| Février 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||||||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | ||||
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | ||||
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | ||||
| 27 | 28 | 29 | ||||||||
|
||||||||||
20 ans déjà....
Un tout petit partage pour un si grand moment.... c'était magique! Imagine!
La prise de vue n'est pas terrible mais le son était excellent!
Bon week end à vous tous!
Deux photos de notre expo
En fond sonore le chant pour Fédérico par la belle voix de Jean Ferrat.
Notre exposition est visible jusqu'au 2 novembre de 15h à 17 heures.
Et pour Martine en particulier la traduction de L'estaca
L'estaca (Le Pieu (1))
Grand-père Siset me parlait ainsi
De bon matin sous le porche
Tandis qu'en attendant le soleil
Nous regardions passer les charettes
Siset, ne vois-tu pas le pieu
Où nous sommes tous attachés ?
Si nous ne pouvons nous en défaire
Jamais nous ne pourrons nous échapper !
[Refrain]
Si nous tirons tous, il tombera
Cela ne peut durer plus longtemps
C'est sûr il tombera, tombera, tombera
Bien vermoulu il doît être déjà.
Si tu le tires fort par ici
Et que je le tire fort par là
C'est sûr, il tombera, tombera, tombera,
Et nous pourrons nous libérer.
Mais Siset, ça fait déjà bien longtemps
Mes mains à vif sont écorchées !
Et alors que les forces me quittent
Il est plus large et plus haut.
Bien sûr, je sais qu'il est pourri,
Mais, aussi, Siset, il est si lourd !
Que parfois les forcent me manquent
Reprenons donc ton chant :
[Refrain]
Grand-père Siset ne dit plus rien
Un mauvais vent l'a emporté
Lui seul sait vers quel lieu
Et moi, je reste sous le porche
Et quand passent d'autres gens
Je lève la tête pour chanter
Le dernier chant de Siset,
Le dernier qu'il m'a appris :
[Refrain] (x2)
cette chanson est une chanson de résistance.
Sous Franco, le catalan a été une langue pourchassée
Par les nationalistes.
Lluis Llach écrit ici son attachement pour sa langue natale,
Cette chanson est aujourd'hui un véritable hymne catalan.
|
|
|
|
|
|
Sans bruit, sous le miroir des lacs profonds et calmes,
Le cygne chasse l'onde avec ses larges palmes,
Et glisse. Le duvet de ses flancs est pareil
A des neiges d'avril qui croulent au soleil ;
Mais, ferme et d'un blanc mat, vibrant sous le zéphire,
Sa grande aile l'entraîne ainsi qu'un blanc navire.
Il dresse son beau col au-dessus des roseaux,
Le plonge, le promène allongé sur les eaux,
Le courbe gracieux comme un profil d'acanthe,
Et cache son bec noir dans sa gorge éclatante.
Tantôt le long des pins, séjour d'ombre et de paix,
Il serpente, et, laissant les herbages épais
Traîner derrière lui comme une chevelure,
Il va d'une tardive et languissante allure.
La grotte où le poète écoute ce qu'il sent,
Et la source qui pleure un éternel absent,
Lui plaisent ; il y rôde ; une feuille de saule
En silence tombée effleure son épaule.
Tantôt il pousse au large, et, loin du bois obscur,
Superbe, gouvernant du côté de l'azur,
Il choisit, pour fêter sa blancheur qu'il admire,
La place éblouissante où le soleil se mire.
Puis, quand les bords de l'eau ne se distinguent plus,
A l'heure où toute forme est un spectre confus,
Où l'horizon brunit rayé d'un long trait rouge,
Alors que pas un jonc, pas un glaïeul ne bouge,
Que les rainettes font dans l'air serein leur bruit,
Et que la luciole au clair de lune luit,
L'oiseau, dans le lac sombre où sous lui se reflète
La splendeur d'une nuit lactée et violette,
Comme un vase d'argent parmi des diamants,
Dort, la tête sous l'aile, entre deux firmaments.
