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Et là enfin…. J’ai trouvé l'acte de naissance de Line Paulet! Je vous assure que c’est une telle joie de trouver enfin un élément essentiel qui fait avancer les recherches. …. Je vous le dis tout net, j’ai crié un grand OUI ! En marge de son acte de naissance était noté son mariage avec Pierre Nelson Darbeau. Lorsque je recevrai cet acte de la mairie de Paris 10ème célébré le onze août 1914, il est noté que les époux légitimeront la naissance de leur fils Robert Guy Darbeau né en 1904 à Montpont- Ménestérol.
Line Paulet s’appelait en fait Marie Madeleine… Quand naît son fils, Marie est âgée de 18 ans et elle exerce le métier de lisseuse.
Il me manque maintenant de trouver la date de son décès.
Comme je n’ai plus aucun document après 1929, je peux penser que la date de son décès se situe entre 1930 et 1940, dans cette tranche d’années.
J’ai fait une demande dans plusieurs arrondissements de Paris sans résultat.
Il y a peu j’ai cru que j’allais savoir en demandant l’acte de mariage de son fils à la mairie du 18ème, j’avais demandé un acte filiatif (avec les renseignements sur les parents) .Mais je n’ai pas eu de chance. Il me faut l’autorisation du Procureur de la République pour obtenir un acte filiatif, datant de moins de 100 ans.
Donc il va falloir encore écrire….
Ici se terminent mes premières recherches sur Line Paulet…. Donc à suivre !
Juste un dernier mot…. Il y a quelques jours regardant de vieilles cartes postales, j’en ai trouvé une de Line adressée à Yvan, son
neveu et père de Kléber, dont l’adresse était au 294 avenue Gambetta à Bagnolet. Kléber m’assure que son père est arrivé sur Bagnolet en 1936. Date à retenir ?
**************
J’ai donc écrit au Procureur de la République ! J’ai pris mon temps, enfin j’ai réfléchi surtout, cherche une adresse, où écrire !
Google m’a bien aidé ! J’ai pris ma plus belle plume ampoulée et agile et j’ai envoyé pleine d’espérance ma missive au Parquet du Tribunal de Grande Instance de Paris.
La réponse est arrivée juste avant Noël, me donnant l’autorisation de consulter les registres de l’état civil des mairies des 20 arrondissements de Paris .
J’ai attendu quelques jours après le Nouvel An pour me rendre dans le 18ème, mairie où le fils de Line s’est marié.
Mairie du 18ème dont je vous ai montré une photo, avec le soutien à Ingrid Béthancourt.
Mairie du 18ème où tant de gens que j’aime sont nés, se sont mariés !
Ma demande a surpris les secrétaires….. Léger conciliabule pour adopter la bonne attitude envers moi !
Comme les registres sont énormes….. il a été convenu de me faire entrer dans la salle des archives !
J’étais toute émoustillée, fébrile…… et mine déconfite quand j’ai lu cette ligne
…….fils de Nelson Pierre Darbeau et Marie Clemenceau, époux décédés.
Un point et rien de plus !!
J’ai mis quelques jours à digérer cette déconvenue, jusqu’à ce que j’échange mes vœux avec mon archiviste corrézien préféré, Gaby.
Pragmatique, il me dit que c’est courant qu’il n’y ait rien d’écrit ! Et pas de contrat de mariage ?
Contrat de mariage ! mais si bien sûr !
« Un contrat de mariage a été reçu le 12 octobre 1964 par Maître Jacques Robineau, notaire à Paris. »
Il serait fort étonnant que l’on ne fasse pas état des parents.
Robineau… Robineau ! Grands dieux le nombre de notaires à Paris s’appelant Robineau est impressionnant……. Mais pas de Jacques !
J’essaye un Nicolas, puis un Bertrand et là on me dit que l’étude notariale de maître Jacques Robineau a été transférée à l’étude Benoît Farrando Paris 9ème.
Vais-je enfin savoir ?
Je téléphone pleine d’espoir !
Et une dame charmante me répond qu’il faut faire des recherches dans les archives et que ceci a un coût. De 50€ et plus selon l’acte. Et rien n’est sûr de trouver des renseignements sur les parents de celui qui a passé le contrat !
J’en suis là ! 50€ et peut être rien du tout !
J’hésite….. je ne cherche qu’une date et bon sang que c’est difficile !
