jette des couleurs sur une toile!"
Sacrée Yolande!
Source :article de Télérama 3079
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Vendredi 25 avril 2008 5 25 /04 /2008 07:35


"Voici une jeune femme au cerveau bouillonnant d'idées, à l'imagination somptueuse, à la main sûre, assouplie à toutes les difficultés du métier de statuaire; une jeune femme exceptionnelle sur qui n'est demeurée l'emprunte d'aucun maître; voici enfin une admirable et rare artiste!"
Ainsi parlait Octave Mirbeau en 1896.
J'adhère complètement à ce texte, tant l'oeuvre de Camille m'a émue!
Bien sûr sa vie, sa passion pour Rodin  et cette lumière enfermée en 1913 qui s'est éteinte en 1943, tout pour au delà du temps nous émouvoir encore et toujours.
Ses valseurs par exemple sont comme un arrêt sur image! Image étonnament moderne qui évoque les travaux photographiques sur la décomposition du mouvement de Marey mais aussi le cinématographe inventé à cette époque.
Camille a choisi une séquence improbable de ce film imaginaire, celui où le couple est penché en équilibre instable et où le drapé de la jeune femme est comme une traîne.


Mais toute son oeuvre est admirable!
Loin des légendes romantiques,
le musée Rodin revisite l'oeuvre de l'artiste Camille Claudel.
Sa grâce et son génie s'illustrent en 80 sculptures. Une vraie redécouverte!
Exposition jusqu'au 20 juillet 2008.
Je n'y suis pas encore allée.
Mais en 1984 j'avais été subjuguée par son oeuvre!
Longtemps cette affiche m'a accompagnée..... elle est encore à l'affiche dans mon atelier.
çacountala
Marbre 1905



Un diaporama de ses oeuvres
J'ai un projet en tête que je ne peux réaliser qu'avec votre aide.
Pouvez vous m'envoyer la photo d'une affiche d'expo que vous avez aimée ou d'un tableau ou scultpure qui vous touche particulièrement?
J'aimerais réaliser un petit clip .....
Vous me répondez sur un commentaire et je vous enverrai mon e mail!
Certains l'ont déjà!
A bientôt

************************************************************
Petite précision!
Pour un clip d'une exposition improbable, j'aimerai recevoir de votre part, non pas une oeuvre de Camille , sauf si vous avez quelque chose d'elle qui vous tient à coeur, mais bien plutôt une affiche d'une expo qui vous a laissé un souvenir inoubliable, ou une photo d'un tableau ou sculpture d'un maître que vous aimez particulièrement!
Ce matin, par exemple, Bruno me signale une photo qu'il a prise au musée d'Orsay d'un détail de
"l'âge mur" de Camille Claudel. Je me précipite et dans mon élan, j'ai croisé le regard de Vincent! inoubliable!
Bruno j'aimerai beaucoup celle là!
PS je laisse ce billet jusqu'à dimanche!

Les exposants venant des quatre coins du globe, il va me falloir un certain temps pour monter cette exposition qui sera unique en son genre!
Ouverture prévue à la saint Glinglin....... heu que dis je?
mais non à la Saint Emile! et oui! vous voyez vous avez le temps!
Et qui est là qui rit de tous ces rayons? Je vous l'avais bien dit!
Faites gaffe , il nous aime tellement qu'il peut avoir l'amour vache! Il a de  ces coups parfois!
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Samedi 19 avril 2008 6 19 /04 /2008 17:11
Reprise de cet article paru sur mes Potins le 30 mai 2007.
Voir aussi cet article
ici
Cette grande dame s'en est allée aujourd'hui.
"Germaine Tillion, ethnologue et résistante, est morte samedi 19 avril, à son domicile de Saint-Mandé (Val-de-Marne), dix jours avant de fêter ses 101 ans, a annoncé Tzvetan Todorov, président de l'association Germaine Tillion."
*******************************************************************
Germaine Tillion, une ethnologue engagée dans le siècle, une grande figure de l'humanisme a aujourd'hui 100ans.

