ionard
Dernier volet sur l'histoire de cet illustre Treignacois , avocat à la Cour,
Charles Lachaud
Extrait de "L'histoire générale De Treignac-sur-Vézère" de Jean Vinatier
Jules Vallès, journaliste et socialiste fondateur du 'Cri du peuple" dit de lui
-" Ses coups de main sur la barre, ses coups de poing sur la poitrine, ses coups de gueule au grand moment, défonçaient les préventions hostiles, bousculaient la culpabilité dans la tête des bourgeois, tout contents de ce qu'on se démenait pour les convaincre."
Marc Sangnier, son petit fils qui hérita de l'éloquence de son grand père, a souligné, à Treignac, lors de l'inauguration de sa statue, un trait particulier, peut-être le plus important:
"Il y a une voix que nous n'avons pas entendue..... c'est celle de tous ceux que Lachaud a soutenus, a défendus contre les autres et contre eux-mêmes; c'est la grande voix de tous ceux que le monde condamne ou méprise, de ceux qu'il a aimés.
" Lachaud avait compris que nul ici-bas n'est coupable à jamais, qu'il n'y a pas de crime sans rédemption; et quand il rencontrait un misérable, objet de mépris pour tous, il trouvait dans sa conscience d'honnête homme, assez de vertu pour lui en prêter un peu et l'en recouvrir comme d'un manteau royal....bon envers tout le monde, il mesurait le secours à la détresse et le pardon à la faute."
Il y eut des grands procés ..... mais aussi
En 1869, il arpentait les couloirs du Palais, selon son habitude, lorsqu'il aperçut, effondrée sur un banc, une paysanne en pleurs.
"- Qu'est ce que vous faites ici? Pourquoi n'êtes vous pas dans votre village?
- C'est que je cherche un avocat!
- Eh! bien prenez-en un!
- C'est que je ne connais personne et pendant ce temps mon adversaire est en train de plaider contre moi.
- Où ça?
- Là - dedans M. l'avocat.
Rapidement Lachaud se fait expliquer l'objet du litige. Il s'agissait d'un mur mitoyen qui s'était écroulé. En quelques minutes l'avocat a réfléchi. Il entraîne la femme qui tient en main une lettre cachetée. Il prend la lettre et au grand ébahissement des juges et de l'assistance, il entre dans la salle et se présente comme le défenseur. Tout le monde le reconnaît et fait silence.
" J'ai là dit Lachaud une lettre de la plus haute importance. Permettez moi de vous en donner connaissance... et à moi aussi." A ce trait, tout le monde sourit , on l'écoute. En trois minutes il résume l'affaire. En trois autres minutes il réduit l'accusation à néant. Quelques instants après la paysanne est acquittée. Lachaud la reconduit jusqu'à la porte et refuse toute gratification. " Allez, vous n'avez plus rien à faire ici. Retournez à votre campagne."
Une anecdote nous rappelle que sur les murs d'une prison, un criminel avait inscrit ces mots:" Niez toujours et prenez Lachaud pour avocat."
Une autre fois, une mère sans fortune vient remercier Lachaud en lui offrant une paire de chaussettes bien chaudes qu'elle avait tricotées elle-même. L'avocat reçut cet honoraire si" humble" avec de vifs remerciements.
En 1867, l'avocat sautant un jour d'un omnibus en marche s'était blessé à la jambe. Les médecins qui le soignaient diagnostiquèrent alors du diabète. Avec sa bonne humeur habituelle , il suivit le régime sévère qu'on lui indiqua et sa santé se maintint à peu près en équilibre jusqu'en 1881. Cette année-là les malaises s'aggravèrent. Il accepta, l'année suivante de venir se reposer à Treignac. Le voyage fut pénible. A Eymoutiers il pleuvait à torrents. Son fils Georges conduisait la voiture, il fallut quatre heures pour gagner la maison natale.
Rentré à Paris le 6 octobre, il s'affaiblit alors rapidement..... le samedi 9 décembre, Lachaud demanda qu'on le porte dans son cabinet de travail. C'est là qu'il expira.
Le 13 décembre 1882, alors que par une curieuse coïncidence on enterrait également le socialiste Louis Blanc, une foule de 4000 personnes suivit silencieusement son cercueil. Suivant sa volonté, pas un mot ne fut prononcé sur la tombe de ce maître de la parole.
Il repose au cimetière Montparnasse.
Peu après sa mort, la municipalité de Treignac donnait son nom à la place située devant sa maison natale.
Une plaque, sur l'un des piliers de la grille d'entrée rappelle sa naissance.
Quinze ans plus tard, les nombreux amis et admirateurs de l'avocat décidèrent de lui élever un monument digne de lui. Paris et la Corrèze, sans oublier Bazas, s'associèrent pour cet hommage communs, aux efforts de Treignac. La plus belle place - celle de la République - fut choisie pour installer la statue.
Le 8 août 1897, jour d'inauguration de la statue, fut une des fêtes les plus mémorables que vécut jamais la cité.