Une seule chose est sûre et c’est écrit ici sur une fiche de sécurité sociale d’Edmond Clemenceau, frère de Marie dite Line Paulet.
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Carte postale envoyée par Line Paulet à son frère Chéri !
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L'actrice Pierval du théâtre de l'Odéon photographiée par Henri Manuel photographe d'Art
Lorsque j’ai commencé à rechercher mes ancêtres, j’ai avancé assez vite parce que pour la plupart, ils sont nés dans des communes proches en Corrèze. Les informations ont été relativement aisées à récolter.
J’étais aussi fort intéressée à rechercher les ancêtres Clemenceau.
Une rumeur courrait, me disait Kléber, que son arrière grand père Clemenceau était un enfant trouvé, que lors de partir faire son service militaire quelqu’un avait payé pour qu’il ne le fasse pas !
Cet arrière grand père s’appelait Pierre et au vue de sa dernière carte d’identité, il était né à Saint Pierre du Palais en Charente. Son fils Chéri Edmond lui est né aux Eglisottes en Chalaure en Gironde. Même si elles sont dans deux départements différents, géographiquement ce sont deux communes très proches.
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Nous décidons en 2004 de partir à la découverte de la terre des ancêtres.
Je dois dire que découvrir une région en faisant ce type de recherche est passionnante et très riche ;
Nous irons d’abord en Gironde où nous n’avons trouvé que la naissance de Chéri.
Arrivés à Saint Pierre du Palais, nous sommes très bien accueillis par les responsables de cette petite mairie . Là nous allons avoir notre premier choc.
Pierre est bien né là en 1863 au lieu dit La petite Martre ainsi que ses neuf frères et sœurs dont des jumeaux !!
Comme quoi, il faut toujours se méfier des légendes familiales.
Nous irons visiter d’ailleurs ce lieu dit, La Petite Martre, un lieu enchanteur avec un vieux moulin, un lavoir et une rivière courant sous des saules pleureurs.
On trouvera seulement l’année d’après le mariage de Pierre et Pétronille Bertin à Saint Pierre du Palais.
Nous avons sillonné toute la région plusieurs années de suite. (2003-2005-2006)
A Cercoux où apparemment est le berceau familiale des Clemenceau, nous rencontrerons d’ailleurs grâce au maire de la commune une petite cousine du grand père de Kléber. Une charmante vieille dame de 90 ans, bon pied bon œil avec une mémoire phénoménale. Le maire d’ailleurs nous l’avait précisé : " Mme Solange Naud est la mémoire et une des doyennes de notre village. "
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Solange nous a beaucoup parlé deux années de suite toujours très heureuse de nous voir. Avec ce souvenir ému de Kléber, la première fois qu’ils se sont rencontrés. Ne lui avait –elle pas dit d’emblée
- " mais mon cher si je vous avais rencontré dans la rue, j’aurais pu dire tout de suite que vous aviez l’allure des Clemenceau, grand et fort comme eux ! "
Kléber mesure 1m 87.
Par contre elle n’avait jamais entendu parler de Line Paulet ! Mais quand on lui a dit qu’elle aimait sauter en parachute, elle s’est écrié
- " ah mon dieu on doit être bien parente, ça a été toujours mon rêve ! Gamine je montais sur le toit de la scierie de mon père, et je sautais dans le tas de sciure ! J’étais un vrai garçon manqué ! "
On redescendra vers la Gironde pour visiter toutes les communes où la famille a habité. Ces communes se nomment Saint-Laurent des Combes (nous avons une photo d’école où apparaît Chéri Edmond), Saint Christophe des Bardes, Saint Michel de Fronsac, petites communes gravitant autour de Saint- Emilion et aussi Libourne.
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Moto d'Yvan en 1950 devant St Emilion |
Moto de Kléber en 2006 |
Pierre sera sabotier puis tonnelier comme son père et son grand père. Dans les années 1905 il sera d’ailleurs maître chais au Château Laroque.
Nous trouverons aussi la naissance de Marguerite la deuxième sœur d’Edmond à Saint Michel de Fronsac…. Pas de trace de naissance de Line.
Avec les échanges entre généalogistes, j’ai appris à lire les actes , à émettre des hypothèses. Par exemple au XIX ème siècle la jeune mariée accouchait souvent de son premier enfant chez sa mère.