tillionethno.jpg

Chronologie
Le parcours de Germaine Tillon
30 mai 1907 : Naissance à Allègre (Haute-Loire).
1932 : Diplômée de l’Institut d’ethnologie, où elle suit les cours de Marcel Mauss.
1934-1937, puis 1939-1940 : Missions ethnographiques dans les Aurès. Elle s’intéresse aux systèmes de parenté.
1937 : Rencontre avec Louis Massignon, qui deviendra son maître et ami.
17 juin 1940 : Capitulation du maréchal Pétain. Elle entre dans la Résistance, dans le réseau « musée de l’Homme ».
13 août 1942 : Arrêtée sur dénonciation, avec sa mère, Emilie.
21 octobre 1943 : Déportée vers Ravensbrück. Sa mère y arrive en janvier 1944, y meurt le 2 mars 1945.
23 avril 1945 : Les SS remettent 7 000 prisonnières du camp à la Croix-Rouge suédoise.
1946 : Première édition de son livre Ravensbrück, récit précis, argumenté, analysé du camp.
1947 : Déléguée des déportées françaises au procès des gardiens de Ravensbrück à Hambourg.
1951 : Rejoint la Commission internationale contre le régime concentrationnaire (CICRC).
1954 : François Mitterrand, ministre de l’Intérieur, la charge d’une mission en Algérie sur le sort des populations civiles.
1955 : Au cabinet de Jacques Soustelle, gouverneur général d’Algérie, elle met en œuvre les centres sociaux.
1956 : Elle décrit les raisons économiques et sociales de la « tragédie algérienne » dans L’Algérie en 1957.
1957 : Rencontre clandestinement Yacef Saadi et Ali La Pointe, chefs du FLN, et obtient qu’ils renoncent au terrorisme en échange de la suppression des peines
capitales côté français. La France ne respecte pas la trêve. Saadi est arrêté. Elle témoigne en sa faveur à son procès.
1958 : Elue directeur de recherche à l’Ecole pratique des hautes études, au laboratoire de littérature orale arabo-berbère. Elle y enseigne jusqu’en 1980.
1959 : Au cabinet du ministre de l’Education nationale, elle institue l’enseignement dans les prisons françaises.
1960 : Publie Les Ennemis complémentaires, où elle plaide pour une indépendance négociée, alertant aussi sur le sort des Européens d’Algérie.
1966 : Publie Le Harem et les cousins, son plus grand livre d’ethnologie. Elle y analyse le statut des femmes : « Toute société qui écrase les femmes se condamne elle-même à la mort. »
1986-87 : Présidente de l’association France-Algérie. Milite pour la reconnaissance officielle de la pratique de la torture pendant la guerre d’Algérie.
2000 : Publie Il était une fois l’ethnographie, recueil de textes issus de ses premières missions, qu’elle dédie aux immigrés algériens.
2001 : Publie A la recherche du vrai et du juste. A propos rompus avec le siècle, textes réunis par Tzvetan Todorov.

Pour mémoire je voudrais dire que, sur mon  site de Gourdon, vous trouverez un hommage à une résistante déportée compagne de Germaine Tillion, Yvonne Fournial. clic


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Germaine Tillion : une femme d’honneur
Une lecture consacrée à Germaine Tillion
dimanche 23 octobre 2005.

Ecrit par Compte Invité

Germaine Tillion : Cette femme, cette grande femme il faudrait plutôt dire, est un personnage peu connu, et pourtant... Et pourtant, si vous saviez le nombre de
personnes qu’elle a sauvées, et pourtant si vous saviez le nombre de fois où elle a risqué sa vie, et pourtant... Et pourtant cette femme reste dans l’ombre. C’est ce
qu’elle souhaite, c’est son choix. Respect.
(Par Jeanne Guégan)

