ionard
Extraits de l'Histoire Générale de Treignac sur Vézère de Jean Vinatier
"Dans sa cellule de la prison de Tulle, tout au long du printemps 1841, une femme au visage très fin, écrit posément sur une petite table qui constitue, avec le lit en fer, tout le mobilier de la pièce. Le 19 septembre 1840 elle a été condamnée aux travaux forcés à perpétuité pour avoir empoisonné son mari, Charles-Pouch Lafarge, propriétaire des forges du Glandier. Pendant tout le procés elle a crié son innocence. Elle écrit maintenant ses " heures de prison" pour continuer à se justifier.
Sur les feuilles blanches où elle retrace le récit de sa vie, on peut lire ces lignes :" c'était l'époque des assises. On jugeait une pauvre fille accusée d'infanticide.... j'allais quitter bien vite ce terrible Palais, lorsque je fus retenue par la parole éloquente et pleine de pensée du jeune avocat qui défendait l'accusée. La jeune fille avait été acquittée et le soir je fus heureuse de rencontrer le jeune défenseur, qui le matin m'avait fait éprouver une émotion profonde. Le compliment bien sincère que je lui adressai parut être recueilli par son coeur bien plutôt que par sa vanité.... je surprenais le regard de M. Lachaud qui , attaché sur moi, semblait m'interroger, m'étudier, me promettre un ami pour l'avenir."
Les pressentiments de la jeune Mme Lafarge ne devaient pas tarder à se vérifier. Cette descendante d'un ancien colonel de la garde Impériale, était arrêtée en janvier 1840, sous la double accusation d'empoisonnement de son mari et de vol des diamants d'une de ses amies d'enfance, Mme Léautaud.
A peine en prison, ses parents faisaient appel à deux grands avocats de Paris et de Limoges: M° Paillet et M° Bac. Mais l'inculpée exprima aussitôt le désir d'avoir également pour défenseur, le jeune avocat de 22 ans, entrevu aux assises de Tulle, M° Charles Lachaud. Elle lui écrivit:" Vous avez un admirable talent Monsieur. Je ne vous ai entendu qu'une fois et vous m'avez fait pleurer! Alors pourtant j'étais gaie et rieuse, aujourd'hui je suis triste et je pleure. rendez moi le sourire en faisant éclater mon innocence aux yeux de tous. Marie Capelle."
Rappelons quelques faits et quelques dates
Fin juillet 1939: mariage de Marie Capelle et de Charles Lafarge à Paris.
5 août : arrivée du couple au Glandier en Corrèze:
La nouvelle épouse se refuse à son mari et décrit le pays comme un lieu sauvage et sombre.
Septembre: les époux semblent s'être sincèrement réconciliés
28 octobre: M Lafarge fait un testament en faveur de son épouse.
Novembre et décembre: Charles Lafarge vient à Paris pour acquérir un brevet pour ses forges.
12 décembre: Marie Capelle fait acheter de l'arsenic à Uzerche pour détruire les rats. Elle envoie à son mari une caisse de gâteaux faits au Glandier.
18 décembre : M Lafarge mange le gâteau reçu et la nuit suivante est pris de coliques suivies de vomissement.
3 janvier 1840: retour de M.Lafarge au Glandier
5 janvier 1840: Marie se procure à nouveau de l'arsenic, toujours pour déruire les rats, nombreux au Glandier.
Elle soigne elle-même son mari malade.
13 janvier 1840: un médecin se demande si M Lafarge n'a pas absorbé du poison.
14 janvier 1840: M Lafarge expire. On fait l'autopsie.
Fin janvier: Marie Capelle est en prison. Un domestique suspect disparaît.
Le procés se déroule à Tulle du 4 au 19 septembre 1840. Expertises et contre expertises se succèdent.Témoignages et plaidoiries. Marie Capelle est reconnue coupable avec des circonstances atténuantes: elle est condamnée à la prison perpétuelle.
L'affaire Lafarge connait un retentissement prodigieux. Elle devait faire connaître le nom du jeune avocat de Treignac en France et même au-delà.