L'oeuvre du sculpteur Allouard fut saluée par des applaudissements admiratifs. Lachaud revivait dand le bronze, tel que son pays l'avait connu et aimé.
Cette statue disparut pendant la seconde guerre mondiale (le bronze étant très recherché par l'armée allemande) et fut remplacée par une autre en pierre qui a, c'est sûr, moins d'allure.
Celle en bronze se trouve au musée de Treignac.
**Marc Sangnier, né le 3 avril 1873 à Paris et mort le 28 mai 1950 à Paris, est un journaliste et homme politique français. Il occupe une place importante dans le mouvement de l'éducation populaire à travers les revues et mouvements qu'il a animés. Il est le pionnier du mouvement des Auberges de Jeunesse en France (1929).
Maison de Marc Sangnier
Vous pensiez que j'en avais fini avec Charles?
Et bien non!
Pour ceux qui oseront revenir, il y aura une douceur!
Charles Lachaud
Extrait de "L'histoire générale De Treignac-sur-Vézère" de Jean Vinatier
Jules Vallès, journaliste et socialiste fondateur du 'Cri du peuple" dit de lui
-" Ses coups de main sur la barre, ses coups de poing sur la poitrine, ses coups de gueule au grand moment, défonçaient les préventions hostiles, bousculaient la culpabilité dans la tête des bourgeois, tout contents de ce qu'on se démenait pour les convaincre."
Marc Sangnier, son petit fils qui hérita de l'éloquence de son grand père, a souligné, à Treignac, lors de l'inauguration de sa statue, un trait particulier, peut-être le plus important:
"Il y a une voix que nous n'avons pas entendue..... c'est celle de tous ceux que Lachaud a soutenus, a défendus contre les autres et contre eux-mêmes; c'est la grande voix de tous ceux que le monde condamne ou méprise, de ceux qu'il a aimés.
" Lachaud avait compris que nul ici-bas n'est coupable à jamais, qu'il n'y a pas de crime sans rédemption; et quand il rencontrait un misérable, objet de mépris pour tous, il trouvait dans sa conscience d'honnête homme, assez de vertu pour lui en prêter un peu et l'en recouvrir comme d'un manteau royal....bon envers tout le monde, il mesurait le secours à la détresse et le pardon à la faute."
Il y eut des grands procés ..... mais aussi
En 1869, il arpentait les couloirs du Palais, selon son habitude, lorsqu'il aperçut, effondrée sur un banc, une paysanne en pleurs.
"- Qu'est ce que vous faites ici? Pourquoi n'êtes vous pas dans votre village?
- C'est que je cherche un avocat!
- Eh! bien prenez-en un!
- C'est que je ne connais personne et pendant ce temps mon adversaire est en train de plaider contre moi.
- Où ça?
- Là - dedans M. l'avocat.
Rapidement Lachaud se fait expliquer l'objet du litige. Il s'agissait d'un mur mitoyen qui s'était écroulé. En quelques minutes l'avocat a réfléchi. Il entraîne la femme qui tient en main une lettre cachetée. Il prend la lettre et au grand ébahissement des juges et de l'assistance, il entre dans la salle et se présente comme le défenseur. Tout le monde le reconnaît et fait silence.
" J'ai là dit Lachaud une lettre de la plus haute importance. Permettez moi de vous en donner connaissance... et à moi aussi." A ce trait, tout le monde sourit , on l'écoute. En trois minutes il résume l'affaire. En trois autres minutes il réduit l'accusation à néant. Quelques instants après la paysanne est acquittée. Lachaud la reconduit jusqu'à la porte et refuse toute gratification. " Allez, vous n'avez plus rien à faire ici. Retournez à votre campagne."
Une anecdote nous rappelle que sur les murs d'une prison, un criminel avait inscrit ces mots:" Niez toujours et prenez Lachaud pour avocat."
Une autre fois, une mère sans fortune vient remercier Lachaud en lui offrant une paire de chaussettes bien chaudes qu'elle avait tricotées elle-même. L'avocat reçut cet honoraire si" humble" avec de vifs remerciements.
En 1867, l'avocat sautant un jour d'un omnibus en marche s'était blessé à la jambe. Les médecins qui le soignaient diagnostiquèrent alors du diabète. Avec sa bonne humeur habituelle , il suivit le régime sévère qu'on lui indiqua et sa santé se maintint à peu près en équilibre jusqu'en 1881. Cette année-là les malaises s'aggravèrent. Il accepta, l'année suivante de venir se reposer à Treignac. Le voyage fut pénible. A Eymoutiers il pleuvait à torrents. Son fils Georges conduisait la voiture, il fallut quatre heures pour gagner la maison natale.
Rentré à Paris le 6 octobre, il s'affaiblit alors rapidement..... le samedi 9 décembre, Lachaud demanda qu'on le porte dans son cabinet de travail. C'est là qu'il expira.