Ce samedi après midi, la mairie de Pluvigner (Morbihan, 56) a ouvert ses portes afin de recevoir un comédien, François Béchu du théâtre de « l’Echappée » Il nous a
lu une lettre, une lettre destinée à Germaine Tillon, « une lettre, qu’elle ne recevra jamais... » C’est pendant une heure environ que François Béchu nous a fait découvrir cette femme, curieuse de l’autre. Elle a dit un jour... « J’ai de l’ambition pour l’humanité... Il y a quelques grands côtés chez les êtres humains et je crois que
ces côtés peuvent être dominants, mais j’ai peur des mauvais côtés... »

Déjà à sept ans, elle voulait s’investir. C’était en 1914, elle voulait devenir chien de guerre, afin de tirer une petite charrette et d’aller sur le front.

« Depuis soixante cinq ans, continue François Béchu, vous vous êtes précipitée dans l’action publique sans jamais la quitter. » Germaine a vécu pendant des années
dans le Sud algérien. Elle était alors ethnologue. Elle avait été envoyée par Marcel Mauss, un des plus grands ethnologues, son maître. Parmi les berbères, les musulmans, c’était sûrement la première femme blanche à s’y rendre. Puis en juin 1940, sa mission terminée, elle revint à Paris avec de quoi écrire plusieurs thèses.

Juin 40, la débâcle parisienne. Pétain parle de dignité et d’honneur, tandis que Germaine Tillion s’engage dans la résistance. Elle fait alors partie du « réseau du musée de l’Homme ». Elle lutte contre l’occupant. En 42, elle est trahie et déportée à Ravensbrück. A l’intérieur de ce camp, elle fera une véritable enquête ethnographique,
dans son cahier de cent pages. Elle écrit alors : « Nous serons bien au camp, nous aurons l’eau, l’électricité et puis le gaz surtout, oui, le gaz... » Sa mère le sera
d’ailleurs, gazée.

Avril 45, Germaine Tillion sort du camp, elle pèse à peine trente kilos, « une chose, une chose vivante tout de même ». Un court temps de repos, puis de 1945 à 1954 elle enquête sur les camps nazis.

Elle revient ensuite au cœur de l’Algérie : « Le mot désert donne la rime au mot misère. » C’est ainsi qu’elle enseignera jusqu’en 1957. Elle s’occupera de l’éducation
des enfants et des adultes. Elle empêchera des tortures, des attentats... Elle sauvera nombre de vies.

Ceci n’est qu’une petite partie de tout ce qu’elle a fait. Beaucoup de choses aujourd’hui viennent d’elle, mais ne portent pas son nom. C’est pas exemple le cas de la loi de 1957 qui autorise les détenus à s’instruire en prison.

François Béchu nous a fait découvrir, le temps d’une lettre, la vie de cette femme extraordinaire, le mot n’est peut-être même pas assez fort. Nous ne pouvons que
vous conseillez de lire ses livres, tels que « Ravensbrück » ou « Mémoire du bien, tentation du mal »
Source :http://www.artmaniaque.com/


Ardent défenseur de sa patrie et des droits de l’homme, Germaine Tillion, ethnologue, a combattu l’esclavage, la pauvreté, la torture, la peine de mort.

Connue pour son engagement précoce dans la Résistance autant, peut-être, que pour ses positions pendant la guerre d'Algérie contre l'usage de la torture et pour l'accès de tous au développement, Germaine Tillion l'est moins en revanche en tant qu'ethnologue. [Exposition Germaine Tillon au Mucem - Marseille]

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Samedi 8 mars 2008 6 08 /03 /2008 00:38

Sur des panneaux de la ville j'ai vu ces affiches.......

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Et enfin celle là qui indique qui est l'invitée du soir!

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 N'est-elle pas à croquer?

Cet article publié le 9 avril 2007, était un clin d'oeil à Tina!
Tina et ses histoires drôles, émouvantes, incroyables!
Pendant des mois elle nous a menés par le bout du nez en exposant sa collection de chaussettes!
Elle ne surfe plus sur le Net depuis un moment et elle manque terriblement!
En cette journée de la femme, je lui lance un appel à travers cette page!