Ne trouvant rien sur Line, j’ai donc regardé où était née Pétronille Bertin. Nous voilà partis à Lalande de Pomerol lieu de sa naissance .
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Pétronille Bertin |
Et là enfin…. J’ai trouvé ! Je vous assure que c’est une telle joie de trouver enfin un élément essentiel qui fait avancer les recherches. …. Je vous le dis tout net, j’ai crié un grand OUI !
En marge de son acte de naissance était noté son mariage avec Pierre Nelson Darbeau . Lorsque je recevrai cet acte de la mairie de Paris ( 10ème ) célébré le onze août 1914, il est noté que les époux légitimeront la naissance de leur fils Robert Guy Darbeau né en 1904 à Montpont Ménestérol.
Line Paulet s’appelait en fait Marie Madeleine… Quand naît son fils, Marie est âgée de 18 ans et elle exerce le métier de lisseuse.
Il me manque maintenant de trouver la date de son décès.
Comme je n’ai plus aucun document après 1929, je peux penser que la date de son décès se situe entre 1930 et 1940 ,dans cette tranche d’années.
J’ai fait une demande dans plusieurs arrondissements de Paris sans résultat.
Il y a peu j’ai cru que j’allais savoir en demandant l’acte de mariage de son fils à la mairie du 18ème, j’avais demandé un acte filiatif( avec les renseignements sur les parents) .Mais je n’ai pas eu de chance. Il me faut l’autorisation du Procureur de la République pour obtenir un acte filiatif , datant de moins de 100 ans.
Donc il va falloir encore écrire….
Ici se terminent mes premières recherches sur Line Paulet…. Donc à suivre !
Juste un dernier mot…. Il y a quelques jours regardant de vieilles cartes postales, j’en ai trouvé une de Line adressée à Yvan, son neveu et père de Kléber, dont l’adresse était au 294 avenue Gambetta à Bagnolet. Kléber m’assure que son père est arrivé sur Bagnolet en 1936. Date à retenir ?
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Marie Clemenceau dite Line Paulet |
Je sens depuis peu chez mes lecteurs un attrait certain pour ma recherche de Line.
Il est temps de vous parler de sa période théâtre. C'est peut être par là que j'aurai du commencer, si j'avais voulu respecter l'ordre chronologique. En effet j'ai pu donc établir que de :
-1910 à 1912, elle a été actrice des Tournées Baret
- 1922 à 1926 parachutiste et membre de la Société Icare
- 1928 à 1929 journaliste et directrice de la revue "Pour la femme" anciennement Don Quichotte.
Je vous raconte ma quête dans l'ordre où je l'ai découverte!
Revenons donc à cette période des tournées Baret.
J'ai retrouvé un grand nombre de cartes postales écrites de sa main et envoyées depuis les villes où les tournées s'installaient. Elle les adressait à Guy Darbeau, à Nelson Darbeau mais aussi à son frère Chéri Edmond Clemenceau (le grand père de Kléber mon mari).
Incroyable le nombre de villes visitées par cette troupe sur les années 1910-1911-1912.
Jugez plutôt.... j'ai fait la liste approximative.
Liège -Bruxelles -Belfort - Bâle - Bern- Montreux - Neufchâtel -Genève -Nice- Cannes -Grasse- Marseille- Avignon -Montpellier - Carcassonne - Toulouse - Bordeaux - Libourne - La Rochelle -La Roche sur Yon- Laval- Brest- Saint-Brieux - Dreux- Saint-Adresse - Rouen -Chartres- Clermont-Ferrand- Bourges.
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Quelques affiches des tournées Baret
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Je ne sais pas sous quel nom elle jouait dans cette troupe! Mais je pense que c'est là qu'elle a commencé à prendre ce nom de Line Paulet. Dans ce vieil album j'ai retrouvé une douzaine de photos d'actrices dont Sylvie ( souvenez-vous 'La vieille dame indigne') mais pas de Line.
Par contre une très belle photo comme on en faisait à l'époque appuyée contre une sellette. La voici ! Je la trouve très jolie!
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Mais je ne sais toujours pas où est née Marie!
Nous décidons alors avec Kléber d'aller sur la terre de ses ancêtres.
Le père de Marie, Pierre était tonnelier, né à Saint Pierre du Palais en Charentes.
Le grand père de Kléber, Chéri Edmond est né aux Eglisottes en Chalaure.