" Tout s'y trouvait réuni pour passionner les esprits, le rang social de l'accusée... le mystère qui planait sur ce drame sombre et lugubre, l'absence de preuve matérielle, les contradictions des experts, l'acharnement des experts, et plus que tout autre chose peut-être, l'énergie de cette jeune femme de vingt-quatre ans, à laquelle ses malheurs prêtaient une grâce nouvelle..... enfin il y avait la presse dont le rôle avait rapidement grandi... et qui jour par jour renseignait sur la marche et les incidents du procès. Combien merveilleuse, pour un jeune avocat, fut cette occasion de se faire connaître."
Quel est-il donc ce jeune Lachaud?"
Demain vous en saurez plus!
"Dans sa cellule de la prison de Tulle, tout au long du printemps 1841, une femme au visage très fin, écrit posément sur une petite table qui constitue, avec le lit en fer, tout le mobilier de la pièce. Le 19 septembre 1840 elle a été condamnée aux travaux forcés à perpétuité pour avoir empoisonné son mari, Charles-Pouch Lafarge, propriétaire des forges du Glandier. Pendant tout le procés elle a crié son innocence. Elle écrit maintenant ses " heures de prison" pour continuer à se justifier.
Sur les feuilles blanches où elle retrace le récit de sa vie, on peut lire ces lignes :" c'était l'époque des assises. On jugeait une pauvre fille accusée d'infanticide.... j'allais quitter bien vite ce terrible Palais, lorsque je fus retenue par la parole éloquente et pleine de pensée du jeune avocat qui défendait l'accusée. La jeune fille avait été acquittée et le soir je fus heureuse de rencontrer le jeune défenseur, qui le matin m'avait fait éprouver une émotion profonde. Le compliment bien sincère que je lui adressai parut être recueilli par son coeur bien plutôt que par sa vanité.... je surprenais le regard de M. Lachaud qui , attaché sur moi, semblait m'interroger, m'étudier, me promettre un ami pour l'avenir."
Les pressentiments de la jeune Mme Lafarge ne devaient pas tarder à se vérifier. Cette descendante d'un ancien colonel de la garde Impériale, était arrêtée en janvier 1840, sous la double accusation d'empoisonnement de son mari et de vol des diamants d'une de ses amies d'enfance, Mme Léautaud.
A peine en prison, ses parents faisaient appel à deux grands avocats de Paris et de Limoges: M° Paillet et M° Bac. Mais l'inculpée exprima aussitôt le désir d'avoir également pour défenseur, le jeune avocat de 22 ans, entrevu aux assises de Tulle, M° Charles Lachaud. Elle lui écrivit:" Vous avez un admirable talent Monsieur. Je ne vous ai entendu qu'une fois et vous m'avez fait pleurer! Alors pourtant j'étais gaie et rieuse, aujourd'hui je suis triste et je pleure. rendez moi le sourire en faisant éclater mon innocence aux yeux de tous. Marie Capelle."
Rappelons quelques faits et quelques dates
Fin juillet 1939: mariage de Marie Capelle et de Charles Lafarge à Paris.
5 août : arrivée du couple au Glandier en Corrèze:
La nouvelle épouse se refuse à son mari et décrit le pays comme un lieu sauvage et sombre.
Septembre: les époux semblent s'être sincèrement réconciliés
28 octobre: M Lafarge fait un testament en faveur de son épouse.
Novembre et décembre: Charles Lafarge vient à Paris pour acquérir un brevet pour ses forges.
12 décembre: Marie Capelle fait acheter de l'arsenic à Uzerche pour détruire les rats. Elle envoie à son mari une caisse de gâteaux faits au Glandier.
18 décembre : M Lafarge mange le gâteau reçu et la nuit suivante est pris de coliques suivies de vomissement.
3 janvier 1840: retour de M.Lafarge au Glandier
5 janvier 1840: Marie se procure à nouveau de l'arsenic, toujours pour déruire les rats, nombreux au Glandier.
Elle soigne elle-même son mari malade.
13 janvier 1840: un médecin se demande si M Lafarge n'a pas absorbé du poison.
14 janvier 1840: M Lafarge expire. On fait l'autopsie.