Tina ! reviens! s'il te plait!
Et demain dernier article sur Gourdon-Murat avec les résultats en fin de soirée!
Bon samedi à tous!

 

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Mardi 29 janvier 2008 2 29 /01 /2008 00:00
Je remets cet article paru le 18 novembre 2006 pour deux raisons!
D'abord pour Marie Jo mon amie qui a passé des moments difficiles, pour lui dire que je pense beaucoup à elle et aux siens! Et j'adore ce petit clip! C'est une grande pédagogue aux doigts de fée!
Et pour faire un lien vers le blog de Mimisan, un blog où je suis ravie d'aller chaque jour!
En ce moment elle nous offre des photos superbes de l'exposition





Connaissez-vous le patchwork?
Petits bouts de tissus colorés, irisés de rayonne, de coton ou de soie assemblés de jolie façon par des mains très expertes!
Hier j'ai été sous le charme de ces étonnants tableaux!
Il en faut de la patience pour assembler ces petits bouts de tissus.... Marie-Jo n'en manque pas! Elle qui a passé plus de 200 heures sur certains de ses ouvrages, n'a pas hésité à me guider et à m'expliquer par quelle magie (et travail)on peut arriver  à de tels résultats!
Bravo à vous toutes mesdames (et oui je crois qu'il n'y avait pas de messieurs!), petites mains qui avaient tiré l'aiguille maintes et maintes fois! C'est magnifique!!

Vous avez jusqu'à demain, si vous êtes dans le coin, pour aller voir cette exposition située 1 allée Nicolas Carnot au Raincy....à 5mn à pied depuis la gare!!




Patchwork_0001
Vidéo envoyée par ionard
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Lundi 24 décembre 2007 1 24 /12 /2007 00:00
Dernière page aujourd'hui sur cette femme d'exception.... la Marcèla.

Après des études secondaires puis un an d'Arts décoratifs, elle retourne dans la ferme familiale qu'elle cultive jusqu'à sa retraite.
La voilà jeune et belle chez mon amie la Luciole de l'Aubrac ici!

Oeuvre poétique immense (ballades, psaumes, proses poétiques, poèmes dramatiques, etc...) tant en occitan qu'en français  ou dans les deux langues mêlées.
Ethnographe exigeante (nombreux recueils de contes et proverbes, Bestiari lemosin, Lo Libre de l'Erba e daus Aubres et ethnologue inspirée (Le Tombeau des Ancêtres, le Bourgeois et le Paysan - analyse des contes du feu, etc..)
Mémorialiste méticuleuse de ce qu'elle percevait comme la fin de la civilisation paysanne (sept gros volumes de souvenirs, des Chemins Creux à la Fin de la Fable) et chroniques incisives (des colonnes du Courrier du centre dans les années 50 à celles du Populaire dans les années 80).





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Photo de l'Aubrac de P. Desmichel
 
Lo chant de la terra


Zo vos dise, perfum, passarai tala 'na ombra.
E pus redde qu’un fum passarai tras lo riu.

L'arcana dins lo ciau durara mai que ieu.
E n'ai pas tant de temps coma l'aur de la ròsa.

Zo te dise, mar prionda, e sorda a mos prepaus,
Zo te dise, me'n vau – a penas si 'riebe.

Un rire de luna sus la cresta d'una onda,
E l'ai pas vist 'chabar. Un rai dins 'na gota d'aiga.

Ai l'atge, o es pertant ai l'atge de l'estiala.
E la solelh m'a coat dempuei lo primier jorn.

E la terra m'a portat, e me laschara pas,
Que lo fuec li cremava lo ventre.

E l'aiga m'a menat davant que fugués l'aiga
e que lo vent fugués lo vent. En la negror dau temps
ieu germenave. Que sui faugiera, aubre mai blat.
Que sui la peira e sa poussiere, e l'arma que lai duerm.

Que sui lo rire, la raior, la dança, e lo sang de l'eternitat.