Deux superbes balades en moto en Charentes et Gironde en 2005 et 2006 que je vous conterai lundi prochain!
A suivre.....
Encore quelques documents concernant son action dans la Société L'Icare.
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Extrait du journal "Les Ailes"
Mademoiselle Line Paulet nous a donné samedi 9 octobre un aperçu de ses qualités de conférencière dans la salle des conférences du concours Lépine.
Le titre de sa causerie était:" L'aviation pour tous". Après avoir parlé du concours de l'aviation de tourisme, elle traita de l'avenir de l'aviation:
"Je voudrais des mots assez éloquents pour traduire parfaitement ma pensée et vous dire ma conviction profonde en l'avenir radieux de la locomotion aérienne. Je voudrais vous convaincre de son utilité immédiate et vous rallier à sa cause. L'aviation est le moyen de l'avenir sans aucun doute mais d'un avenir très rapproché et dès maintenant il nous faut compter avec elle ."
Elle termina en exposant les buts de la Société de L'Icare.
Sa péroraison fut longuement applaudie.
Ces documents m'ont été envoyés par Mr Yves M. chercheur au Musée de l'Air du Bourget.
Enfin voilà une carte postale ancienne trouvée sur le Net à la rubrique Line Paulet:
saut en parachute dans la région Nord en 1925.
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Le dernier chapitre de cette histoire parlait de la passion de Line pour l’aviation et surtout pour le saut en parachute !
Après la visite à la bibliothèque Marguerite Durand où j’avais découvert une femme moderne, féministe et politique, je veux trouver la femme sportive……
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Je chercherai des informations un peu partout ( BNF, Beaubourg…..) sans résultat jusqu’au jour où ayant laissé mes coordonnées au Service de l’Armée de l’Air à Vincennes, un monsieur (Colonel.. oui oui !) m’appelle. Faisant lui aussi des recherches généalogiques, il comprend mes soucis et m’oriente vers le Musée de l’Air au Bourget. Vous dire que ma recherche va aboutir, ce n’est pas vraiment le terme ! Mais la responsable m’indique qu’il y a dans la salle d’études, un monsieur qui écrit l’histoire du parachutisme en France.
Je veux croire que les chercheurs sont exceptionnels, du moins Mr Yves M. l’est.
Il n’a pas hésité à m’appeler pour me dire : " Mais bien sûr ! j’ai déjà vu plusieurs articles sur Line Paulet… je regarde dans mes dossiers et je vous recontacte ! "
Ce qu’il a fait ! Il a pu même établir une sorte de chronologie des nombreux sauts qu’effectuera Line Paulet.
Extrait du courrier de Mr Yves M.
" Elle est mentionnée pour la première fois en 1922 dans le journal Les Ailes, le 13 août au meeting d’Auxerre, où elle est créditée de deux descentes, puis à Valenciennes le 26 du même mois, le 3 septembre à La Baule, où elle effectua plusieurs descentes et enfin le 8 octobre, à Poitiers. En 1923 elle est citée dans plusieurs meetings, de janvier à Auch jusqu’à octobre à Amiens. En 1924, citée dans 11 meetings, dont celui de Montélimar, avec la mention " 56ème descente ". Comme il y a encore cinq meetings après celui-là, on peut penser que son 60ème saut se situe cette année là ?….. les années suivantes(1925,1926,1927) ne voient plus son nom cité une seule fois. "
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Elle a sauté en 1925 puisque j’ai trouvé une carte postale mentionnée saut de Line Paulet dans le Nord en 1925.
Je remets un de mes articles en ligne aujourd'hui suite à l'excellent documentaire vu sur France 3 "La Française doit voter" . Je ne sais si vous l'avez vu.... édifiant ce parcours de combattantes!
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Et pour rester dans l'actu , suite à la disparition d'Henri Troyat je vous donne ce lien sur le site de Jean-Pierre Mouriéras sur Bugeat:
Pour obtenir le droit de vote
Groupons-nous et
demain….
Nous voici au mois de novembre, terme définitif
des vacances, Messieurs les Parlementaires vont eux-mêmes rejoindre leurs postes. Nous aussi, les Femmes, devons rejoindre le nôtre, qui est un poste de combat. Il faut en effet reprendre la
lutte, le Sénat ayant refusé à nouveau au mois de juin dernier d’examiner notre cause. Plus que jamais il faut donc se grouper car il faudra sans doute encore beaucoup et souvent demander pour
pouvoir espérer obtenir satisfaction.
