ionard

Ce sera mon cadeau de fin d'année.....quelques lectures de l'oeuvre de Marcela.
Avec une pensée particulière pour la Luciole de l'Aubrac qui se gèle en ce moment!
Elle connait tout de la Marcèla!
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  Marcèla est née à Germont, commune de Chamberet en Corrèze, le 2 septembre 1925.
Elle y est morte dans son lit le 6 février 1998.
Entre temps, elle a beaucoup voyagé. Sur place. Ces voyages là ne sont pas donnés  à tout le monde. C’est aussi pour ça, sans doute que ses écrits sont déchirants, profonds et beaux. Ils contiennent peut-être quelques secrets sur la grouillance de la terre et quelqu’autre à propos de la béance céleste. Lisez-les, vous les sentirez affleurer ces secrets, lisez-les à haute voix et vous frissonnerez. C’est ainsi que parlent les grands poètes : ils vous font voir le vent invisible et toucher l’impalpable. C’est ainsi qu’ils sont, comme Marcelle Delpastre, comme les arbres, avec des racines qui sucent la terre nourricière et des branches où fleurissent couleurs et senteurs, où mûrissent les graines qui essaiment au moindre souffle. (dixit Térésa Canet)
Elle laisse derrière elle une oeuvre immense et un public admiratif de plus en plus nombreux.
undefined              Les moutons du Bourg sous la neige                                                Elina

Moi qui

 

Moi qui voulais être les arbres, dans le souffle puissant de la pluie et le balancement des branches au soleil.

Moi qui voulais être les prés, longuement mûrissants de tous les parfums de leurs herbes.

Moi qui pensais être la terre sombre et toute ruisselantes d’eaux, grosse de la germination des graines et pleine de racines.

Qui croyais être ce pays, dans ma bouche avec ma parole.  Qui croyais être ce que sont les arbres, les moissons, le sol.

Et qu’en moi s’accomplit le cycle des saisons, la pesanteur des roches et des plantes, l’engrangement et les semailles.

Le poids des bêtes chaudes, et la profonde respiration des plumes et des pelages, la coulée de la sève et du sang ; le sommeil.

Moi qui croyais être le nom de ce pays sauvage. Planté dans l’épaisseur du sol entre la source et la montagne.

Moi qui meurs lentement comme meurent les arbres, et qui m’arracherai, branche après branche.

Moi qui meurs comme meurent les pierres, mûres de l’air brûlant qui vont à l’eau dormante.

Moi qui meurs sans mémoire et qui n’étais que l’ombre d’une ombre et le murmure d’un frémissement.

 

 

                                                                                              14 mars 1969

(L’araignée et la rose et autres psaumes (1969 – 1986)

Edition dau Chamin de Sent Jaume , 2002

Marcèla Delpastre

 

Sam 22 déc 2007 23 commentaires
tins je suis le premier... faut dire qu'à c't'heure... j'emmène ce poème au lit pour mieux le déguster...;o)
efce - le 22/12/2007 à 00h13
Tiens, je suis la 2ème...oui, je vais m'endormier après avoir relu ces lignes très belles.
Merci pour ce cadeau !
J'irai plus loin dans la découverte des écrits de Marcèla ensuite...
Gros bisous de la nuit, Dany 
siratus - le 22/12/2007 à 00h33

sont très beaux en effet ......ces écrits....
bel hommage à Marcéla !!!
et les moutons,z'ont pas froid aux papattes avec la neige!!!!!
à Cayenne,retour du soleil,aujourd'hui et très chaud: aquagym sans problème!!!!
bisous du soir!!!

Annick - le 22/12/2007 à 01h33
Quelle belle critique littéraire qui donne vraiment envie de découvrir. Beau texte. Bises
martine - le 22/12/2007 à 06h11
Merci de nous faire découvrir ce très beau texte Dany. Bonne journée.
Bruno - le 22/12/2007 à 08h35
Belle écriture en effet...merci de nous en parler
bonnes fêtes de fin d'année à toi et à bientôt
lucile et lucien - le 22/12/2007 à 09h42
Bonjour Dany,
Bonne idée de nous faire connaître ce paysan autodidacte, qui écrit magnifiquement bien, je passe te remercier de tous tes gentils coms depuis que j'ai ouvert un blog depuis le mois de Mars , grosses bises en te souhaitant un joyeux Noël et d'excellentes fêtes de fin d'année
marilou
marilou - le 22/12/2007 à 10h03
C'est un texte magnifique, d'une femme qui a su rester à l'écoute de l'essentiel et vivre au rythme des saisons, au rythme de la terre. C'est un texte d'une âme magnifique ... Merci de nous l'avoir fait découvrir ! Gros bisous dans le brouillard Dany !
PS : oui ... cette semaine a été sympathique mais surréaliste ! J'ai buggé, je corrige de suite !!! A force de faire attention aux textes de Jean-Pierre, j'en oublie les miens !
Bandolera - le 22/12/2007 à 10h04
bonjour Dany . je suis d'accord avec toi , extèmement beau . gros bisous . jean-pierre
jean-pierre - le 22/12/2007 à 10h13
C'est dommage que certains récits de conteurs d'antan n'ont pas été transcrits. J'ai connu de petit paysan, sans instruction, mais qui savait tenir en haleine un auditoire pendant un bon moment. Ou se mêlaient nos mots de tous les jours et d'autres en désuétude. J'aimais ces soirées car j'essayais de tout comprendre et j'ai du apprendre à me servir d'un dictionnaire,puis d'un autre éttmologique ! Quel plaisir !!

Bises et bonne journée !!
patriarch - le 22/12/2007 à 10h59