**********
Je vous le dis, parfum, je passerai telle une ombre.
Plus vite qu’un brouillard je passerai près du ruisseau.

L'arc-en-ciel dans le ciel durera plus que moi.
Et je n'ai pas autant de temps que l'or des roses.

Je te le dis, mer profonde et sourde à mes propos,
je te le dis, je pars – à peine si j'arrive.

Un rire de lune sur la crête d'une vague,
Je n'en vois pas la fin. Un rayon dans la goutte d’eau.

J'ai l'âge, oui pourtant j'ai l'âge de l’étoile,
le soleil m'a couvé depuis le premier jour.

La terre m'a porté, elle ne me lâchera pas,
que le feu ne lui brûle le ventre.

L'eau m'a mené avant que d'être l'eau,
que le vent fût le vent. Dans la noirceur du temps
je germais. Je suis fougère, arbre et blé.
Je suis la pierre et sa poussière, l'âme qui dort dedans.

Je suis le rire, la lumière, la danse, et le sang de l'éternité.

Marcelle Delpastre, extrait de Paraulas per questa terra
(édicions dau chamin de Sent-Jaume)

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L'ensemble de mes articles sur Marcelle Delpastre est extrait de ce petit recueil hommage édité en septembre 2005, lors d'une rétrospective de l'oeuvre de ce poète limousin que j'aime tant!
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Dimanche 23 décembre 2007 7 23 /12 /2007 00:12

Quelques mots encore sur Marcelle Delpastre.....

Poète (elle détestait le terme de poétesse qu'elle faisait rimer avec de mes fesses...), conteuse, romancière et ethnologue, Marcelle Delpastre est aujourd'hui reconnue comme l'un des dix plus grands écrivains occitans du 20ème siècle (au côté de Jean Boudou, Bernard Manciet, René Nelli ou encore Max Rouquette). Le message de cette femme, elle qui n'a jamais quitté sa terre limousine, s'étend à l'universel et parle pour tous les hommes, c'est ce qui fait la force et la beauté de son oeuvre.

Marcelle Delpastre est retournée à la terre dans le cimetière de Chamberet au mois de février 1998. Son œuvre est semée. Elle germe déjà. Puissante, pleine. Une œuvre littéraire. Encore méconnue, mais déjà en route pour la postérité. Marcelle Delpastre est un grand écrivain du XX° siècle à qui nous voulons rendre hommage. Un double écrivain, occitan et français.
*********

La clau

Fuguet un jorn, perdei la clau - la clau de ma chambra o la clau de mon cor, non sabe - oquela dau ciau.
Dempuei, ne'n trobe, de las claus. Las claus , quo es pas ço que manca.
Mas pena duebre quela porta, e ma vita lai es darrier.

La clef

Vint un jour, je perdis la clef - la clef de ma chambre ou la clef de mon coeur, je ne sais - ou la clef du ciel.
Depuis j'en trouve des clefs! Les clefs, ce n'est pas ce qui manque.
Mais aucune n'ouvre cette porte, et ma vie est là derrière.

Paraulas per questa terra (tome 1)
Edicions dau Chamin de sent Jaume, 1997.

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Jeune femme pensive de Marie Laurencin - 1901 Pastel
Marcelle avait des traits rudes qu'elle n'aurait enjolivés pour rien au monde.
Ce portrait sobre exécuté par Marie Laurencin me laisse à penser que jeune, Marcèla était ce genre de femme .
Nouvelliste, d'un univers angoissant à l'érotisme cruel et ambigu.
Demain ...... la terre.