Certes de tous côtés les encouragements nous parviennent. L’idée féministe progresse, lentement sans doute, mais
sûrement. Le succès de Pour la Femme l’atteste.
Aussi l’année 1929 doit-elle marquer un succès pour le féminisme. S’il ne doit pas être total qu’il soit au moins
partiel.. L’occasion nous en est offerte par les élections municipales qui doivent précisément avoir lieu cette année.
Je sais bien qu’il s’est déjà dessiné une offensive pour reporter ces élections en 1930 sous prétexte de rétablir un équilibre rompu depuis la
guerre. J’avoue que pour ma part je ne vois pas la nécessité de laisser des intervalles réguliers entre les différentes élections . Ce projet me semble
être plutôt une manœuvre politique de la dernière heure destinée à prolonger les mandats municipaux en vue des prochaines élections sénatoriales. Mais chut ! ! ! ceci c’est de la politique et
pour l’instant la Femme n’a pas le droit d’en faire. Mais elle a le droit et le devoir de demander à en faire. Aussi que ces élections aient
lieu dans 6 ou 18 mois, il faut que les Femmes y prennent part.
Que ceux qui refusent de nous faire participer aux élections législatives par crainte d’un trop grand inconnu limitent tout d’abord l’expérience du vote
des femmes à ces élections régionales, quitte à étendre ou limiter nos droits, compte tenu de cette première consultation féminine.
Cette solution d’attente a déjà été proposée en France et mise en pratique entre autres chez nos voisins immédiats, l’Espagne et l’Italie. Si elle a été
écartée autrefois c’est que sans doute aux adversaires trop irréductibles du féminisme s’étaient joints des partisans trop zélés qui ne voulaient souscrire à une pareille demi-mesure interprétée
comme un acte de méfiance vis à vis de la Femme.
Eh bien nous autres femmes, confiantes dans le résultat d’une première élection, saurions-nous nous en contenter aujourd’hui ?
Je dis nous autres Femmes et je sais que tel n’est pas l’avis de toutes. Beaucoup de féministes ont pris aujourd’hui pour devise « Tout
ou rien ». alors que d’autres accepteraient un demi succès, si bien qu’à l’heure actuelle les diverses ligues, unions ou associations féministes ne sont pas d’accord sur le choix du premier
objectif à atteindre . Je le déplore d’autant plus qu’il démontre une fois de plus l’absence d’unité d’action pourtant si indispensable dans une pareille lutte.
Or ce qu’il faudrait avant tout c’est une action unique pour un but unique.. Ce but me paraît devoir être tout d’abord le plus facile à atteindre : le
bulletin de vote pour les élections municipales.
Il est vrai qu’en 1914 cette unité d’action était réalisée. Les grandes associations féministes étaient d’accord pour revendiquer tout d’abord un droit de
vote et l’éligibilité partiel : conseils municipaux, conseils d’arrondissement, conseils généraux.
Depuis il y eut la guerre et à son lendemain on put croire un instant que la Femme serait l’égale de l’homme devant la loi. On sait quel sort le Sénat
réservait au projet de Loi adopté par la Chambre. Il a refusé et refuse encore la discussion.
Que faire ? Je ne crois pas que ce soit en allant briser les vitres du Palais du Luxembourg ou en organisant des manifestations – d’ailleurs régulièrement
interdites – dans la rue, que l’on puisse faire triompher notre idée. Au contraire, ce n’est pas non plus en dispersant nos efforts que nous pouvons espérer surmonter un obstacle tel que celui
qui depuis 6 ans nous barre la route. Puisque l’obstacle ne peut se franchir en seul bond, cherchons plutôt un marchepied qui nous permettra par la suite de le franchir plus aisément. Ce
marchepied se présente de lui-même, ce sont les élections municipales. Sachons en profiter.
Regroupons – nous donc sur nos positions de 1914 et fortes du rude assaut entrepris depuis 10 ans, fortes de la concession à faire aujourd’hui, fortes de
notre sagesse, je ne doute pas qu’un jour très prochain nous obtenions satisfaction sur ce premier point.
