Aujourd'hui 15 février est la date anniversaire de la naissance de mon père.
Je remets un article posté l'an dernier .
Je reparle de son parcours dans la marine pour une bonne raison. J'ai été contactée par le webmaster du site ALAMER, qui ressence tous les marins disparus (guerre, commerce et pêche) . Sur la page d'accueil le deuxième marin est mon père! Je dois faire une page le
concernant, mais je n'ai pas encore eu le temps!
En tout cas mon père a effectué son service militaire sur le Jean Bart en 1927. Le Jean Bart deviendra l'Océan!
Sur son bachis est écrit Jean-Bart!
Le voilà avec son copain Léon lors d'une permission.
Je vous ai dit déjà comme il aimait écrire et en particulier des chansons!
Voilà quelques images de son cahier de chansons lorsqu'il effectuait son service militaire à bord du Jean Bart en 1927.
Voilà ce qui est écrit..... là c'est noir!! (sourire)
3ème couplet
Au village voisin des gens courent dans l'ombre
Au loin le tocsin pour un bateau qui sombre
Pour leur porter secours
Le gars dans l'eau s'élance
Mais les flots par vengeance
Le prennent pour toujours.
Refrain
L'océan n'a plus de garde
Car dans l'obscurité
C'est la folle camarde
Qui vient l'emporter
Sorcière toujours avide
Entraine au lointain
Celui qui fut gardien
De l'océan perfide.
Médaille du Cyrnos que Kléber m'a offerte il y a peu!
Mobilisé en septembre 1939, Louis rejoindra le patrouilleur Cyrnos comme second maître timonier. Il sera démobilisé en juillet 1940.
Pour la famille la situation est dramatique......
Adrien et Joséphine ont eu 8 enfants. Cinq garçons ( Damien, Louis, Elie, Jean et Joseph) et trois filles (Marguerite,
Louise et Yvonne).
Damien tombera en héros sur le front de l'Ebre en septembre 1938. En septembre 1939, Louis est mobilisé sur Toulon,
Elie, Jean et Joseph seront mobilisés à leur tour et seront fait prisonniers en Allemagne. Des années noires..... . Sans compter que Adrien le mari de Louise et Gabriel le mari de
Marguerite seront eux aussi mobilisés.
Voilà une belle lettre d'Yvonne la petite soeur de mon père. Lisez, vous comprendrez ce qu'ils ont pu vivre. Elle
explique tout.
Gourdon le 15 septembre 1939
Mon parrain chéri
Nous avons été bien heureux de recevoir tes cartes, et de savoir que tu avais fait un bon voyage, et que tu allais
toujours bien .
Pour nous ici, la santé va bien. Louise et Adrien sont arrivés ainsi qu’Elie, le dimanche 3.
Elie est parti le mardi pour Brive et dimanche dernier, il est monté passer la journée avec nous. Il est bien nourri, et
il a le moral excellent. Il pensait partir ces jours ci, mais il ne nous a pas encore écrit.
Quand à Jean et José, nous n’en avons pas de nouvelles. Jean ne nous a pas encore écrit ; mais les lettres
mettent tellement de temps ! Mais José nous a écrit ces jours-ci, mais sa lettre était du 2. Alors ce n ‘est pas des nouvelles fraîches. Il nous disait qu’il avait bon moral et qu’il allait
bien.
Quand à Adrien, il nous quitte lundi pour Périgueux. Donc nous serons bien tous seuls.
Enfin nous sommes quand même bien contents d’être là auprès de nos parents chéris !
Marguerite est bien seule, heureusement que ses petits lui aident bien, ainsi que ses beaux parents. Gabriel est
toujours je crois à Bourges.
Tu sais nos Parisiens se sont extasiés devant tes petits, ils n’en revenaient pas de les voir si beaux. Elie qui dit :
" Eh bien il en a là une belle paire de fils, Louis, mon vieux ! "
Et c’est vrai qu’ils sont adorables. Hier comme Adrien a amené l’auto de son frère, nous sommes allés à Pradines, voir
la vieille grand mère. Nous avons emmené Jeannot, elle lui a demandé : " Où il est ton papa mon petit ? "
Et lui de répondre , le pauvret, bien tranquillement : " à la guerre, sur un bateau ! " Et puis à Colette, il lui dit que quand tu reviendras, tu lui porteras une musique !
Pauvre petit chéri, espérons de tout cœur que tout cela sera bientôt fini et vous nous reviendrez tous bien vite,
que nous soyons heureux.
Je vais m’arrêter car nous allons aller moissonner l’avoine. Nous avons déjà moissonner le blé noir.
Quant à ton regain, il est en barges, il était presque sec, mais il s’est mis à pleuvoir et il ne fait pas encore assez
beau pour s’en occuper.
Tous se joignent à moi, pour t’embrasser, de tout notre cœur mon parrain chéri.
Ta petite sœur et filleule qui pense bien à toi et qui t’aime de tout son cœur.
Nénette
Commentaires