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Samedi 22 décembre 2007 6 22 /12 /2007 00:04
Ce sera mon cadeau de fin d'année.....quelques lectures de l'oeuvre de Marcela.
Avec une pensée particulière pour la Luciole de l'Aubrac qui se gèle en ce moment!
Elle connait tout de la Marcèla!
                                       ****************
  Marcèla est née à Germont, commune de Chamberet en Corrèze, le 2 septembre 1925.
Elle y est morte dans son lit le 6 février 1998.
Entre temps, elle a beaucoup voyagé. Sur place. Ces voyages là ne sont
pas donnés  à tout le monde. C’est aussi pour ça, sans doute que ses écrits sont déchirants, profonds et beaux. Ils contiennent peut-être quelques secrets sur la grouillance de la terre et quelqu’autre à propos de la béance céleste. Lisez-les, vous les sentirez affleurer ces secrets, lisez-les à haute voix et vous frissonnerez. C’est ainsi que parlent les grands poètes : ils vous font voir le vent invisible et toucher l’impalpable. C’est ainsi qu’ils sont, comme Marcelle Delpastre, comme les arbres, avec des racines qui sucent la terre nourricière et des branches où fleurissent couleurs et senteurs, où mûrissent les graines qui essaiment au moindre souffle. (dixit Térésa Canet)
Elle laisse derrière elle une oeuvre immense et un public admiratif de plus en plus nombreux.
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             Les moutons du Bourg sous la neige                                                Elina

Moi qui

 

Moi qui voulais être les arbres, dans le souffle puissant de la pluie et le balancement des branches au soleil.

Moi qui voulais être les prés, longuement mûrissants de tous les parfums de leurs herbes.

Moi qui pensais être la terre sombre et toute ruisselantes d’eaux, grosse de la germination des graines et pleine de racines.

Qui croyais être ce pays, dans ma bouche avec ma parole.  Qui croyais être ce que sont les arbres, les moissons, le sol.

Et qu’en moi s’accomplit le cycle des saisons, la pesanteur des roches et des plantes, l’engrangement et les semailles.

Le poids des bêtes chaudes, et la profonde respiration des plumes et des pelages, la coulée de la sève et du sang ; le sommeil.

Moi qui croyais être le nom de ce pays sauvage. Planté dans l’épaisseur du sol entre la source et la montagne.

Moi qui meurs lentement comme meurent les arbres, et qui m’arracherai, branche après branche.

Moi qui meurs comme meurent les pierres, mûres de l’air brûlant qui vont à l’eau dormante.

Moi qui meurs sans mémoire et qui n’étais que l’ombre d’une ombre et le murmure d’un frémissement.

 

 

                                                                                              14 mars 1969

(L’araignée et la rose et autres psaumes (1969 – 1986)

Edition dau Chamin de Sent Jaume , 2002

Marcèla Delpastre

 

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Vendredi 1 juin 2007 5 01 /06 /2007 15:17
Lorsque j'avais cherché des infos sur Germaine Tillion, j'avais trouvé peu de choses!
Mais depuis, la France semble se souvenir d'elle!

Il y a eu aujourd'hui 1er juin aux 13 heures d'Elise Lucet, Anise Postel-Vinay, l'invité des 5 dernières minutes!
Je vous mets le lien pour ceux qui auraient loupé! hé je pense à ceux qui travaillent!
http://jt.france2.fr/13h/index-fr.php?jt=0&start=2156

Et puis enfin cette lettre..... et là j'en suis restée bouche bée..... même lui il y a pensé?
Mais il est partout!
Il n'empêche c'est une belle lettre et je la mets ici!



LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Paris, le 30 mai 2007


Madame, Chère Germaine Tillion,


Je tenais à vous transmettre, en ce jour important, l'affection de la Nation toute entière. Sa reconnaissance aussi. J'y tenais, et les Français avec moi, pour toute sorte de raisons, d'engagements, de passions et de souffrances, qui font que vous incarnez véritablement ce que l'on peut appeler le " siècle Tillion ".

J'y tenais d'abord parce que vous êtes, on peut le dire sans exagérer, l'une des premières résistantes de France. Dès les premiers jours du terrible été 1940, vous créez avec Boris Vildé, Anatole Lewitzky, Simone Martin-Chauffier, les colonels de La Rochère et Hauet, le fameux " Réseau du Musée de l'Homme " qui est considéré comme la première grande organisation de résistance en France.

