ionard
"Ecoute un peu ce qu'en dit Jérôme Garcin dans le Nouvel Obs!
"Retour au pays natal
Par Jérôme Garcin
En avril 1944, quatre paysans sont exécutés par les Allemands en terre limousine. Enquête
C'était en 2001, il venait d'avoir 60 ans. A la Toussaint, lorsque les maisons se referment dès l'après-midi sur leurs feux de cheminée, il a fait le choix d'aller veiller les morts dans sa région natale, la haute Corrèze, où les vivants se raréfient et où les survivants, souvent atteints par la maladie d'Alzheimer, voient leur mémoire s'effilocher comme une cotonneuse brume de montagne.
"Heu là il y va fort..... tu vois un peu où tu vas vivre?"
Tôt ou tard, on revient toujours d'où l'on vient. Fils d'un forestier, Jean-Marie Borzeix est un enfant de la terre limousine et de la dernière guerre. Il est né à Bugeat, en 1941. Mais c'est à Paris qu'il a vécu, où il a été journaliste à «Combat» et au «Quotidien de Paris», rédacteur en chef des «Nouvelles littéraires», directeur littéraire du Seuil, patron de France-Culture et de «Télérama»; il a été le premier biographe de François Mitterrand, l'éditeur d'Elie Wiesel, et le conseiller de Jean-Noël Jeanneney à la Bibliothèque nationale de France. C'est peu dire qu'il est retourné chez lui les mains pleines, la tête lourde et avec la conviction, chère à Miguel Torga, que «l'universel, c'est le local moins les murs». Ce récit en est l'émouvante et rigoureuse démonstration.
Jean-Marie avait 3 ans quand un détachement de SS, venu traquer les résistants dans cette région aussi aride que rebelle, a envahi le bourg de Bugeat, le 6 avril 1944. Quatre paysans de L'Echameil, un village voisin, furent arrêtés et fusillés pour l'exemple. Ici, personne ne les a oubliés. Chaque année, on honore leur mémoire. Dans la chaleur des cuisines, Jean-Marie a recueilli les souvenirs des uns et des autres, et d'autant mieux décrypté les silences, traduit les allusions, qu'il est l'enfant du pays, de la Jeanne et du père Ernest.
Or c'est en réveillant la tragédie de Bugeat qu'il a découvert, caché derrière le monument aux morts, effacé de l'histoire locale, oublié de tous, un autre drame, pourtant concomitant : l'exécution, par ces mêmes nazis, d'un jeune résistant juif, Haïm Rozent, alias Chaïm, alias Jem, qui refusa, sous la torture, de désigner les maquis environnants, et dont la tombe, au fond du cimetière de 'LEglise-aux-Bois, portait un numéro de téléphone à Haïfa. Commence alors une enquête qui conduit Borzeix en Belgique, Pologne, Israël, à Paris, Berlin et dans les archives du fort de Charenton. Pièce après pièce, il reconstitue le puzzle éparpillé, la généalogie enfouie, le destin brisé de ce juif de Corrèze et de tous les autres, qui ont combattu les Allemands quand ils ne furent pas déportés, et auxquels nul, avant Borzeix, n'avait pensé à célébrer le courage, à graver les noms, à fixer les visages.
Ce livre bleu noir, c'est enfin la stèle qu'on avait négligé de leur édifier sur cette terre de silence et de givre. Un garçon de Bugeat l'a écrit à l'automne de sa vie, comme s'il voulait être fidèle à la fois à son enfance de 1941 et à tous ceux qui, assassinés dans la fleur de l'âge, n'ont jamais revu ce Limousin où les oiseaux chantent plus tôt, plus haut et plus fort.
J.G
Jeudi saint», par Jean-Marie Borzeix, Stock, 190 p., 16 euros.
Source: «le Nouvel Observateur» du 8 mai 2008.
Quand je suis repartie au pays début juin, m'arrêtant à la maison de La Presse, j'avise une pile de livres bleu noir! Ouf il y en a encore ! (depuis je peux vous dire que la pile a fondu!)
Je ne l'ai pas lu tout de suite..... écrasée de fatigue par le travail de la terre, le soir je sombrais souvent dans un sommeil sans rêve! Jusqu'à ces nuits où des douleurs intolérables dans ma main me firent me lever au petit matin! Le petit livre bleu noir toujours à portée de main, était là comme pour m'apaiser.
Je l'ai lu d'une traite, bouleversée par l'histoire, par l'écriture, par tout ce qu'il contenait.
Par ces listes à la fin du livre, listes des travailleurs étrangers qui avaient vécu au pays durant cette période troublée et qui avaient été établies par le gouvernement de l'époque........ jusqu'à trouver le nom d'Ottavio Cavalli et d'Andréa Zanga dont les familles vivent toujours à Gourdon.
J'ai passé le livre à ma tante Yvonne, à la mémoire vive et qui a toujours aimé lire.
Quand je lui ai dit de quoi parler ce livre, elle m'a dit dans un murmure" Tous ces étrangers ont fait beaucoup pour nous tu sais. Le pauvre Octave a aidé les résistants. Comme il travaillait au barrage, il y avait beaucoup de dynamite.... tu vois ce que je veux dire?
Je suis aussi très sensible à tout ce qui touche l'histoire juive.... si vous suivez mes potins, vous devez vous souvenir que cela va faire bientôt un an, que l'on criait dans la joie à nos enfants "Mazel Tov"
J'espère vous avoir donné envie de lire ce livre....
Une petite note trouvée ce matin dans mon Télérama!
Je peux vous dire aussi que la mairie de Bugeat a apposé en 2004 sur les murs
de la mairie une plaque en l'honneur des juifs résistants ayant séjourné à Bugeat qui ont été déportés ou tués . Voir iciCet été, j'aimerais aller avec Anita au cimetière de l'Eglise aux Bois.
.Pascal Desmichel en a si bien parlé et l'a si bien photographié...
Poser un petit caillou sur la tombe de Chaïm....
Tout d'abord, merci pout ton joli poème sur La Rochelle !
Un bien bel hommage aux résitants juifs qui ont séjourné dans ton pays ! C'est çà le devoir de mémoire !
Bises et bon lundi
Alain
françoise
Bises !
Bonjour Dany,
Je retrouve avec un très grand plaisir tes articles si intéressants, et même s'ils sont parfois graves, faudrait-il les taire?
Jean-Pierre est presque "mon pays" et je connais bien le Vercors, notamment un village "Valchevrière" entièrement détruit, le visiter est indescriptible, alors que tout est encore là, une source, le four à pains, symbole de vie dans un village assassiné, rien n'a été restauré, l'église est entière, on retrouve ça et là, les morceaux de maison d'une vie qui fut, et détruite par la bêtise humaine.
« Témoin de la violence des combats, le hameau de Valchevrière, en pleine forêt, a servi de camp aux maquisards avant d'être le lieu d'un sévère affrontement les 22 et 23 juillet 1944. Sur le belvédère qui domine le village, le lieutenant Chabal et ses hommes se sont sacrifiés pour retarder l'avance allemande et sont morts les armes à la main. Les maisons furent ensuite incendiées. Aujourd'hui, le village en ruines est resté en l'état, avec ses poutres calcinées, ses pierres à nu et noircies. Seule la petite chapelle est encore debout. » Extrait, Wikipédia.
Je t’embrasse Dany, bonne journée à toi.
Il ne faut pas oublier
L'an dernier j'ai été avec des amis américians à Colleville et là j'ai vu des dizaines de tombes de soldats américains d'origine juive venus délivrer notre pays, il ne faut pas les oublier non plus.
grosses bises et merci pour ces informations.