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                                            La Femme et l’Aviation

Un grand journal d’information a annoncé dernièrement le départ de Lady Heath pour l’Amérique où elle se propose d’entreprendre une série de conférences sur l’Aviation. Sans vouloir diminuer en rien le mérite de l’aviatrice anglaise irlandaise* dont, déjà, à plusieurs reprises, nous avons eu à admirer les performances au cours de nombreuses compétitions auxquelles elle a pris part, tant en France qu’à l’étranger, il n’est peut-être pas inutile de rappeler ici aujourd’hui, qu’une Française, Mlle Marvingt, apôtre de l’aviation, a déjà précédé sa sœur étrangère dans cette voie.
Mlle Marvingt fut une aviatrice de la première heure. Elève de Latham, elle effectua ses premiers vols sur avion Antoinette, de Levavasseur et vola ensuite sur avion Deperdussin à une époque où le monde émerveillée suivant avec un étonnement mélangé de scepticisme cette nouvelle audace de l’homme. De l’audace certes, il en fallait, mais ce n’était pas ce qui faisait défaut à Mlle Marvingt. D’ailleurs les choses de l’air lui étaient déjà familières. Avant que d’être une adepte du ‘plus lourd que l’air’, elle avait déjà effectué de nombreux voyages en sphériques, entre autres, en compagnie du commandant Garnier, la traversée de la mer du Nord d’Amsterdam à Southwold – 200 km au-dessus des flots, record de distance. Au surplus, sportive accomplie, elle pratiquait et pratique encore l’alpinisme, la natation, le tir..etc… et dans chacune de ces branches remporte chaque jour de nouveaux succès.
Aussi la Ligue Aéronautique de France la désigne-t-elle bientôt comme déléguée, conférencière, chargée de faire connaître et aimer l’aviation à ceux qui pouvaient douter encore. Mlle Marvingt n’hésita pas à s’expatrier durant de longues années allant de Suisse en Italie, d’Italie en Espagne, d’Espagne en Afrique du Nord et partout prêchant en faveur de la navigation aérienne.
Cette femme intrépide qui fût surnommée « la fiancée du Danger » participa par la suite à la guerre du Rif en qualité d’infirmière auprès des Français puis auprès des Espagnols, afin de se documenter sur l’aviation sanitaire dont elle peut se flatter, à juste titre, d’être le promoteur, puisque déjà en 1909, elle songeait à utiliser l’avion pour le transport des blessés. Elle fait partie du comité exécutif du congrès sanitaire qui doit avoir lieu en mai 1929 à Paris et à Reims sous la présidence du professeur Richet.
Ce rapide aperçu montre quelle œuvre utile peut accomplir une femme en faveur d’une cause aussi passionnante que celle de l’aviation, surtout lorsque cette femme a l’activité et l’audace de Mlle Marvingt.

 

* correction apportée le 27.1.2007 suite au commentaire de Lindie.

 


             Marie Marvingt prend le départ à Bétheny en 1912 sur  Deperdussin

Celle- ci du reste, rentrée en France, depuis deux ans, a continué sa croisade dans notre province et ces jours derniers nous avons eu le plaisir de l’entendre à l’Ecole Normale primaire de jeunes filles. Après une intéressante causerie sur l’aviation, Mlle Marvingt déclama de sa voix prenante, la « Conquête Nouvelle » du regretté Lieutenant Boisanger, tombé au champ d’honneur.
Notre aviatrice, très applaudie et chaleureusement félicitée, eut la surprise de découvrir parmi ces jeunes filles de nombreuses « fanatiques » et même plusieurs « baptisées » de l’air. Mais cependant, elle ne conseille pas aujourd’hui à celles-ci de se lancer dans cette voie, l’aviation de tourisme en France étant encore inexistant puisqu’elle n’a ni les avions ni les terrains qu’il lui faudrait.
Pour la Femme ne désespère pas que bientôt il en soit autrement. N’oublions pas, en effet, que notre Ministre de l’Air a appelé auprès de lui un homme jeune , actif, aux idées fécondes et réalisations rapides, Mr Couhé. Ancien député, ingénieur des mines de Lens, ancien pilote de guerre, toujours fervent touriste de l’air, et possédant son avion personnel, nul doute qu’il ne s’attache bientôt à cette importante question et qu’il mette tout en œuvre  pour doter rapidement notre pays des avions et des terrains qu’il lui manque.

Novembre 1928                                                                Line Paulet

Sam 27 jan 2007 8 commentaires
Bonjour. J\\\'ai etudie la vie de Marie Marvingt depuis quelques annees. J\\\'apprecie votre article. Qu\\\'est-ce-que c\\\'est la source avec la date de Nov 1928 et la visite a l\\\'ecole des jeunes filles? J\\\'apprecierai l\\\'information, parceque je n\\\'ai pas le vu autrefois. Merci.
Dave - le 25/12/2006 à 13h07

Bonjour


Cet article est extrait du journal 'Pour la Femme' anciennement ' Don Quichotte' journal paru en novembre 1928 et dont la directrice était ma grand'tante Marie Clemenceau alias Line Paulet.


L'article est de Line Paulet, passionnée d'aviation.


Merci de votre visite.

ionard - le 28/12/2006 à 12h04
Tres interessant - une petite chose: Lady Mary Heath etait irlandaise, pas anglaise.  Voir mon site www.ladyicarus.blogspot.com (en anglais, mais....)
Lindie Naughton - le 27/01/2007 à 13h18
Merci d'avoir apporté cette précision....
Je suis vite allée sur votre blog qui m'interesse au plus haut point...hélas mon anglais (scolaire) ne me permet pas de lire aisemment donc je vais y revenir plus longuement.
dany - le 27/01/2007 à 17h22

Lindie j'ai apporté la correction en mettent un lien sur votre site!


Je dois revenir à la Bibliothèque Marguerite Durand pour consulter encore les journaux de 1928 et en particulier 'Pour La Femme' de Line Paulet.


Encore merci ...j'adore l'Irlande!:)

dany clemenceau - le 27/01/2007 à 17h36

Je ne savais pas tout ça...


Décidement, j'apprends beaucoup de choses en ce moment (LOL) !


 

Maeve - le 28/01/2007 à 17h21

C'est encore moi ! Wow Dany, tu deviens célèbre !!!


 

Maeve - le 28/01/2007 à 17h23
Pas peu fière O'Dany!:)
Et je parie que c'est grâce à toi!  Mes pauses irlandaises dans la magique Irlande ont fait que.....;
dany - le 28/01/2007 à 18h07