J'y tenais car vous êtes, Madame, cette pionnière qui, rentrée à Paris avec votre mère, ira frapper à toutes les portes de cette ville vide, sous le soleil de plomb de l'été 40. Sans relâche, à pieds, à vélo. Tel qu'Emmanuel d'Astier de la Vigerie décrivait ses premiers pas dans l'armée des ombres : " Trois mois s'étaient passés, à tâtons, dans une lumière si crue qu'elle vous cachait les buts mieux qu'un brouillard, trois mois de contacts avec des 2ème ou 5ème bureau··· ; contacts avec des banquiers···, avec un gradé, un évêque ou encore un ministre···, avec des officiers supérieurs qui " voulaient bien " à condition que Pétain fût dans le coup··· avec des désoeuvrés, aventuriers, avocats sans cause, cinéastes sans cinéma··· ".

Chère Germaine Tillion, vous mîtes moins longtemps que d'autres à trouver le contact. Et alors que l'on n'employait pas encore ce mot, " Résistance " sera le nom de votre journal sorti clandestinement le 15 décembre 1940. C'est là, dans l'éditorial de cette feuille, qu'on peut lire la définition d'un combat qui ne pouvait que naître. " Résister, c'est déjà garder son cœur et son cerveau ". Le Réseau du musée de l'Homme comptera jusqu'à 600 membres. " Une armée dans Paris " disait Vildé, son patron.

Malheureusement, le Réseau du musée de l'Homme sera décapité très tôt. Entre février et mars 1941, ses animateurs tombent dans les griffes de la S.S.. Un traître avait infiltré le mouvement. Vildé et les autres périront ; le Mont-Valérien s'en souvient. Vous serez arrêté, vous-même, le 13 août 1942 par la police allemande, à la suite d'une trahison - une de plus -, devant la gare de la Bastille.

Je tenais à cet hommage, madame, parce qu'après le " musée de l'Homme ", il y aura Fresnes durant quatorze mois, puis la déportation avec cinq " motifs " de condamnation à mort. Ravensbrück, la rencontre avec le Mal absolu··· Ravensbrück où vous prendrez une part active au sein d'une organisation clandestine de femmes allemandes, françaises et tchèques ; où vous verrez mourir votre mère et nombre de vos camarades ; Ravensbrück dont vous reviendrez avec votre amie intime, votre camarade de déportation, Geneviève Anthonioz-de Gaulle.

Mais le " siècle Tillion " ne s'arrête pas là. En 1954, vous retournez en Algérie, cette Algérie que vous avez tant sillonnée, en ethnologue, de 1934 à juin 1940, observant, notant, migrant de tribu en tribu, dormant dans les grottes des Aurès.

C'est là, c'est en tant que chargée de mission par le gouvernement de Pierre Mendès-France, puis comme Haut-fonctionnaire du gouverneur Soustelle que vous y revenez. Vous menez là une œuvre admirable en créant, malgré les réticences parisiennes et locales, les Centres sociaux - dont la mission est d'améliorer le sort de la population musulmane par une action sanitaire et éducative - qui joueront un grand rôle de fraternité et d'Intégration. Puisque l'Intégration de l'Algérie à la France était alors la politique. C'est là aussi, avec Camus, votre ami Camus que vous allez voir hélas surgir la terreur en terre algérienne. Et que comme Camus, tout en refusant la pauvreté, la torture, les terrorismes, vous vous tiendrez à l'écart des folies meurtrières de ce temps.


L'ethnologie, le féminisme évidemment, la Résistance, la déportation, les combats sociaux, la guerre d'Algérie, mais aussi tant de livres, tant de travaux de recherches··· Il ne m'est pas possible d'évoquer ici toutes les facettes d'une belle et grande existence.


Sachez, Chère Germaine Tillion, qu'à travers vous, c'est devant une certaine idée de la France que je m'incline aujourd'hui.

Bien affectueusement à vous.


Nicolas SARKOZY


Publié dans : Femme d'exception
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