LINE PAULET
La Femme et l’Aviation
Un grand journal d’information a annoncé dernièrement le départ de Lady Heath pour l’Amérique où elle se propose d’entreprendre une série de
conférences sur l’Aviation. Sans vouloir diminuer en rien le mérite de l’aviatrice anglaise irlandaise* dont, déjà, à plusieurs reprises, nous avons eu à admirer les performances
au cours de nombreuses compétitions auxquelles elle a pris part, tant en France qu’à l’étranger, il n’est peut-être pas inutile de rappeler ici aujourd’hui, qu’une Française, Mlle Marvingt, apôtre de l’aviation, a déjà précédé sa sœur étrangère dans
cette voie.
Mlle Marvingt fut une aviatrice de la première
heure. Elève de Latham, elle effectua ses premiers vols sur avion Antoinette, de Levavasseur et vola ensuite sur avion Deperdussin à une époque où le monde émerveillée suivant avec un étonnement
mélangé de scepticisme cette nouvelle audace de l’homme. De l’audace certes, il en fallait, mais ce n’était pas ce qui faisait défaut à Mlle Marvingt. D’ailleurs les choses de l’air lui étaient
déjà familières. Avant que d’être une adepte du ‘plus lourd que l’air’, elle avait déjà effectué de nombreux voyages en sphériques, entre autres, en compagnie du commandant Garnier, la traversée
de la mer du Nord d’Amsterdam à Southwold – 200 km au-dessus des flots, record de distance. Au surplus, sportive accomplie, elle pratiquait et pratique encore l’alpinisme, la natation, le
tir..etc… et dans chacune de ces branches remporte chaque jour de nouveaux succès.
Aussi la Ligue Aéronautique de France la désigne-t-elle bientôt comme déléguée, conférencière, chargée de faire connaître et aimer l’aviation à ceux qui
pouvaient douter encore. Mlle Marvingt n’hésita pas à s’expatrier durant de longues années allant de Suisse en Italie, d’Italie en Espagne, d’Espagne en Afrique du Nord et partout prêchant en
faveur de la navigation aérienne.
Cette femme intrépide qui fût surnommée « la fiancée du Danger » participa par la suite à la guerre du Rif en qualité d’infirmière auprès des Français
puis auprès des Espagnols, afin de se documenter sur l’aviation sanitaire dont elle peut se flatter, à juste titre, d’être le promoteur, puisque déjà en 1909, elle songeait à utiliser l’avion
pour le transport des blessés. Elle fait partie du comité exécutif du congrès sanitaire qui doit avoir lieu en mai 1929 à Paris et à Reims sous la présidence du professeur
Richet.
Ce rapide aperçu montre quelle œuvre utile peut
accomplir une femme en faveur d’une cause aussi passionnante que celle de l’aviation, surtout lorsque cette femme a l’activité et l’audace de Mlle Marvingt.
* correction apportée le 27.1.2007 suite au commentaire de Lindie.
Marie Marvingt
prend le départ à Bétheny en 1912 sur Deperdussin
Celle- ci du reste, rentrée en France, depuis deux ans, a continué sa croisade dans notre province et ces jours derniers nous avons eu le plaisir de l’entendre à
l’Ecole Normale primaire de jeunes filles. Après une intéressante causerie sur l’aviation, Mlle Marvingt déclama de sa voix prenante, la « Conquête Nouvelle » du regretté Lieutenant Boisanger,
tombé au champ d’honneur.
Notre aviatrice, très applaudie et chaleureusement félicitée, eut la surprise de découvrir parmi ces jeunes filles de nombreuses « fanatiques » et même
plusieurs « baptisées » de l’air. Mais cependant, elle ne conseille pas aujourd’hui à celles-ci de se lancer dans cette voie, l’aviation de tourisme en France étant encore inexistant puisqu’elle
n’a ni les avions ni les terrains qu’il lui faudrait.
Pour la Femme ne désespère pas que bientôt il en soit autrement. N’oublions pas, en effet, que notre Ministre de l’Air a appelé auprès de lui un homme
jeune , actif, aux idées fécondes et réalisations rapides, Mr Couhé. Ancien député, ingénieur des mines de Lens, ancien pilote de guerre, toujours fervent touriste de l’air, et possédant son
avion personnel, nul doute qu’il ne s’attache bientôt à cette importante question et qu’il mette tout en œuvre pour doter rapidement notre pays des avions et des terrains qu’il lui
manque.
Novembre
1928
Line Paulet
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