Le 13 décembre 1882, alors que par une curieuse coïncidence on enterrait également le socialiste Louis Blanc, une foule de 4000 personnes suivit silencieusement son cercueil. Suivant sa volonté, pas un mot ne fut prononcé sur la tombe de ce maître de la parole.
Il repose au cimetière Montparnasse.
Peu après sa mort, la municipalité de Treignac donnait son nom à la place située devant sa maison natale.
Une plaque, sur l'un des piliers de la grille d'entrée rappelle sa naissance.
Quinze ans plus tard, les nombreux amis et admirateurs de l'avocat décidèrent de lui élever un monument digne de lui. Paris et la Corrèze, sans oublier Bazas, s'associèrent pour cet hommage communs, aux efforts de Treignac. La plus belle place - celle de la République - fut choisie pour installer la statue.
Le 8 août 1897, jour d'inauguration de la statue, fut une des fêtes les plus mémorables que vécut jamais la cité.
L'oeuvre du sculpteur Allouard fut saluée par des applaudissements admiratifs. Lachaud revivait dand le bronze, tel que son pays l'avait connu et aimé.
Cette statue disparut pendant la seconde guerre mondiale (le bronze étant très recherché par l'armée allemande) et fut remplacée par une autre en pierre qui a, c'est sûr, moins d'allure.
Celle en bronze se trouve au musée de Treignac.
**Marc Sangnier, né le 3 avril 1873 à Paris et mort le 28 mai 1950 à Paris, est un journaliste et homme politique français. Il occupe une place importante dans le mouvement de l'éducation populaire à travers les revues et mouvements qu'il a animés. Il est le pionnier du mouvement des Auberges de Jeunesse en France (1929).
Maison de Marc SangnierVous pensiez que j'en avais fini avec Charles?
Et bien non!
Pour ceux qui oseront revenir, il y aura une douceur!
Jeu 7 mai 2009
17 commentaires
quel grand homme cet avocat !
bien sur que je reviens....
oui,je reparle d'Anna Marie Javouhey....
bisous....
bien sur que je reviens....
oui,je reparle d'Anna Marie Javouhey....
bisous....
Annick - le 07/05/2009 à 04h05
Ce serait rigolo de retrouver l'inscription du prisonnier dont tu parles. Je reviendrais pour la doucuer Dany. Bon jeudi.
Bruno - le 07/05/2009 à 07h11
c'est un beau récit ,bien illusttré,je reviens des que possible
femme+en+1900 - le 07/05/2009 à 08h03
Bonjour Dany
Un très grand avocat au grand coeur qui défend les petites gens sans rénumération !! On ne verrait plus çà maintenant !
Bises et bon jeudi
Alain
Un très grand avocat au grand coeur qui défend les petites gens sans rénumération !! On ne verrait plus çà maintenant !
Bises et bon jeudi
Alain
Alain - le 07/05/2009 à 08h26
Magnifique !!!
Ben moi, j'aurais aimé cet homme-là, c'est sûr !
Un défenseur hors pair... Génial !
Je reviendrai...
Ben moi, j'aurais aimé cet homme-là, c'est sûr !
Un défenseur hors pair... Génial !
Je reviendrai...
Quichottine - le 07/05/2009 à 10h20
tu me fais penser à un autre homme, pas avocat mais docteur, qui ne faisait pas payer les gens miséreux, il vit encore, c'est le père de Fugain.
Il y en a eu peu de ces hommes ou femmes et c'est bien de nous les rappeler.
Bises
Il y en a eu peu de ces hommes ou femmes et c'est bien de nous les rappeler.
Bises
patriarch - le 07/05/2009 à 10h26
Bonjour Dany
Je reviendrai aussi mais pas avant lundi car je pars pour trois jours!!
c'etait un grand homme mais je ne savais pas tout cela sur Treignac
Bisous et bon week end
Jacques
Je reviendrai aussi mais pas avant lundi car je pars pour trois jours!!
c'etait un grand homme mais je ne savais pas tout cela sur Treignac
Bisous et bon week end
Jacques
jacques87220 - le 07/05/2009 à 11h58
Je repasserais avec grand plaisir pour la suite et de plus si c'est une douceur........ en attendant bon week end, nous on roule, (pépère mais on roule)
PS: sympa le petit mot de Kléber sur notre mail concernant l'Amicale, prendre les choses avec "humour", voila tout-
Bises à vous deux
PS: sympa le petit mot de Kléber sur notre mail concernant l'Amicale, prendre les choses avec "humour", voila tout-
Bises à vous deux
Nadine GRANDVILLAIN - le 07/05/2009 à 13h27
Coucou Ionard, c'est sympa d'être passée me dire au revoir mais tu sais, je reviendrais vite ...
Merci aussi de nous faire découvrir cet homme et son monument.
Gros bisous et très bon week-end,
Merci aussi de nous faire découvrir cet homme et son monument.
Gros bisous et très bon week-end,
Muad' Dib - le 08/05/2009 à 08h08
bien sur que je reviens....
oui,je reparle d'Anna Marie Javouhey....
bisous....