Fin janvier: Marie Capelle est en prison. Un domestique suspect disparaît.
Le procés se déroule à Tulle du 4 au 19 septembre 1840. Expertises et contre expertises se succèdent.Témoignages et plaidoiries. Marie Capelle est reconnue coupable avec des circonstances atténuantes: elle est condamnée à la prison perpétuelle.
L'affaire Lafarge connait un retentissement prodigieux. Elle devait faire connaître le nom du jeune avocat de Treignac en France et même au-delà.
" Tout s'y trouvait réuni pour passionner les esprits, le rang social de l'accusée... le mystère qui planait sur ce drame sombre et lugubre, l'absence de preuve matérielle, les contradictions des experts, l'acharnement des experts, et plus que tout autre chose peut-être, l'énergie de cette jeune femme de vingt-quatre ans, à laquelle ses malheurs prêtaient une grâce nouvelle..... enfin il y avait la presse dont le rôle avait rapidement grandi... et qui jour par jour renseignait sur la marche et les incidents du procès. Combien merveilleuse, pour un jeune avocat, fut cette occasion de se faire connaître."
Quel est-il donc ce jeune Lachaud?"
Demain vous en saurez plus!
Lun 4 mai 2009
17 commentaires
Merci ma Quichottine!
Bon je travaille avec mes sources perso mais je dois dire que j'ai été scotchée par ce que j'ai trouvé sur Google..... dingue!A demain
Bises
Bon je travaille avec mes sources perso mais je dois dire que j'ai été scotchée par ce que j'ai trouvé sur Google..... dingue!A demain
Bises
Ionard
Le début d'une histoire qui promet d'être passionnante.
margareth - le 04/05/2009 à 15h53
à demain donc... J'irai pas chez Google avant. Promis.
Quichottine - le 04/05/2009 à 16h05
moi, j'ai repondu a MA question, même si certaines dormaient pendant le cours...mais les écrits restent et peuvent être consultés a tout moment § LOL!
par contre aucune idée a TA question, il faut dire que Treignac est bien loin de Saint Rémy et quand ce temps là, les nouvelles arrivaient de colporteur et colporteur. Ceux du limousin ne sont pas encore passé!
J'attend demain sans dormir pour ne pas rater la réponse !
par contre aucune idée a TA question, il faut dire que Treignac est bien loin de Saint Rémy et quand ce temps là, les nouvelles arrivaient de colporteur et colporteur. Ceux du limousin ne sont pas encore passé!
J'attend demain sans dormir pour ne pas rater la réponse !
eleonor - le 04/05/2009 à 16h10
C'est un vrai feuilleton qui s'annonce là!!!
Bises
Bises
Mimisan - le 04/05/2009 à 16h29
Quel suspense ma Dany, je repasserais dès que possible pour lire la suite de ton récit-
Dans ton précédent post il est question d'un village perché, il est dans notre liste des escapades à faire, mais le temps passe si vite !!! - A plus tard bisous
Dans ton précédent post il est question d'un village perché, il est dans notre liste des escapades à faire, mais le temps passe si vite !!! - A plus tard bisous
Nadine GRANDVILLAIN - le 04/05/2009 à 16h42
Vivement demain !!!! Bonne soirée et bises !!
patriarch - le 04/05/2009 à 16h50
merci de ta visite...je reviens demain pour la suite...
tilk
tilk
tilk - le 04/05/2009 à 21h19
Je termine ma soirée sur ce récit et je te donne rendez-vous demain pour mieux connaître ce jeune avocat.
Bonne soirée Dany.
Bonne soirée Dany.
Patrick - le 04/05/2009 à 23h23
Comment peut-on condamner quelqu'un sans preuves? Bien jeune pour une condamnation perpétuelle!
Bises Dany et à +
Bises Dany et à +
Alrisha - le 05/05/2009 à 00h03
Je reviens demain... dis, tu tardes pas trop pour la suite... (sinon, je vais chercher sur Google, et j'ai pas envie de casser le suspense que tes mots occasionnent. Histoire d'amour et de justice... ou d'injustice, je ne sais pas encore)
Bisous.