Sully Prudhomme
|
Parler de ce poème aujourd'hui me semble important...... il résonne très fort en moi et toujours porteur de sens, d'avenir....... on attend depuis si longtemps
des lendemains qui chantent.....
LA ROSE ET LE RÉSÉDA ( Louis Aragon )
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Tous deux adoraient la belle prisonnière des soldats
Lequel montait à l'échelle et lequel guettait en bas
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Qu'importe comment s'appelle cette clarté sur leur pas
Que l'un fut de la chapelle et l'autre s'y dérobât
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles des lèvres du coeur des bras
Et tous les deux disaient qu'elle vive et qui vivra verra
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Quand les blés sont sous la grêle fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles au coeur du commun combat
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Du haut de la citadelle la sentinelle tira
Par deux fois et l'un chancelle l'autre tombe qui mourra
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Ils sont en prison Lequel a le plus triste grabat
Lequel plus que l'autre gèle lequel préfère les rats
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Un rebelle est un rebelle deux sanglots font un seul glas
Et quand vient l'aube cruelle passent de vie à trépas
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Répétant le nom de celle qu'aucun des deux ne trompa
Et leur sang rouge ruisselle même couleur même éclat
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Il coule, il coule, il se mêle à la terre qu'il aima
Pour qu'à la saison nouvelle mûrisse un raisin muscat
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
L'un court et l'autre a des ailes de Bretagne ou du Jura
Et framboise ou mirabelle le grillon rechantera
Dites flûte ou violoncelle le double amour qui brûla
L'alouette et l'hirondelle la rose et le réséda
Ce poème paru en 1941 est dédié par le poète à 4 grands Résistants de droite et de gauche, deux communistes et deux chrétiens ,fusillés par les Allemands :
Gabriel Péri : homme politique et journaliste français, membre du Parti communiste, fusillé en 1941
Honoré d'Estienne d'Orves : officier de marine français, rallié au Général de Gaulle en 1940, fusillé en 1941
Guy Moquet, fils d'un député communiste, fusillé comme otage en 1941, à l'âge de 17 ans
Gilbert Dru : il organisa la Résistance dans les milieux de la Jeunesse Chrétienne, fusillé à Lyon en 1944, à l'âge de 24 ans
|
En ce jour de Saint Valentin, je vous donne à voir cette sanguine réalisée en 1992 que j'avais intitulée "deux ados" accompagnée du poème d'Aragon "Maintenant que la jeunesse" extrait du "Le cri du butor"
Maintenant que la jeunesse s'éteint au carreau bleui
Maintenant que la jeunesse machinale m'a trahi
Maintenant que la jeunesse tu t'en souviens souviens-t-en
Maintenant que la jeunesse chante à d'autres le printemps
Maintenant que la jeunesse détourne ses yeux lilas
Maintenant que la jeunesse n'est plus ici n'est plus là
Maintenant que la jeunesse sur d'autres chemins légers
Maintenant que la jeunesse suit un nuage étranger
Maintenant que la jeunesse a fui voleur généreux
Me laissant mon droit d'aînesse et l'argent de mes cheveux
Il fait beau à n'y pas croire il fait beau comme jamais
Quel temps quel temps sans mémoire
On ne sait plus comment voir
Ni se lever ni s'asseoir
Il fait beau comme jamais
C'est un temps contre nature
Comme le ciel des peintures
Comme l'oubli des tortures
Il fait beau comme jamais
Frais comme l'eau sous la rame
Un temps fort comme une femme
Un temps à damner son âme
Il fait beau comme jamais un temps à rire et courir
Un temps à ne pas mourir
Un temps à craindre le pire
Il fait beau comme jamais
Tant pis pour l'homme au sang sombre
Le soleil prouvé par l'ombre
Enjambera les décombres
Il fait beau comme jamais
Commentaires